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	<title>kartoffelkäfig</title>
	
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	<description>les empêcheurs de patatoser en rond</description>
	<pubDate>Thu, 06 Nov 2008 22:00:35 +0000</pubDate>
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		<title>que dieu bénissse votre journée</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Nov 2008 07:00:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Mail reçu de ma maman ce matin (je lui emprunte aussi le titre de ce billet) à propos de  l’événement-historique-qui-révolutionne-la-politique-mondiale&#160;:
« Et si un jour était élu un (ou une) athée ? »
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Mail reçu de ma maman ce matin (je lui emprunte aussi le titre de ce billet) à propos de  l’événement-historique-qui-révolutionne-la-politique-mondiale&nbsp;:</p>
<p>« <em>Et si un jour était élu un (ou une) athée ?</em> »</p>
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		<title>Grosse Bouffe a faim</title>
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		<pubDate>Thu, 16 Oct 2008 07:40:10 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[1700 milliards d’euros lundi, 2000 milliards d’euros aujourd’hui, demain peut-être plus : les pays européens ont mis du temps à dégainer, mais ils en ont dans le slip !
Bien sûr, on nous annonce que tout ça ne coûtera rien au contribuable, mais alors on aimerait bien savoir d’où vient tout ce fric, qui n’est pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>1700 milliards d’euros lundi, 2000 milliards d’euros aujourd’hui, demain peut-être plus : les pays européens ont mis du temps à dégainer, mais ils en ont dans le slip !</p>
<p>Bien sûr, on nous annonce que tout ça ne coûtera rien au contribuable, mais alors on aimerait bien savoir d’où vient tout ce fric, qui n’est pas disponible pour le logement social, la santé, l’éducation ou la faim dans le monde — <a title="We fuck the world" href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/11/16/we-fuck-the-world/" target="_blank">Jean Ziegler</a> trouve ces jours-ci une (toute petite) tribune pour redire ce qu’il affirme depuis des années : <em>« un enfant qui meurt de faim aujourd’hui est assassiné »</em>. 925 millions de personnes (un humain sur six) souffrent de malnutrition chronique, 100 000 meurent de faim tous les jours.</p>
<p>Selon les Nations unies, il suffirait pourtant de 82 milliards de dollars par an pendant cinq ans pour atteindre les huit <a title="site officiel (en français)" href="http://www.un.org/french/millenniumgoals/index.shtml" target="_blank">objectifs du millénaire</a>, dont l’un consiste à éradiquer la faim dans le monde. Une paille. Tellement petite, la paille, que personne n’arrive à mettre la main dessus. Ces temps-ci, on ne trouve plus les milliards que par centaines et par milliers, mais ceux-ci sont réservés aux banquiers. Les crève-la-faim continueront donc à crever. C’est dommage pour eux : s’ils avaient eu des économies à la banque, l’État les aurait garanties. Ils n’ont même pas d’économies ! On se demande bien pourquoi ils mériteraient qu’on s’intéresse à eux.</p>
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		<title>Regarder le monde en face</title>
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		<pubDate>Sun, 21 Sep 2008 22:40:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Photo]]></category>

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		<description><![CDATA[« Un portrait est une opinion », disait Richard Avedon. Son domaine à lui, c’était la photo. De mode, et puis le portrait. Toute sa vie, des photos de mode, de cette trempe rare des photos de mode qui peuvent se regarder comme des photos, comme de « vraies photos », dirait-on si ça existait, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« <em>Un portrait est une opinion</em> », disait <a title="bio sur Wikipédia" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Richard_Avedon" target="_blank">Richard Avedon</a>. Son domaine à lui, c’était la photo. De mode, et puis le portrait. Toute sa vie, des photos de mode, de cette trempe rare des photos de mode qui peuvent se regarder comme des photos, comme de « vraies photos », dirait-on si ça existait, des « vraies photos ». Des photos qui se tiennent, qui ne sont pas des prétextes ou des illustrations bourrées de clichés uniquement destinées à promouvoir telle robe de soirée. Il y a une vision artistique dans la photo de mode chez Avedon, et un point de vue, une façon de faire qui lui sont très personnels et qui me semblent assez novateurs — bien que je ne sois pas assez calé en histoire de la photo de mode pour en jurer. Mettre le modèle en scène dans la rue, dans des cafés, lui faire embrasser un cycliste à la fin d’une course, ou profiter que des passants se détournent pour déclencher : ça me paraît novateur, de faire ça dès la seconde moitié des années 1940. Novateur aussi (ou retour aux sources de l’atelier du peintre ?), d’arracher le papier goudronné qui recouvrait la verrière du studio de <em>Harper’s Bazaar</em> à Paris, pour y faire pénétrer la lumière naturelle, et ne plus se servir que d’elle.</p>
<p>Un peu plus tard, à partir des années cinquante, et surtout soixante, le portrait. Quelques recherches, avant d’aboutir à ce qui sera la patte Avedon : fond blanc, effacement total du décor, prise de vue frontale, et lumière naturelle, toujours la lumière naturelle. Portraits de célébrités en tous genres : troublante Marilyn troublée, espiègle Jean Renoir, Charlie Chaplin joueur et impavide Buster Keaton, touchante Marguerite Duras, infects duc et duchesse de Windsor, et les diptyques ou les triptyques de Francis Bacon, Samuel Beckett, Igor Stravinsky, la Factory d’Andy Warhol, qui oscillent entre mises en scènes au millimètre et instants décisifs.</p>
<p>Portraits d’anonymes, aussi. <em>In the American West,</em> exceptionnelle série à la rencontre des habitants de l’ouest américain dans ce qu’ils ont de quotidiennement banal, ou comment le fond blanc et la disparition des accessoires donnent toute sa dimension au regard, et comment le regard, d’un seul coup de déclencheur, devient porteur d’une épaisseur sociologique rare. Pas d’effets de manche chez Avedon, mais pas de facilité non plus : si ce que l’on voit paraît tout simple, comme évident, il n’en est rien. Rien de plus artificiel en effet que de poser devant un fond blanc. Rien de plus lourd, en termes de dispositif de prise de vue, que l’imposante chambre 20 × 25 cm et la nécessaire présence des assistants.</p>
<p>Et pourtant, les regards saisis par Avedon sont pleins d’une richesse qui s’impose au spectateur et font disparaître le photographe et son travail. Si chaque portrait d’Avedon est une opinion, il est aussi la marque de la grande humilité artistique de l’auteur, qui atteint les sommets de son art quand son intervention devient invisible. L’éclatant rire de Janis Joplin ou le puissant regard de l’ouvrier Ricardo Lopez ne semblent pas avoir été captés par un attirail technologique, mais <em>être</em> là. Voilà ce qui vous saute à la figure devant les photos d’Avedon : non pas la vérité, mais une vérité intime, partagée un bref instant par un « modèle » qui accepte de se livrer et un photographe qui accepte de se faire oublier.</p>
<p>Du coup, le spectateur, lui, n’oublie rien : ni les regards photographiés, ni le style si particulier et immédiatement reconnaissable du photographe. Du grand art.</p>
<p>Le retour à la réalité est rude. Sortir de la <a href="http://www.jeudepaume.org/?page=article&amp;idArt=539" target="_blank">Galerie du Jeu de paume</a> et s’engouffrer dans le métro et son agression publicitaire permanente, promesse d’un monde lisse peuplé de jambes kilométriques lustrées comme des parquets et de visages d’où toute aspérité a disparu, jusqu’aux pores de la peau comblés à la palette graphique. La pube nie l’humanité avec autant de force qu’Avedon la révèle.</p>
<p><em>PS : à venir, photos prises dans l’expo.</em></p>
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		<title>Changement d’herbage réjouit les bœufs</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Sep 2008 18:46:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

