Ce qui s’est passé samedi 14 février, je peux vous le dire ...

Il y a des gens qui disent que le hasard n’existe pas. Que toute coïncidence s’explique par la puissance de forces qui dépassent l’entendement, et que la raison des mécréants ne peut concevoir si ceux-ci ne se décident pas à ouvrir enfin leurs chakras et envisager l’existence de quelque chose de plus beau, de quelque chose de plus haut, de quelque chose de plus fort[1]. De quelque chose de si grand que le regard d’un pauvre humain ne peut l’embrasser. Pourtant ils prétendent voir son œuvre un peu partout, et en particulier dans les chiffres et les nombres. Ils assurent qu’en mélangeant ta date de naissance avec de la poudre de perlimpinpin, on peut accéder à la connaissance de ce que le ciel veut que tu accomplisses ici-bas. Les numérologues sont comme des accros du loto: ils se persuadent de continuer à y croire pour avoir de bonnes raisons de continuer à jouer, même s’ils perdent toujours. Pour expliquer les «hasards» de la vie, il vaudrait mieux faire appel à des sociologues — mais ce qu’ils ont à dire est rarement rassurant sur l’état de la société. Alors le numérologue remet une pièce dans le bandit manchot des existences, dont les rouleaux jamais ne s’arrêtent sur le jackpot.

On peut croire à la sociologie, conchier la numérologie, et pourtant aimer les hasards de la vie. Celui qui te fait rencontrer la bonne personne. Ce hasard-là arrive sans prévenir, après tout un tas de tours et de détours qui font qu’un beau jour de juin 2002, dans le petit local humide de la Fapen[2], toi le journaliste débutant, elle l’emploi-jeune à tout faire, avez bien du mal à détacher vos regards et à vous concentrer sur l’interview en cours du président de ladite association. Avant cela, il aura fallu quitter la Franche-Comté et l’Alsace pour la Bretagne, changer de parcours d’études ou bien en sortir, vivre à Berlin ou en Côte-d’Ivoire, en revenir changé, reprendre la route, trouver un boulot dans une ville improbable — à Saint-Brieuc, gast! — qui va devenir votre ville de cœur, et c’est pas tout à fait pour rien. Tirer quelques fils chacun de son côté avant de nouer ensemble nos pelotes. Pas bien longtemps qu’on est là quand on se rencontre: certains des fils vont se casser, d’autres se renforcer, et on en tissera de nouveaux tous les deux. Pas d’histoire d’amour sans histoires d’amitié. Les amis que l’on découvre ensemble, ceux que l’on se présente, ceux parfois dont on s’éloigne, ceux vers qui l’on reviendra bien plus tard. Pas d’amis sans lieux où l’on s’est apprivoisé, renards parlant de roses dans le désert, se reconnaissant frères et décidant de ne plus se quitter. Cela se passe à la terrasse d’un bar, dans la salle d’une crêperie, dans les rayons d’un disquaire, dans le hangar d’une association de consommateurs, dans les rues d’une ville qui n’a de charme que pour ceux qui s’y aiment.

De ces hasards, on fait une pâte qui, à force de lever, finit par donner de beaux (du moins l’espère-t-on) enfants. Un premier, d’abord, qui débarque par une fin d’après-midi ensoleillée le dimanche 23 août et qui, bien que cela n’ait aucun rapport, sera prénommé Gaspard. Un second, qui arrive un peu trop vite, en pleine nuit du lundi 4 février et qui, bien que cela n’ait aucun rapport, sera prénommé Achille. Un troisième enfin, à toute vitesse entre deux averses de ce samedi 14 février. Philémon.

Philémon, une heure

Philémon, qui incarne avec Baucis le mythe de l’amour conjugal: couple si attaché l’un à l’autre qu’il demanda à Zeus de ne pas être séparé, même après la mort. Zeus, qui les sauva du déluge, les exauça et, après leur trépas, les changea en arbres, qui mêlèrent leurs feuillages. Et pourquoi Zeus fit-il ainsi? Parce que Philémon et Baucis furent les seuls qui ouvrirent leur portes à Zeus et Hermès, grimés et cherchant l’asile. L’amour et l’hospitalité, l’accueil de son semblable et celui de l’étranger, beau symbole. Et quel meilleur symbole pour un petit né en cette foutue Saint-Valentin? Sauf que, chers numérologues à la noix, il n’y a aucun rapport. Cela faisait longtemps que notre choix de prénom était fait. Et que l’accouchement de Céline[3] n’a bien sûr pas été déclenché pour satisfaire à une quelconque lubie numérique.

