À la fin du sommet de Copenhague, j’avais envie d’écrire un billet qui complèterait les réflexions entamées au début de la rencontre, et qui expliquerait pourquoi je pense que le cuisant échec de cette mascarade était inévitable : parce que, malgré les beaux discours, personne n’est prêt à remettre en question le système capitaliste, surtout pas les pays du Nord. J’ai lu des choses intéressantes ici ou là (la déclaration du Klimaforum, Politis, Sciences²), mais je ne suis pas parvenu à faire de tout ça un billet qui vaille la peine d’être lu. Et puis Linda et Thomas m’ont fourni la matière idéale. Ce qui résume le mieux ma pensée, ma colère, ma hargne et mon courroux (coucou !), c’est une chanson de Didier Super : « Petit papa chinois ». Comme c’est court, on peut regarder les deux versions à la suite, le clip et le live.
Premières neiges ...
De nos fenêtres, le 11 décembre à 15h32, essais de la machine à neige infernale grâce à laquelle la ville de Saint-Brieuc nous offre chaque année beaucoup de bruit et quelques paquets de mousse de savon :
Des mêmes fenêtres, le 19 décembre à 12h09 (photo prise par Isabelle). La nuit précédente, la ville entière était couverte d’une jolie couche blanche. L’après-midi suivant la prise de la photo étant un samedi, ils ont remis en route la machine. Grr.
« Aujourd’hui, 56 journaux dans 44 pays font un geste sans précédent : parler d’une seule voix par le biais d’un éditorial commun », annonce Libération en une de son numéro du lundi 7 décembre 2009, au bas d’une photo représentant une jeune fille, de dos et portant robe légère, pieds nus sur la banquise — j’ai un peu de mal à y voir une allégorie du réchauffement de la planète ou du « Climat d’urgence », grand titre qui barre la page, mais ne chipotons pas. Pas tout de suite.


Moins de canons, plus de biberons ...
Pourquoi fait-on des enfants ? Le cerveau reptilien qui commande la reproduction de l’espèce est-il si puissant qu’il parvient à passer outre les faits accumulés dans la partie « réflexion » de notre cortex, faits qui constituent plus que des réserves : des indices graves et concordants qui devraient conduire tout esprit un tant soit peu raisonnable à remettre en cause cette idée que toutes les espèces, la nôtre y compris, méritent de se reproduire ? Je ne sais pas pourquoi « on » fait des enfants. Ça te prend là et ça ne te lâche plus. Et chaque jour ça grossit, le bonheur enfle et je me demande comment un aussi petit être peut apporter tant de félicité. Oui, un peu de stress aussi, mais non, ça n’est pas comparable. Il n’y a pas à tortiller : dans ce monde de merde, la vie est belle. Malgré le bruit des bottes, qui se rapproche sans cesse, malgré cette petite musique angoissante qui me susurre que la génération de Gaspard pourrait être celle du retour de la guerre et du fascisme dans nos vertes contrées, « on » ne m’empêchera pas de persiste-et-signer. L’avenir, si on le veut bien — et à condition de lui faire suffisamment de bisous dans le cou —, a de beaux jours devant lui.
Ah oui, et bonne année, au fait.