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		<description><![CDATA[On reconnaît le passage d’une saison à l’autre au pelage changeant des animaux qui peuplent nos contrées macadamées. Ainsi, les troupeaux de crétins qui s’egayaient sous nos fenêtres cet été portaient-ils fièrement des tenues d’apparat bariolées du meilleur effet: perruques, déguisement de lion voire de grosse bite en mousse. Le taxon latin m’échappe, mais on [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>On reconnaît le passage d’une saison à l’autre au pelage changeant des animaux qui peuplent nos contrées macadamées. Ainsi, les troupeaux de crétins qui s’egayaient sous nos fenêtres cet été portaient-ils fièrement des tenues d’apparat bariolées du meilleur effet: perruques, déguisement de lion voire de grosse bite en mousse. Le taxon latin m’échappe, mais on appelle ça, en langue vulgaire, un enterrement de vie de garçon (ou de jeune fille, car, au royaume des bas-de-plafond, l’égalité des sexes est de mise — enfin presque: il n’est pas encore passé de grosse chatte en mousse sous nos fenêtres).</p>
<p>La rentrée étant venue, les pelisses se font plus discrètes, d’un seyant gris chiné à base de sacs poubelles constellés de farine et de bière tiède. Leur nom à eux: bizuths. Bien qu’ils n’apparaissent que plus tard dans l’année, ils sont en général plus jeunes que les précédents, leurs juvéniles en quelque sorte. Ami qui dois aujourd’hui plonger la tête dans l’eau pour y croquer cette foutue pomme avant de te manger un œuf en pleine poire, ne t’inquiète pas, la roue tourne, comme les saisons. L’année prochaine, tu donneras les ordres et lanceras l’œuf. La suivante, tu auras peut-être la chance de pouvoir sortir de ta tanière dès l’été pour, sommet de ton évolution, te transformer à ton tour en grosse bite en mousse.</p>
<p>Profite bien de ces instants bénis ! Car ils seront aussi le signal que le temps de l’insouciance est terminé, et que celui de s’atteler à la préservation de l’espèce est advenu (d’où le choix bienvenu de ce dernier costume). Aux crétins de ton espèce aussi, le Seigneur a dit: <em>«Croissez et multipliez»</em>. Il aurait ajouté en marmonnant dans Sa sainte barbe: <em>«Enfin, pas trop quand même»</em>, mais il paraît que c’est apocryphe.</p>
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		<title>La rentrée s’améliore</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Sep 2008 14:21:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Libérennes reconnecté ! Un des deux sites d’info indépendants récemment fermés est de retour dans la cour des miracles du royaume ouest-français. S’agit maintenant de faire exploser les compteurs de fréquentation, histoire d’éviter que la direction de Libé, qui a donné six mois de répit à ses antennes de Rennes et Orléans, ne leur replonge [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Libérennes <a href="http://www.liberennes.fr/libe/2008/09/nouveau-dpart.html" target="_blank">reconnecté</a> ! Un des deux sites d’info indépendants <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2008/09/05/rentree-de-merde-liste-non-exaustive/" title="Rentrée de merde (liste non exhaustive)" target="_blank">récemment fermés</a> est de retour dans la cour des miracles du royaume ouest-français. S’agit maintenant de faire exploser les compteurs de fréquentation, histoire d’éviter que la direction de <em>Libé</em>, qui a donné six mois de répit à ses antennes de Rennes et Orléans, ne leur replonge la tête sous l’eau au printemps.</p>
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		<title>Rentrée de merde (liste non exaustive)</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Sep 2008 16:21:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

		<category><![CDATA[Musique]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui s’arrête et qui me navre :

Rennes Infhonet s’est déconnecté. Adieu l’information indépendante sur Rennes, revoilà le bon vieux monopole Ouest-France.
Libérennes a été déconnecté. Adieu l’information indépendante sur Rennes, revoilà le bon vieux monopole Ouest-France (bis).

Ce qui continue/reprend et qui me met hors de moi :

Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler et Olivier Duhamel pontifient de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Ce qui s’arrête et qui me navre</strong> <strong>:</strong></p>
<ul>
<li>Rennes Infhonet <a href="http://www.rennes-infhonet.fr/popup/article_imprimer.php?id=1811" target="_blank">s’est déconnecté</a>. Adieu l’information indépendante sur Rennes, revoilà le bon vieux monopole <em>Ouest-France</em>.</li>
<li>Libérennes <a href="http://www.liberennes.fr/libe/2008/08/liberennes-dcon.html" title="Pierre-Henri Allain, le journaliste qui s’en occupait, s’explique dans le premier commentaire" target="_blank">a été déconnecté</a>. Adieu l’information indépendante sur Rennes, revoilà le bon vieux monopole <em>Ouest-France </em>(bis).</li>
</ul>
<p><strong>Ce qui continue/reprend et qui me met hors de moi :</strong></p>
<ul>
<li>Alain-Gérard Slama, Alexandre Adler et Olivier Duhamel pontifient de nouveau sur France-Culture le matin. Ces lénifiants réactionnaires ultra-moralisateurs ont un effet désastreux sur la matinale d’Ali Badou, qui sans eux serait certainement un bon interviewer : en interrompant l’émission avec leurs chroniques toutes les dix minutes, puis en occupant la dernière partie avec leurs propres questions, ils empêchent systématiquement l’invité de développer sa pensée et l’obligent à se prendre position par rapport à leurs avis autorisés de Messieurs-je-sais-tout. Cet été, ce fut un réel plaisir d’écouter une matinale différente, menée par l’excellent Xavier de la Porte et ponctuée d’une seule et très bonne chronique, la revue de presse internationale d’Éric Glover.</li>
<li>Les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et les gadgets à la con censés les faire passer (la prime pour les heures supplémentaires…).</li>
<li>Les arrestations et reconduites à la frontière car il faut, encore et toujours, faire du chiffre, faire du chiffre, faire du chiffre. À Saint-Brieuc, les menaces les plus récentes pèsent sur <a href="http://resf.info/P740" target="_blank">Tsendev Purev</a> et <a href="http://www.educationsansfrontieres.org/?article14815" target="_blank">Saïd Mmadi</a>.</li>
</ul>
<p><strong>Ce qui n’arrive pas à m’émouvoir :</strong></p>
<ul>
<li> Quatre filiales du groupe immobilier Céléos ont déposé le bilan et sont en redressement judiciaire. BC Partner’s, le promoteur qui a donné naissance à ce qui est devenu en dix ans le leader régional de l’immobilier, fait partie du lot. On frime, on flambe, on est arrogant, on construit des merdes un peu partout, et un jour on se prend le retour du bâton. Mais ne ricanons pas : des emplois sont menacés.</li>
<li>Le magasin Photostation, devenu entre temps Photostation/Orange, qui est en face de chez nous, est «<em> À céder </em>», avec un numéro de téléphone à Paris. On ne pourra plus dire qu’on habite dans le triangle des Bermudes formé par Orange, SFR et Bouygues, tous situés à moins de dix mètres les uns des autres.</li>
<li>Pour la deuxième année consécutive, Amy Winehouse a annulé son concert à <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/09/03/mon-rock-en-seine-2007/" title="Mon Rock en Seine (2007)" target="_blank">Rock en Sein</a>e. <a href="http://www.telerama.fr/musique/amy-winehouse-l-annulation-de-trop,32902.php" target="_blank">Télérama se désole</a> avec le patron du festival, en oubliant de rappeler que l’an passé, tout le monde savait un mois avant sa venue à Paris que la star de la défonce avait annulé tous ses concerts, et que Rock en Seine avait feint de l’apprendre la veille. Et que la réinviter, c’est quand même une façon dégueulasse de (re)jouer avec les fans (et leur argent).</li>
</ul>
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		<item>
		<title>Festivals d’été</title>
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		<comments>http://www.kartoffelkaefig.net/2008/09/01/festivals-dete/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 01 Sep 2008 19:42:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Cet été, j’ai vu :

Ronan Tablantec à Carantec, en ouverture du Festival des arts de rue de Morlaix, le FAR. Grinçant, mordant, hilarant.