Et puis Philémon, c’est aussi — et d’abord, en ce qui me concerne — une marinière et seize albums de ce génial Fred, qui lui fait visiter les lettres de l’Océan Atlantique, rencontrer Félicien et le Manu-Manu, le piano sauvage et les deux soleils. Pas de surnaturello-mystique à la mords-moi-le-nœud ici. Simplement une imagination débridée et un art consommé du coq-à-l’âne et de l’association d’idées. Pas de quoi lester un prénom du plomb des convenances, mais lui donner de quoi alléger l’insoutenable enclumitude de l’être. Alors que les numérologues, le second degré et les embardées de la pensée, c’est pas trop leur truc.

Philémon, c’est enfin et surtout un prénom qui nous plaît. Et qui lui va bien (du moins l’espère-t-on). Fuck les numérologues. Vive le hasard. Vive la vie. Longue vie pleine de hasards à Philémon.

  1. Que quoi? Que toi, mon lapin… []
  2. Fédération des associations de protection de l’environnement et de la nature des Côtes-d’Armor, aujourd’hui Côtes-d’Armor nature environnement. []
  3. Toujours sans péridurale, même si couchée sur le côté et non assise comme elle l’aurait voulu: c’est allé tellement vite (moins d’une demi-heure après l’entrée à la maternité) que pas eu le temps de se relever. Et encore et à nouveau, merci aux sages-femmes, infirmières, aides-soignantes et pédiatres du service public. []

Je ne suis pas en guerre ...

La journée avait à peine commencé qu’on nous l’annonçait déjà comme «historique». Et pour cause: des centaines de milliers de personnes sont annoncées dans les rues, ainsi que quelques dizaines de chefs d’État et de gouvernement, parmi lesquels tous ne sont pas d’ardents défenseurs de la liberté d’expression et de la fraternité entre les peuples. Si j’étais parisien, j’aurais du mal à participer au même cortège que cette clique de mauvais alchimistes qui s’apprête à transformer la solidarité et la compassion en élan guerrier.

Mais je suis à Nancy, où la manifestation se fait à l’appel d’un groupe uni d’organisations syndicales et politiques allant des antifascistes au PS. Ça me va. J’irai manifester. Dans cette manifestation, je ne serai personne. Un point parmi d’autres, sans drapeau, juste là pour dire son besoin de liberté, d’égalité, de fraternité. Et je ne laisserai personne se servir de moi pour ses petits calculs politiciens. Je ne chanterai pas La Marseillaise, ce chant de guerre qui parle d’un sang impur dont il faudrait abreuver des sillons qui n’en demandent pas tant. Ceux qui ont été lâchement assassinés mercredi ont passé leur vie à conchier cette chanson, à pourfendre les militaires et les religieux, à rejeter l’idée même d’un honneur national. Qu’on leur rende hommage, à eux comme à ceux qui sont tombés dans les jours qui ont suivi, et qui n’avaient rien demandé non plus. Mais qu’on leur foute la paix. Et qu’on travaille à demain.

Demain, d’ailleurs, commence bien. Car pour la première fois aujourd’hui, Benjamin Nétanyahou et Mahmoud Abbas participent ensemble à la même manifestation. Grâce à Charlie Hebdo. Alors, les diplomates, pas trop mal au cul ?

Sous les aisselles de l’union nationale ...