Chet Nuneta au Festival du bout du monde à Crozon, quatre filles qui chantent et un gars qui percussionne, petite pastille de bonheur.
Calico aux Nocturnes de Saint-Brieuc. Bon, c’est gentil, Calico. M’a au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Cet été, j’ai vu :</p>
<ul>
<li><a href="http://www.lagriffe.org/lettre/lettre_1.html#tablantec" title="Entretien avec votre serviteur pour LaGriffe.org" target="_blank">Ronan Tablantec</a> à Carantec, en ouverture du Festival des arts de rue de Morlaix, le <a href="http://www.artsdanslarue.com/far/2008/index.htm" target="_blank">FAR</a>. Grinçant, mordant, hilarant.</li>
<li><a href="http://www.chetnuneta.net/" target="_blank">Chet Nuneta</a> au <a href="http://www.festivalduboutdumonde.com/" target="_blank">Festival du bout du monde</a> à Crozon, quatre filles qui chantent et un gars qui percussionne, petite pastille de bonheur.</li>
<li><a href="http://www.calico.fr/" target="_blank">Calico</a> aux Nocturnes de Saint-Brieuc. Bon, c’est gentil, Calico. M’a au moins permis de faire une photo pas trop mal.</li>
</ul>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/calico_600.jpg" rel="lightbox" title="Calico aux Nocturnes de Saint-Brieuc, le 7 août 2008"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/calico_450.jpg" alt="Calico aux Nocturnes de Saint-Brieuc, le 7 août 2008" height="450" width="450" /></a></p>
<p>Cet été, je n’ai pas vu :</p>
<ul>
<li>L’arrivée de la deuxième étape du Tour de France à Saint-Brieuc et les concerts qui ont suivi — nous étions en vacances loin de là et sans regret.</li>
<li><a href="http://www.radiohead.com/deadairspace/" target="_blank">Radiohead</a> à Arras, seule date européenne où il restait des places quand j’ai voulu m’en occuper, mais seule date européenne à laquelle nous étions en vacances loin de là.</li>
<li><a href="http://www.sonicyouth.com/" target="_blank">Sonic Youth</a> à Saint-Nazaire, dans le cadre de l’exposition qui leur est consacrée au <a href="http://www.lelife.org/new/manifestation.php?id=5&amp;id_langue=1" target="_blank">LiFE</a>, mais ce jour-là, nous étions au Festival du bout du monde.</li>
</ul>
<p>Mais surtout, cet été, j’ai appris les nouveaux tours des contrebandiers de festivals. Vous savez en effet que nous vivons dans une société où la confiance est maximale grâce à des dispositifs de sécurité pertinents, permanents et efficaces. Afin de barrer la route et le chemin de la grande scène au terrorisme international, il est, depuis plusieurs années déjà, interdit d’entrer dans les festivals qui se respectent avec une bouteille d’eau <em>munie de son bouchon</em>, des fois qu’il nous prenne l’envie d’en faire un projectile irano-taliban. Soit on dépose son bouchon à la fouille, et on s’en fout partout et on renverse la moitié de la bouteille avant même d’avoir eu soif, soit on passe un bouchon en fraude dans son slibard, et on rejoint le camp des hors-la-loi qui ne manqueront pas de se retrouver un jour à Guantanamo, et là, vous rigolerez moins, c’est moi qui vous le dis.</p>
<p>Malgré les précautions prises par le gang des bouchons-dans-le-slip, les barbouzes ont bien dû finir par découvrir cette ruse de sioux. Ils nous ont cafté aux directions des festivals qui, ne reculant devant rien pour améliorer le confort et la sécurité des spectateurs, ont carrément décidé d’interdire toute forme de bouteille, <em>avec ou sans</em> <em>bouchon</em>. On peut donc crever de soif en paix, ou faire la queue au robinet près des barrières pleines de pisse… ou encore acheter une bouteille à la buvette, <em>avec bouchon</em> mais garantie sans explosif islamiste international.<sup>[1]</sup></p>
<p>Si l’on ne se résoud pas à cette pseudo-alternative qui nous ferait rejoindre le camp des collabos à ce système qui n’apaise les gorges qu’en assèchant les porte-monnaies, on va plus loin dans la ruse de sioux. La palme de la débrouille festivalière est décernée cette année, à l’unanimité et avec les félicitations du jury-résistant, à Cathy et Nolùen, qui ont refilé le truc à toutes les copines.</p>
<p>Il s’agit de réutiliser des emballages vides de compotes à boire, vous savez, Pom’Pote et consorts. Ça ressemble à des flasques en plastique mou <em>avec un bouchon dévissable</em>. Ça, c’est pas interdit à l’entrée des festivals. Pas encore. Car quand c’est vide, ces petites choses jetables mais résistantes, ça peut se remplir à nouveau. De Martini pour nos siouxesses-en-chef, ou de pastis, ou de que sais-je encore, l’esprit du festivalier étant, en la matière, particulièrement ouvert et fécond.</p>
<p>Petit conseil des professionnelles : après nettoyage, bien souffler dans le récipient pour que la contenance soit maximale. Un petit entonnoir ou une seringue de gavage (véridique!) font ensuite l’affaire. Vous remarquerez que l’astuce est contraignante et demande une longue préparation : il faut ingurgiter pendant l’année suffisamment de compote industrielle pour tenir le coup le moment venu (trois jours de festival + camping), ou alors avoir de jeunes cousins qui veulent bien garder les emballages. Mais la convivialité, mes amis, est à ce prix.</p>
<ol class="footnotes"><li id="footnote_0_131" class="footnote"><em>Au Bout du monde, c’était en fait: pas d’alcool. Avec une bouteille d’eau et après vérification visuelle du contenu, je suis passé. Aux Vieilles Charrues, certains de ceux qui sont tombés sur un vigile pas regardant et qui avaient bien enroulé leur petite bouteille dans un pull ont pu passer également : les vieilles ruses fonctionnent encore parfois, mais ça devient difficile…</em></li></ol>]]></content:encoded>
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		<title>Commerce parallèle</title>
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		<pubDate>Wed, 06 Aug 2008 09:49:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[J’aurais dû l’enregistrer. Bon, je vais pas m’amuser à enregistrer systématiquement les gens qui sonnent à ma porte, je suis pas obsédé à ce point-là. Mais il y a des jours où ça vaudrait la peine… Ce matin, une jeune fille de Direct Énergie. Elle sonne d’abord à la porte de l’immeuble: «Bonjour, je travaille [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>J’aurais dû l’enregistrer. Bon, je vais pas m’amuser à enregistrer systématiquement les gens qui sonnent à ma porte, je suis pas obsédé à ce point-là. Mais il y a des jours où ça vaudrait la peine… Ce matin, une jeune fille de Direct Énergie. Elle sonne d’abord à la porte de l’immeuble: <em>«Bonjour, je travaille dans l’immeuble et je n’y ai pas accès, vous m’ouvrez?»</em> Bonne poire, j’ouvre. Il y a pourtant un ouvre-porte qu’elle aurait pu trouver toute seule, mais soyons indulgents. Et puis c’est possible que certains voisins soient passés d’EDF à Direct Énergie pour la fourniture d’électricité. Mais ce n’est pas mon cas, alors pourquoi sonner chez moi si ce n’est pour me démarcher? C’est donc bien un truc de VRP: on sonne chez tout le monde jusqu’à ce que quelqu’un réponde, histoire de ne pas monter les escaliers pour rien.</p>
<p>Les escaliers. Vite grimpés et voilà qu’on toque à la porte. Je ne vais pas me cacher, j’ouvre.</p>
<p><em>— Bonjour, c’est vous le locataire ou le propriétaire?<br />
— Oui.<br />
— Je suis de la société Direct Énergie, c’est une société parallèle d’EDF, on fait tous les immeubles de la ville pour proposer une baisse du kilowatt, il faudrait que je voie votre facture.»</em></p>