Il y a les faits, qui tiennent en peu de mots : mercredi 7 janvier 2015, vers 11h30, deux types déboulent au siège de Charlie Hebdo en pleine conférence de rédaction. Lourdement armés, ils abattent douze êtres humains :

  • Frédéric Boisseau, 42 ans, agent d’entretien
  • Franck Brinsolaro, 49 ans, policier, chargé de la protection de Charb
  • Jean Cabut, dit Cabu, 76 ans, dessinateur
  • Elsa Cayat, 54 ans, psychanalyste et chroniqueuse
  • Stéphane Charbonnier, dit Charb, 47 ans, dessinateur et éditorialiste, directeur de la publication de Charlie Hebdo
  • Philippe Honoré, 73 ans, dessinateur
  • Bernard Maris, dit Oncle Bernard, 68 ans, économiste, chroniqueur, actionnaire du journal
  • Ahmed Merabet, 42 ans, policier
  • Mustapha Ourrad, 60 ans, correcteur
  • Michel Renaud, 69 ans, fondateur du festival Rendez-vous du carnet de Voyage
  • Bernard Verlhac, dit Tignous, 57 ans, dessinateur
  • Georges Wolinski, 80 ans, dessinateur
Les vœux de Charlie Hebdo, par Honoré. Postés le 7 janvier à 11h28, juste avant la tuerie

Il y a leur retentissement, énorme. Motivé par la compassion et la solidarité envers les proches des victimes, la défense de la liberté de la presse, et la défense d’un journal qui la défendait vraiment, la liberté de la presse. Car on a visé la rédaction d’un journal satirique emblématique dans le but d’en éliminer les principaux acteurs. Ce qui n’est pas un crime religieux, mais un crime politique.

Parmi les victimes figurent certains des dessinateurs de presse les plus talentueux des cinquante dernières années, une sorte de dream team qui, pour beaucoup, mettait en actes une des fonctions essentielles du journalisme : dénoncer l’injustice, ne s’abaisser devant aucun pouvoir. Et rire[1]. Rire de tout. Avec outrance si on en a envie, ou si le besoin s’en fait sentir[2]. Très vite, les réactions de solidarité et de compassion affluent, inondent les internets avant de se répandre dans la rue. Plusieurs dizaines de milliers de personnes se rassemblent dans des dizaines de villes, en France et dans le monde. Toutes, loin de là, ne sont pas lectrices de Charlie Hebdo. Certaines ne goûtent pas sa satire. Mais toutes se reconnaissent dans une agression mettant en cause le droit fondamental de penser et de s’exprimer librement.

Une de Libération, 8 janvier 2015Sur les réseaux socio-numériques mercredi 7, à la une de bien des journaux jeudi, le mot d’ordre « Je suis Charlie » fait florès. Comme Le Monde avait titré, au lendemain du 11-Septembre, « Nous sommes tous Américains », voici que Libération opère le même déplacement et affirme : « Nous sommes tous Charlie »[3]. Sans nous demander notre avis. Et je ne suis pas d’accord. Enfin, un petit peu quand même. Mais quand même pas. Mais quand même un peu.

Je suis Charlie, parce que, comme beaucoup, Charlie Hebdo a contribué à faire de moi ce que je suis. Parce qu’apprendre à dénoncer l’injustice, à ne s’abaisser devant aucun pouvoir, et à rire, férocement, outrageusement, est essentiel quand on est adolescent, et qu’une partie de mon adolescence a été consacrée à lire Charlie. Pas le premier Charlie, celui des années 1970 qui s’était arrêté en 1981. Mais le second, relancé en 1992 avec une partie de l’équipe d’origine et dirigé par un Philippe Val alors encore auréolé de sa carrière de chansonnier subversif. J’avais donc quinze ans, mon frère treize. Chaque mercredi après-midi, la famille se disputait la lecture de trois hebdomadaires : Charlie Hebdo, Le Canard Enchaîné et Spirou. Oui, on peut lire les trois. Et oui, Spirou aussi est important pour moi, même si ce n’est pas pour les mêmes raisons.

Plus tard, étudiant, je n’ai conservé que l’habitude de lire Charlie. Le plaisir, devrais-je dire. Plaisir de son mordant, de ses enquêtes aussi, de ses nombreuses chroniques, et bien sûr de ses dessins. L’intelligence et l’écriture de Cavanna, l’autodérision de Renaud, la science pas chiante d’André Langaney, d’Antonio Fischetti et de Guillaume Lecointre, le ciné de Boujut et Tardi, les dialogues de Wolinski, la férocité de Siné, la poésie politico-écologique de Gébé, les délires de Font, les puces de Luce, le trait graphique d’Honoré, ceux plus trash de Tignous, Riss et Charb, l’œil tellement avisé de Willem, les séries de Luz, l’absurde de Kamagurka et de Lefred-Thouron, les reportages d’Olivier Cyran, Xavier Pasquini, Mona Chollet, les urgences de Patrick Pelloux et les jeunes de Riad Sattouf…