<p>La retranscription est évidemment infidèle. La fille était essoufflée et, surtout, parlait très vite. Beaucoup trop vite pour qu’on comprenne bien tout. <em>«Je ne comprends pas»</em>, que je fais. Elle répète qu’il faut qu’elle voie ma facture pour vérifier si j’ai droit à la réduction.</p>
<p><em>— Mais pourquoi je n’ai pas reçu une lettre d’EDF, si j’ai droit à une réduction?<br />
— Parce qu’on fait toute la ville, on ne peut pas envoyer une lettre à tout le monde. On fait toute la France.</em></p>
<p>J’ai envie de lui dire qu’EDF, pour me réclamer les sous que je lui dois, ne m’envoie pas un agent tous les deux mois: il y a le courrier postal, et ça marche encore pas trop mal. Mais je dis:</p>
<p><em>— Je ne veux pas montrer ma facture à quelqu’un qui n’est pas d’EDF.<br />
— Ah ben si vous ne voulez pas de réduction, moi je m’en fous.</em></p>
<p>J’essaie d’en savoir plus sur Direct Énergie. Elle me ressert la <em>«société parallèle d’EDF»</em> en me montrant son joli classeur avec la pube de la télé, je lui répète que je suis chez EDF et que si je dois avoir une réduction, elle doit venir d’EDF. <em>«On vous remplace le courant par des énergies renouvelables»</em>, dit-elle à peu de choses près.</p>
<p><em>— En fait, vous voulez me proposer de changer de fournisseur d’électricité?<br />
— Oui, c’est ce que je vous ai dit.<br />
— Non, vous ne l’avez pas dit. Ça ne m’intéresse pas.</em></p>
<p>Et elle s’en va, vexée. Je pourrais la rassurer en lui disant qu’il va y en avoir, des gens qui vont <em>vraiment</em> croire que Direct Énergie est un genre de filiale d’EDF qui propose de meilleurs tarifs. Et du renouvelable, nouvel argument massue des chasseurs de gogos. Mais elle est déjà partie, et je n’ai pas envie de la rassurer. J’ai envie d’ouvrir la fenêtre et de la traiter d’escroc, envie d’écrire à ses escrocs-en-chef pour m’indigner, envie d’éliminer de la surface de la terre l’espèce maudite des commerciaux, qui alimente <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2008/06/27/la-grandeur-de-la-france/" title="La grandeur de la France" target="_blank">régulièrement</a> mes rêves d’épuration sociale. Et puis comme d’hab, je me retrouve à vomir mon dégoût sur mon glob, qui mérite mieux que ça. Ça me détend un peu. Je retourne bosser.</p>
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		<title>La grandeur de la France</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Jun 2008 15:20:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Commerce]]></category>

		<category><![CDATA[rue piétonne]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui, braderie. Comme dit le SDF qui squatte en bas de chez nous, et pour qui les affaires ne vont pas mieux qu’un autre jour, «ils auraient mieux fait de faire ça en début de mois, là, les gens n’ont plus de sous.» Pourtant, y a du monde dans la rue piétonne! Juste sous nos [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui, braderie. Comme dit le SDF qui squatte en bas de chez nous, et pour qui les affaires ne vont pas mieux qu’un autre jour, <em>«ils auraient mieux fait de faire ça en début de mois, là, les gens n’ont plus de sous.»</em> Pourtant, y a du monde dans la rue piétonne! Juste sous nos fenêtres, depuis ce matin, un père exploite son fils, lui faisant déballer des montagnes de mille chaussettes pour dix francs. Le contenu des cartons est balancé sans égard sur un étal d’une tristesse infinie. Un peu plus loin sur la droite, j’aperçois un chapiteau blanc duquel dépassent quelques paires de jambes. En dessous, un crétin à micro hurle et interpelle les badauds décervelés, qui hier criaient <em>«À mort l’arbitre!»</em> et aujourd’hui répondent comme un seul homme aux âneries que l’autre entonne. Exemples:</p>
<p><em>— Ce soir, on va faire des…<br />
— … haricots !</em></p>
<p><em>— On est là pour faire de la…<br />
— … publicité !</em></p>
<p><em>— On va faire marcher le bouche à…<br />
— … oreille !</em></p>
<p>Quand la société de consommation s’écroulera sur elle-même et que les rares survivants de la guerre nucléaire pour le dernier litre de pétrole en seront réduits à s’éclairer à la bougie en attendant la lumière divine qui les sauvera de ce merdier, le point positif, c’est qu’il n’y aura plus d’électricité pour alimenter les micros des bonimenteurs. Mais il y aura toujours un imbécile pour vouloir vendre un débris de plastique inutile à son voisin qui en a déjà plus qu’il ne lui en faut. À quelle heure part la prochaine navette pour Mars ?</p>
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		<title>Un ulcère à deux vitesses</title>
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		<pubDate>Fri, 23 May 2008 16:33:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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		<description><![CDATA[Dans Ouest-France aujourd’hui, en page Côtes-d’Armor, sous le titre « Ulcérés, les pêcheurs sont passés à l’action », trois photos des manifs d’hier, une grande (quatre colonnes) et deux petites (deux colonnes chacune). Sur la grande, des pêcheurs distribuent aux automobilistes des barquettes de poisson importé des États-Unis, du Canada et d’ailleurs, dont ils viennent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Dans <em>Ouest-France</em> aujourd’hui, en page Côtes-d’Armor, sous le titre <em>« Ulcérés, les pêcheurs sont passés à l’action »</em>, trois photos des manifs d’hier, une grande (quatre colonnes) et deux petites (deux colonnes chacune). Sur la grande, des pêcheurs distribuent aux automobilistes des barquettes de poisson importé des États-Unis, du Canada et d’ailleurs, dont ils viennent de délester hypermarchés et grossistes qui, semble-t-il, n’en avaient plus besoin. Sur la première des petites photos, devant le bureau des Affaires maritimes de Saint-Quay-Portrieux, des armoires, des bureaux, des documents et des ordinateurs en flammes : les pêcheurs ont saccagé les bureaux et mis le feu à ce qu’ils y ont trouvé. Enfin, sur la seconde petite photo, un groupe de pêcheurs devant le bac de surgelés d’un hypermarché. Pas inactifs, hein. Je cite la légende : ces braves gens sont en train de vider <em>«&nbsp;les rayons de poisson surgelé importé. À part une échauffourée à Langeux et des éclats de voix à Plérin, les opérations se sont déroulées en douceur.&nbsp;»<br />
</em><span id="more-128"></span><br />
Comment ça, en douceur? C’est pas violent, de foutre le feu à des bureaux, de sectionner des grilles, de vider des étals? Ils étaient 150 pêcheurs à participer à la fête autour de Saint-Brieuc, nous apprend-on encore, deux pages plus haut, dans le bilan des « actions » et négociations publié en page France, 150 pêcheurs aidés d’une quarantaine de producteurs de porcs, qui ont pu se balader toute la journée sur les routes du département et piller ce qu’ils voulaient où ils voulaient. Un peu moins de deux cents gugusses, c’est quand même pas la fin du monde : que fait la police?</p>