Et puis les éditos de Val. C’est par là que le divorce a commencé pour moi. Le départ de Cyran, l’étrange attitude de Val au moment du procès de Font[4], cela m’avait étonné sans plus. Sa haine irraisonnée de l’homéopathie commençait à me courir, ses références constantes à Spinoza à me gonfler, et, en 2005, son sectarisme anti-noniste a fait déborder le vase, avant que le limogeage de Siné ne le brise définitivement. Depuis, je ne lis plus ce journal que de loin en loin. Parfois ses dessins et ses charges me manquent[5]. Mais sa dérive islamophobe m’attriste bien plus. Certaines des fameuses caricatures danoises de Mahomet, que Charlie avait complaisamment republiées début 2006, étaient par exemple bien racistes[6]. L’excellente une dessinée alors par Cabu (Mahomet soupirant «C’est dur d’être aimé par des cons») aurait pu ouvrir un numéro luttant contre les amalgames musulman-terroriste, mais ce ne fut pas le cas. Pour cela, non, je ne suis pas Charlie. Je ne peux pas.

Bon. Mais dire « Je ne suis pas Charlie » ? Rejoindre ce hashtag où se mêlent (un peu) de critique distanciée et (beaucoup) de délire anti-musulman pour crétins des Alpes ? Difficile. Mais en accord complet avec Marcel Sel qui, dans un billet justement titré « Je ne suis pas Charlie », écrit : «Ce serait indigne aujourd’hui de te déclarer solidaire de tout ce que Charlie Hebdo a produit alors que tu ne l’étais pas. Mais ce serait pire encore de ne pas te dresser pour hurler que, quoi qu’ils aient écrit, dessiné ou dit, rien ne justifie, n’excuse, un tel carnage.» On ne tue pas pour un dessin ou un article. D’ailleurs, on ne tue pas. Point.

Par Éric Bediez. Source: https://twitter.com/nathjourdan/status/552861202423218176

Donc, se lever. Hurler. Chialer. Se serrer. Défendre la liberté d’expression. Tous ensemble. Tous ensemble ? Comme nous l’a exhorté un président de la République qui, décrétant trois jour de deuil national et une minute de silence, en appelle à l’union nationale ? Comme l’ont aussi fait, sur les plateaux télé, les sinistres Caroline Fourest, Gérard Longuet ou Franz-Olivier Giesbert[7], venant se refaire une virginité en défendant des libertés dont ils usent pour attiser la peur et l’islamophobie? Tous ensemble avec Le Figaro, dont l’éditorial du 8 janvier était titré « La guerre », et qui appelait à la faire, cette guerre contre les musulmans, et surtout à la gagner ? L’union nationale, c’est la mort de la pensée, de la critique, de l’engagement. C’est le piège tendu par les sombres connards qui ont exécuté ceux de Charlie. Ce piège tient lui aussi en peu de mots: faire tomber les digues. À droite, c’est déjà largement fait. Depuis le 11-Septembre, l’ennemi n’est plus le communiste, mais le musulman, et tous les glissements, allusions et « dérapages » bien préparés  seront bons pour assimiler islam et terrorisme — vous avez entendu Ivan Rioufol[8], du Figaro, sommer la journaliste Rokhaya Diallo de se désolidariser des assassins ?

Mais à gauche aussi, les digues sont prêtes à céder, quand elles ne sont pas déjà bien entamées — remember la politique d’immigration d’expulsion du camarade Manuel Valls. Ça craque jusque dans le discours de Hollande. «Nous devons répondre à la hauteur du crime qui nous frappe, d’abord en recherchant les auteurs de cette infamie et faire en sorte qu’ils puissent être arrêtés, puis ensuite jugés et punis très sévèrement.» Pourquoi «très sévèrement» ? Pour éviter l’accusation du laxisme supposé de la gauche en matière d’immigration ? La justice juge. Ni gentiment, ni sévèrement. Elle juge, selon des principes et des lois qui l’autorisent à parler au nom du peuple. Pas de sentiment là-dedans, mais une lourde responsabilité. Le Président devrait savoir cela.