<p>Eh bien la police, ou plutôt la gendarmerie dans notre cas, est complice. On le voit bien, sur la petite photo mentionnée ci-dessus : pendant que les pêcheurs vident les rayons, les gendarmes, disposés tout autour d’eux, regardent. Et se gardent bien d’intervenir. Ce qui est d’ailleurs marrant, sur cette image, c’est que le visage des pêcheurs a été flouté, mais pas celui des gendarmes. Ça a été comme ça toute la journée. Pas une arrestation. Pas un contrôle. C’est à se demander si l’attitude des gendarmes n’aide pas les pêcheurs dans leur tâche — on peut se poser la même question quand certains agriculteurs commettent le même genre de forfaits, pouvant aller jusqu’au saccage du bureau d’une ministre de l’environnement, sans être jamais inquiétés.</p>
<p>Pourtant, je croyais que la propriété privée était une des choses les mieux protégées, en France. Le parlement vient à nouveau de le montrer, en adoptant une loi qui crée un délit de fauchage d’OGM alors que l’arsenal législatif actuel permet déjà de condamner les faucheurs. Mais il est vrai que les pêcheurs ont de bonnes et honnêtes raisons d’être <em>«&nbsp;ulcérés&nbsp;»</em>. Leur problème, c’est le prix du pétrole, trop haut, et les quotas de pêche, trop bas. Ce qu’ils demandent, c’est de pouvoir continuer à polluer pour moins cher, et puiser toujours plus dans une <a href="http://blog.greenpeace.fr/oceans" title="Le blog de Greenpeace sur l’état des mers du monde. Voire en particulier le fascicule «Et ta mer, t’y penses?»" target="_blank">ressource en poisson</a> qui ne parvient plus à se reconstituer. Nobles revendications. Tandis que les faucheurs d’OGM, qui demandent une application du principe de précaution (inscrit dans la Constitution, rappelons-le) et en appellent à l’intérêt général et à la sauvegarde de la biodiversité, ne font preuve que d’une irresponsabilité criminelle. De quel côté de cette politique à deux vitesses penchez-vous? Mon ulcère, lui, a choisi son camp.</p>
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		<title>Changer de point de vue</title>
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		<pubDate>Wed, 21 May 2008 09:46:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

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		<description><![CDATA[Aujourd’hui 21 mai, c’est le premier Dvorak Day. En souvenir du 21 mai 1932, jour où Augustin Dvorak, lointain parent américain du compositeur tchèque Antonin, déposa le brevet de son «clavier simplifié» destiné à améliorer la vitesse et le confort de frappe des dactylographes. À l’époque, tout le monde utilisait déjà la disposition Qwerty depuis [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Aujourd’hui 21 mai, c’est le premier Dvorak Day. En souvenir du 21 mai 1932, jour où Augustin Dvorak, lointain parent américain du compositeur tchèque Antonin, déposa le brevet de son <em>«clavier simplifié»</em> destiné à améliorer la vitesse et le confort de frappe des dactylographes. À l’époque, tout le monde utilisait déjà la disposition Qwerty depuis longtemps: la première machine à écrire fonctionnelle pour le grand public a été commercialisée par Remington en 1873. Le clavier Qwerty a ensuit été adapté : Azerty en France, Qwertz en Allemagne et en Suisse, etc. Pour ceux qui se sont toujours demandés pourquoi les touches s’étaient retrouvées dans cet ordre, la réponse est simple : par hasard.<br />
<span id="more-127"></span><br />
Quand il s’est agi de mettre au point une machine à écrire, les principales questions qui se posèrent n’étaient pas d’ordre ergonomique, mais mécanique. Il fallait disposer les touches en quinconce pour que les tiges portant les lettres puissent simplement être actionnées, puis il fallait éloigner les lettres qui étaient tapées le plus souvent à la suite (séquences «st» ou «ai» en français, par exemple), afin que lesdites tiges ne risquent pas de s’emmêler et de se bloquer. Je vous passe les problèmes de retour des tiges qu’il a fallu accélérer pour les mêmes raisons. Une fois ces problèmes réglés et les lettres saupoudrées sur le clavier de façon expérimentale, vogue la galère, un standard de fait était né et n’allait plus bouger.</p>
<p>Et l’ergonomie, alors? C’est ce qu’a voulu apporter Dvorak, en partant d’observations de dactylos et de recherche fondamentale. Le premier principe qu’il adopta fut de mettre les lettres les plus utilisées sur la «home row», la rangée du milieu du clavier, celle où les doigts reposent par défaut. Premier résultat: avec la rangée du milieu du clavier Dvorak anglais, on peut taper 3000 mots, contre à peine 300 avec celle du clavier Qwerty. Dit autrement: 70% des frappes s’effectuent sur la rangée du milieu en Dvorak, réduisant les mouvements de doigts par trois par rapport à la disposition Qwerty. Les autres lettres sont réparties sur le clavier selon leur utilisation et de manière à répartir le travail entre les deux mains. Les études menées sur la disposition Dvorak montrent que la frappe est plus rapide, plus précise et plus confortable (en particulier, réduction des troubles musculo-squelettiques), et qu’en plus, ce clavier est plus facile à apprendre que l’autre!</p>
<p>Mais malgré les preuves théoriques et expérimentales de la supériorité de son agencement de touches, Dvorak ne parvint jamais à l’imposer, ni à l’industrie qui prospérait tranquillement sur un système inefficace, ni aux institutions qui n’en voulurent point pour ne pas changer leurs habitudes. On en est là. Sauf qu’il existe quelques groupes de sympathiques activistes pro-Dvorak sur internet, qui se servent notamment du fait que le clavier simplifié Dvorak a été reconnu comme standard officiel américain (cherchez dans les dispositions disponibles sur votre ordinateur: il y est!). Aux États-Unis, il y a l’équipe de <a href="http://dvzine.org/" target="_blank">DVzine.org</a>, qui a rassemblé beaucoup de documentation et notamment édité une petite <a href="http://dvzine.org/zine/index.html" target="_blank">BD marrante et fort instructive</a> dont je tire une bonne partie de mes infos (c’est en anglais, consultable ou téléchargeable sur leur site). En France, c’est un peu plus compliqué car il n’existe pas encore de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Clavier_Dvorak" title="Un article de Wikipédia" target="_blank">clavier Dvorak</a> francophone standard. Il y a celui du précurseur <a href="http://www.algo.be/ergo/dvorak-fr.html" target="_blank">Francis Leboutte</a>, et surtout l’équipe <a href="http://www.clavier-dvorak.org/" target="_blank">fr-dvorak-bépo</a>, qui travaille à une standardisation dont le but est d’inclure une disposition Dvorak française dans tout système d’exploitation.</p>
<p>Personnellement, j’utilise la disposition fr-dvorak-bépo depuis l’automne dernier (et plus particulièrement la disposition 0.6.3, c’est-à-dire celle qui était disponible quand je m’y suis mis, et que j’ai modifiée pour avoir la vraie <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Apostrophe_(typographie)#Signes_proches_de_l.E2.80.99apostrophe" title="Wikipédia te dit tout et comment ne pas confondre ’ et '" target="_blank">apostrophe</a> typographique courbe en accès direct). Je n’ai pas eu à changer de clavier, juste à ajouter un petit fichier à mon ordinateur (c’est disponible pour Windows, Mac et Linux). Mon objectif était d’apprendre à taper sans regarder le clavier et si possible sans créer de nouveaux problèmes physiques — la tendinite que m’a créé à l’épaule droite l’usage immodéré de la souris me suffit, merci. L’apprentissage a été rapide, à peu près trois semaines à raison d’un quart d’heure à une demi-heure tous les matins. Le reste de la journée, je tapais en Azerty: c’est comme apprendre une langue étrangère, ça n’empêche pas de parler la sienne. Je l’ai fait en utilisant la <a href="http://www.clavier-dvorak.org/wiki/Exercices" target="_blank">page d’exercices</a> du site fr-dvorak-bépo puis, quand je me suis senti un peu plus à l’aise, en rentrant le premier chapitre de <em>Germinal</em> dans <a href="http://homepage.mac.com/typetrainer4mac/Menu1.html" target="_blank">TypeTrainer4Mac</a>, un petit logiciel gratos qui accepte n’importe quelle configuration clavier (il en existe d’autres pour les Windowsiens et les Linuxiens). Quel plaisir de taper du Zola! Aujourd’hui, j’avance dans ma thèse, je tape mes mails et les billets de ce blog, bref je fais tout en Dvorak, et ça marche parfaitement. Je suis peut-être encore un peu plus lent que je ne l’étais en Azerty, mais je fais moins d’erreurs de frappe. Et j’essaie de ne pas oublier de remettre le clavier en Azerty quand je laisse l’ordi à Céline. Ça prend deux clics.</p>
<p>Bon, et le Dvorak Day, alors, à quoi ça sert? L’idée, c’est que chaque utilisateur en parle à au moins une personne ce jour-là. Voilà, c’est fait.</p>
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		<title>Où va se nicher la bête</title>
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		<pubDate>Tue, 20 May 2008 08:02:33 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
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		<description><![CDATA[L’autre jour, en faisant la queue à la poste, je découvre un truc marrant, quoiqu’un peu cher: la possibilité de créer ses propres timbres personnalisés via un site internet dédié. MonTimbraMoi, qu’ils appellent ça, et ça coûte 12€ pour 10 timbres classiques. Bon, pourquoi pas ? (évidemment, ça va vite devenir un support de pube [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>L’autre jour, en faisant la queue à la poste, je découvre un truc marrant, quoiqu’un peu cher: la possibilité de créer ses propres timbres personnalisés via un site internet dédié. <a href="http://montimbramoi.laposte.fr/" target="_blank">MonTimbraMoi</a>, qu’ils appellent ça, et ça coûte 12€ pour 10 timbres classiques. Bon, pourquoi pas ? (évidemment, ça va vite devenir un support de pube pour les entreprises et peut-être me sortir rapidement par les trous de nez, que j’ai pourtant profonds, mais en attendant, je me dis que ça peut servir pour une occasion particulière — avant, j’aimais bien dessiner sur les enveloppes, mais maintenant, je suis devenu feignant, ou alors j’écris moins, ou les deux, enfin bref).</p>
<p>Ce matin, en parcourant le site de mon journal allemand préféré, j’ai nommé la <a href="http://www.taz.de/" target="_blank">tageszeitung</a> de Berlin, je découvre que ce système existe aussi chez nos amis teutons. Là-bas, ça s’appelle <a href="http://www.plusbrief-individuell.de" target="_blank">Plusbrief Individuell</a>, et c’est plus cher (36€ les 20), mais on a carrément l’enveloppe et le timbre personnalisés. Surtout, j’apprends que les petits Français ont été dépassés par leurs voisins en matière de créativité philatélique, et de quelle manière. Un groupuscule néonazi a en effet fait imprimer des timbres à l’effigie de Rudolf Hess, un des adjoints les plus proches d’Hitler, martyr des néonazis depuis son suicide dans la prison de Berlin-Spandau en 1987.</p>
<p>N’y a-t-il donc pas de contrôle? Que si, nous assurent les responsables de la Deutsche Post, mais on ne peut pas tout contrôler, voyez-vous. Y a-t-il eu d’autres cas de révisionnisme philatélique? On nous assure qu’il ne s’agit que de vingt timbres, suffisants toutefois pour qu’un journal néonazi se félicite de cette nouvelle opportunité offerte <em>«à ceux qui s’intéressent à l’histoire»</em>. Mais c’est difficile à dire: une croix gammée ne passera bien sûr pas, mais le journaliste cite d’autres motifs plus difficilement repérables, comme des photos de dignitaires nazis alors qu’ils étaient enfants, ou des codes de lettres et de chiffres dont les néonazis sont friands. Combien de temps avant que ça n’arrive en France?</p>
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		<title>La Réunion, travail en cours</title>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2008 22:00:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

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		<description><![CDATA[Holà, cher lecteur ou trice ! N’oublie pas que pendant que tu trimais au bureau, j’étais en vacances à La Réunion. Je raconte ça par petits bouts pour te faire bisquer, en plus y a des photos, et j’en ajoute régulièrement.
Le sommaire est ici.
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Holà, cher lecteur ou trice ! N’oublie pas que pendant que tu trimais au bureau, j’étais en vacances à La Réunion. Je raconte ça par petits bouts pour te faire bisquer, en plus y a des photos, et j’en ajoute régulièrement.<br />
Le sommaire est <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/la-reunion/" target="_blank"><strong>ici</strong></a>.</p>
]]></content:encoded>
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		<title>Mon Moul’stock (2008) : Rue des gens</title>
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		<pubDate>Sun, 04 May 2008 20:11:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Manger]]></category>

		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[Mai 2008 a commencé à Billiers (Morbihan) par le lancer d’un pavé musical et gastronomique mémorable dans la mare fétide de la bien-pensance. Ça n’a évidemment pas commencé le premier, car on ne travaille pas ce jour-là. On nous rapporte bien des bruits d’activités diverses dans le bourg, mais elles ne font guère état de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Mai 2008 a commencé à Billiers (Morbihan) par le lancer d’un pavé musical et gastronomique mémorable dans la mare fétide de la bien-pensance. Ça n’a évidemment pas commencé le premier, car on ne travaille pas ce jour-là. On nous rapporte bien des bruits d’activités diverses dans le bourg, mais elles ne font guère état de travail au sens, disons capitaliste, du terme. Pour le tout-un-chacun que nous sommes, ça a commencé le deux, jusques au trois.</p>
<p><span id="more-125"></span></p>
<p style="text-align: center"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/Rue_des_gens.jpg" alt="Rue des gens, panneau à Billiers" height="165" width="300" /></p>
<p align="center"><em>Il y a à Billiers une rue qui s’appelle vraiment rue des gens.<br />
Aucun événement du festival ne s’y déroule, mais c’est tout de même un beau symbole de ce que ce bled est capable de concentrer en matière de convivialité et d’attention aux autres.</em></p>