Mais le Président ne sait que ce qu’il veut savoir. Quand il attribue aux tués de Charlie Hebdo une certaine idée de la France, c’est la sienne qu’il donne, «c’est-à-dire la liberté.» Ce mot revient cinq fois dans le texte de son allocution. Mais pas une fois on n’entend les mots d’«égalité», ni de «fraternité». Or c’est ensemble que ces trois mots-là font de la devise de la France une belle et grande devise, porteuse d’espoir, de justice et de progrès social. Mais il n’est pas question ici d’espoir. Il n’est question que de guerre. Celle que le Front national attise, celle que Le Figaro appelle de ses vœux, celle que le Président ne dissimule qu’à peine dans son discours. «La liberté sera toujours plus forte que la barbarie. La France a toujours vaincu ses ennemis quand elle a su justement faire bloc autour de ses valeurs. C’est ce que je vous invite à faire. Le rassemblement, le rassemblement de tous, sous toutes ses formes, voilà ce qui doit être notre réponse.»

Non, monsieur le Président. Notre réponse, votre réponse, doit être guidée par le discernement et la cohérence. Éviter le piège du discours guerrier. En appeler à la fraternité républicaine. Notre réponse, votre réponse, devrait être à l’image des rassemblements spontanés du 7 janvier au soir. À l’image de la déclaration de Jens Stoltenberg, Premier ministre Norvégien, après la tuerie d’Utoya du 22 juillet 2011 : « Nous allons répondre à la terreur par plus de démocratie, plus d’ouverture et de tolérance

  1. Oui, les journalistes ont aussi le droit de faire rire. []
  2. Oui, l’outrance est parfois un besoin, qui permet de fissurer des tabous et de lutter contre l’ordre établi. Car une des fonctions du journalisme est de ne jamais se satisfaire de l’ordre établi. []
  3. Et n’hésite pas à le survendre ce vendredi, en proposant un cahier central reprenant cette une. Marketing, quand tu nous tiens. []
  4. Après avoir fait disques et tournées ensemble pendant vingt ans, Val prétendit d’un coup ne pas vraiment le connaître. []
  5. Politis, que je trouve bien plus riche, est quand même peu porté sur l’humour, et Siné Mensuel n’est que… mensuel. []
  6. Je sais que Charlie, notamment poursuivi par l’UOIF pour cette publication, a été relaxé, et c’est tant mieux. Ce qui est dommage, c’est que son équipe n’ait pas eu la clairvoyance politique consistant à ne pas les publier pour en faire au contraire de meilleures. []
  7. Il y en a certainement bien d’autres, mais je n’ai pas tenu longtemps. Regardez plutôt l’émission spéciale de Médiapart. Riez avec les dessinateurs de presse du monde entier, dont voici une sélection. []
  8. Qui, vendredi 9, titre son immonde chronique «La France angélique est la vraie menace». []

Le grand chemin ...

Il y a les jours où tu chéris tes amis. Les jours où les rires des enfants — pas seulement les tiens — te remplissent de bonheur. Où la douceur d’une famille aimante te fait te sentir plus fort. Limite invicible. Les jours où tu rentres crevé du boulot, tout le monde est déjà couché, tu as encore trois heures de travail devant toi. Ça tombe bien, tout le monde est couché.

Il y a ces deux heures passées au parc tous ensemble, qui ne rattrapent pas les absences, mais si intenses dans leur simplicité qu’elles rendent le reste à la fois plus supportable, et plus digne de combat contre ses excès. Il y a aussi les satisfactions au travail, parfois grandes, et les frustrations, tensions et arrachages de cheveu qui en sont le revers. Bulles de vie, hauts et bas, chemin escarpé. Embûches, douleurs, doutes: perdre un grand-père, perdre un collègue, perdre un ami. Ras-le-bol des enterrements.

En fond sonore, il y a la radio. Où l’on promet changements, assure maintien du cap, annonce retour. Où l’on dissimule mal la dévorante ambition personnelle sous le masque de l’intérêt général. Ça fait longtemps que ces gens-là n’ont pas passé deux heures au parc sous le soleil. Bien longtemps. Franchement, vous n’avez pas honte?

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