<p>Première étape : l’église. L’église de Billiers, conquise de haute lutte par les joyeux allumés de l’association Zicobourg, accueillait donc, et c’est historique, les premières réjouissances de <a href="http://moulstock.com/" title="site officiel" target="_blank">Moul’stock</a> 2008 (nous avions parlé de l’édition 2007 <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/06/03/mon-stock-de-moules-2007/" target="_blank">ici</a> et de la 2006 <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2006/05/27/ky-a-billiers/" target="_blank">là</a>), dont le cru de l’année portait l’étiquette : <em>«Moul’stock fête le bourg, pas la guerre»</em>. Et Moul’stock a bien raison. Seul le curé a eu tort, qui n’était pas là, mais pourra se rattraper l’an prochain. Car à l’église, et comme à l’habitude à Billiers, la fête a été pleine d’amour et de fraternité. Encore un peu et je me laisserais attendrir par les crucifix, mais non, les musiciens en sont la cause: Plantec dans un beau set acoustique (quelle maîtrise de la bombarde dans un lieu clos et résonnant!); Naïssam Jalal et Yann Pittard en un joliment furieux duo flûte-oud; les incontournables (à Billiers du moins, on les aimerait plus productifs partout ailleurs…) Ky, rejoints par Linda Lazorak pour un conte avec accompagnement improvisé; et un quatuor, lui aussi improvisé, comprenant Or Solomon à l’harmonium, Yoram Rosilio à la contrebasse, à nouveau Naïssam Jalal à la flûte et Élisabeth Gilly au chant, soit Israël, la Syrie et l’Égypte, le Maroc et l’Italie, et la France réunis en ce lieu (bel œcuménisme malheureusement pas expliqué, et son trop chiche pour qu’on entre dans la transe). Je ne sais pas s’il y a si souvent autant d’enfants assis au premier rang de l’église, ouvrant grand esgourdes et mirettes. À vrai dire, j’en doute. Mais là, oui. C’était le début de Moul’stock, c’était le deux mai deux mille huit.</p>
<p>Avant que l’on ne change de jour, et pour s’assurer que l’on restât bien dans l’ambiance, on pouvait repérer le pré Béler pour le lendemain : la buvette, et le chapiteau où l’on était invité à manger japonais. Musiciens, retenez ceci : si le rêve de votre vie est de vous produire à Moul’stock (et qui n’en a pas rêvé?), pas besoin de passer par Mes-Deux-Academy, pensez plutôt à terminer votre CAP cuisine. L’an passé, Paban das Baul avait été réquisitionné pour le repas indien. Cette année, Zicobourg, infâme exploiteur du moindre talent de ses invités, a collé Makoto Sato derrière les fourneaux après l’avoir obligé à révéler ses secrets aux habitants du bourg que ces pratiques ne répugnent pas (ils appellent ça un atelier cuisine, faites gaffe). Paban das Baul, vous vous <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/06/03/mon-stock-de-moules-2007/" target="_blank">souvenez</a>, fait partie de la crème des musiciens du Bengale. Makoto Sato, lui, est Japonais, batteur, et une référence comme il y en a peu. Il a par exemple, avec le guitariste Jean-François Pauvros et le magnétophoniste Jean-Marc Foussat, un trio nommé <a href="http://marteau.rouge.free.fr/" target="_blank">Marteau Rouge</a>, qui est cité par Sonic Youth comme une de ses inspirations majeures. C’était juste un exemple. Et Makoto Sato cuisine fort bien. Je n’ai pas retenu les noms de tout ce que nous avons dégusté, mais je sais l’exclamation que tous poussèrent les agapes terminées : <em>«Arigato !»</em></p>
<p>Le lendemain, on était samedi (j’ouvre ici une parenthèse pour dire une fois encore merci à Cathy et Éric pour l’accueil au débotté, à Michel pour la chambre, et pardon à sa maman qui nous avait préparé le petit déjeuner et chez qui nous n’avons pas osé aller de peur de la déranger, je ferme la parenthèse), il faisait beau, petite balade vers le Domaine de Prières avant le mezzé libanais dans le jardin de Patou et Vivien. Bénévoles potentiels, retenez ceci : si le rêve de votre vie est de participer à l’organisation de Moul’stock (et qui n’en a pas rêvé?), passez votre CAP cuisine d’abord. Le pauvre Vivien est même obligé de changer de spécialité chaque année, et on voit sur son visage la souffrance qu’il endure et le désir qui l’étreint de prendre enfin des vacances le week-end de la Pentecôte, mais non, pas possible, il a des potes qui font un festival utopico-musico-gastronomique dans le bourg, son jardin a vue mer et de la place pour des tables et un hamac ; chaque année, rebelote, toute la smala déboule pour s’empifrer chez lui. En plus il fait super bien à manger. Arigato aussi, Vivien.</p>
<p>Pendant et après, musique. Vous l’aurez compris, Moul’stock n’est pas un festival comme les autres. D’abord, on y mange bien : rien que pour ça, il n’en reste plus beaucoup à pouvoir rivaliser. Ensuite, la musique est particulière : inattendue et souvent inédite, improvisée sur place au gré des rencontres entre musiciens (et, cette année, danseuse et comédienne). Et puis l’organisation est <em>roots</em>, man. Ce qui fait qu’il manque à Moul’stock une chose qu’ont tous les autres festivals : une programmation, c’est-à-dire une liste, voire un tableau pour les plus <strike>riches</strike> subventionnés, avec face à face des groupes, des lieux, des horaires. À Billiers, il y a Yann, qui invite tout le monde, et annonce à la fin de chaque représentation qui sera dans la prochaine et où. Et encore, on n’est jamais sûr de rien. Mais à l’inverse, il y a à Moul’stock une chose que la grande majorité des autres festivals n’ont pas : une programmation, c’est-à-dire un choix délibéré d’artistes composant une proposition artistique cohérente et néanmoins ouverte, lesdits artistes étant invités à se mélanger les uns aux autres — et ils ne s’en privent pas (si je me laissais aller, je vous parlerais de la sensation de consulter un catalogue de tourneur en mal de rentabilisation de son écurie que me laisse la lecture des «programmations» des festivals de l’été, mais on n’est pas là pour ça, parlons plutôt de Moul’stock).</p>
<p>Tout feu tout flamme et bien énervé, un samedi après-midi moins nomade que l’an dernier (pas de navigation entre les jardins, tout au Pré Béler). Poignante introduction : Makoto Sato à la batterie et Maki Nakano au sax accompagnent la danseuse butô Maki Watanabe. Frissons. Puis Naïssam Jalal en Mme de Bougnoule, qui slame et rappe sans sa flûte mais avec toute sa rage : ça décoiffe, même si c’est un peu trop direct pour moi — je préfère les textes évocateurs aux textes dénonciateurs. Un autre projet des Plantec en forme d’électro-fest-noz, mais là j’accroche moins, je trouve les sons électro mauvais, et les orchestrations assez bateau. Thomas Ballarini aux percus et un nouveau conte de Linda Lazorak : beau projet qui appelle une suite, avec peut-être une mise en scène plus élaborée. Je sais bien que c’est du conte, mais là, seul Thomas se déplaçait d’une percu à l’autre pendant que Linda restait statique, ça m’a donné l’impression que toute l’expressivité du spectacle lui était abandonnée. Une nouvelle impro sax-jonglage de Maki et Victor lequel a fait d’impressionnants progrès depuis deux ans et est devenu un maître du diabolo (on me dit dans mon oreillette qu’il est en école du cirque actuellement: il ne s’est manifestement pas trompé d’orientation). Enfin un groupe à géométrie variable, autour du noyau Rayess Bek, Naïssam Jalal et Yann Pittard. Avec en invités les locaux Yann Lemeunier alias Gaston Zirko à la batterie, Kevin Toublanc à la basse, Thomas aux percus, Or Solomon au clavier. Le tout sur les textes de Rayess : à nouveau la rage, mais traitée côté humour. <em>«Mais qu’est-ce qu’on attend pour bombarder l’Iran?»</em>, chante-t-il, lui qui a grandi au Liban, époque obus.</p>
<p>Le soir, pas pu rester : pour les vingt ans de la <a href="http://www.clarinette-populaire.org/" target="_blank">Rencontre internationale de la clarinette populaire à Glomel</a>, le trio Armorigène du clarinettiste Michel Aumont invitait Louis Sclavis. D’autres beaux moments d’improvisation, alors qu’à Billiers, tous les musiciens du festival se retrouvaient sur scène pour le Novisa Project. Nous ne savons donc pas s’il y fut trouvé la recette pour exorciser la guerre et la bannir de toute contrée. Mais nous savons que mai a débuté à Moul’stock en une manière musicale et gastronomique d’abolir les frontières qui pourrait bien en être le premier ingrédient.</p>
<blockquote><p><em>À venir : photos, et les noms qui manquent. </em></p></blockquote>
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		<title>Dosette attitude</title>
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		<pubDate>Tue, 15 Apr 2008 20:05:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

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		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Nous avons bien essayé, mais rien n’y a fait: notre chat n’aime ni la pâtée, ni les croquettes bio que l’on peut trouver à Saint-Brieuc.  Et comme nous achetons les croquettes en paquet super-familial (7,5 kg), pas le choix: il nous faut, régulièrement, nous rendre dans un quelconque hypermarché, que nous parvenons autrement à [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nous avons bien essayé, mais rien n’y a fait: notre chat n’aime ni la pâtée, ni les croquettes bio que l’on peut trouver à Saint-Brieuc.  Et comme nous achetons les croquettes en paquet super-familial (7,5 kg), pas le choix: il nous faut, régulièrement, nous rendre dans un quelconque hypermarché, que nous parvenons autrement à éviter, pour refaire des provisions. Cela nous permet de rester en contact avec la vie «normale» que décrit la tévé — néons, déshumanisation, promotions — et puis on peut se rendre compte des «progrès» réalisés par nos dealers. Cet après-midi à Carrefour, par exemple, exposition sur le développement durable avec quizz pour savoir où l’on en est, logo du WWF, et affichage des actions du géant de la tête de gondole: promesse de réduction, en deux ans, de 10% de ses dépenses d’énergie, et présence, dès aujourd’hui, de 140 produits du commerce équitable dans les rayons. 140 produits… quand on sait qu’un hypermarché dispose d’au moins 25 000 références, pour les plus petits, et que les monstres qui font la fierté du secteur peuvent monter à plus de 100 000. Et puis 140 produits de <em>quel</em> commerce équitable? Comment croire que la grande distribution, qui exploite ses employés de la façon la plus vile (flicage, temps partiel subi, etc.) et pressure ses fournisseurs à coups de marges arrières, a <em>vraiment</em> la volonté de soutenir le commerce équitable, qui prône une juste rémunération des producteurs?</p>
<p>Bref, ça me fatigue, les hypers. Et avec ce rhume qui s’installe, j’en avais presque des vertiges. Après le passage en caisse, révélateur de l’exploitation décrite plus haut (la caissière avait fait passer douze packs de lait au lieu de douze bouteilles, et comme la somme à annuler était trop importante au regard du montant de ma note, elle avait besoin de sa chef et de sa clé magique pour rectifier le tir: son angoisse devant la baisse de rythme de sa caisse se lisait dans ses yeux et dans sa façon de se gratter compulsivement l’avant-bras), je décide donc de m’offrir une crêpe au sucre dans le nouvel espace snack Carrefour. La cliente précédente avait pris un café. Pendant que ma crêpe chauffe, le serveur vide le marc de café de la machine. Mais il ne fait pas comme tous les garçons de café du monde, qui ouvrent un tiroir, tapent d’un coup sec le contenant dessus avant d’aller le visser sur l’embout de la machine qui distribue le café fraîchement moulu. Non. Il met la dosette à la poubelle. J’hallucine! Les machines à café de bistrot se mettent aussi aux dosettes! En payant, je demande confirmation.</p>
<p><em>«Dites, je n’ai pas rêvé, la machine à café, c’est bien une machine à dosettes?<br />
— Oui, c’est bien fait, hein?<br />
— Euh…<br />
— Pour nous, c’est plus pratique</em> [1]<br />
<em>— Mais c’est dommage pour l’environnement.<br />
— Ah, c’est le progrès!»</em></p>
<blockquote><p>[1]: après réflexion, j’en doute: il faut extraire chaque dosette de son emballage individuel, opération qui n’existait pas auparavant, et à la fin la prendre dans ses doigts pour la jeter.<br />
<em> </em></p></blockquote>
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		<title>Et le vainqueur est…</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Apr 2008 19:27:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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		<description><![CDATA[C’est la deuxième fois que je suis juré pour un concours. La première, c’était il y a pas loin de dix ans, pour le Prix universitaire de la nouvelle, organisé par le Crous de l’académie de Rennes. Il devait y avoir une quinzaine de nouvelles à lire, et le jour de la délibération, très stressé, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est la deuxième fois que je suis juré pour un concours. La première, c’était il y a pas loin de dix ans, pour le Prix universitaire de la nouvelle, organisé par le Crous de l’académie de Rennes. Il devait y avoir une quinzaine de nouvelles à lire, et le jour de la délibération, très stressé, car il y avait des gens qui s’y connaissaient bien mieux que moi en littérature, moi qui avais été fort justement recalé au concours de l’année précédente et qui avais donc bien fait de ne pas participer à celui-ci. En plus il y avait Stéphane Corcoral dans le jury, un des fondateurs de <a href="http://oeil.electrique.free.fr/page.php?type_page=anciens_numeros" target="_blank"><em>L’Œil électrique</em></a>, ce fantastique magazine culturel éclectique que personne n’a fait mieux depuis, et moi, rédacteur débutant à <a href="http://www.lagriffe.org" target="_blank"><em>La Griffe</em></a>, pas encore sûr de parvenir à faire du journalisme mon métier, mais sur la voie tout de même.<br />
<span id="more-122"></span><br />
De l’appréhension donc, mais un excellent souvenir des discussions pour parvenir à l’attribution des trois prix, et finalement on avait ajouté un coup de cœur. Souvenir aussi d’avoir,  au fil des arguments des autres, changé d’avis sur une nouvelle qui m’avait impressionné à la première lecture, et que ça m’avait aidé par la suite à débusquer certaines ficelles qui cachent des faiblesses du récit.</p>
<p>Un peu plus tard, je suis devenu journaliste. <em>L’Œil électrique</em> est <a href="http://www.oeil-electrique.org/" title="il est devenu une belle maison d’édition" target="_blank">mort</a> et n’a jamais été remplacé. J’ai continué à écrire bénévolement pour <em>La Griffe</em>, où j’ai appris à faire de la critique constructive — c’est-à-dire, essayer de ne pas se laisser aller à démonter par méchanceté ou louer par complaisance en se cachant derrière de fausses audaces stylistiques; mais argumenter, toujours argumenter. J’ai travaillé au <em>Penthièvre</em>, où mon plus grand plaisir a été de développer une rubrique culturelle locale que je voulais exigeante sans être branlette et qui, je crois, l’était. Puis j’ai arrêté <em>Le Penthièvre</em> pour reprendre des études, mais j’ai continué <em>La Griffe,</em> bien sûr. En janvier, <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2008/01/14/dernier-coup-de-patte/" title="Dernier coup de patte" target="_blank"><em>La Griffe</em> est morte</a>, asphyxiée par des difficultés financières récurrentes (mais on n’en restera pas là, chers lecteurs, on y travaille sérieusement…).</p>
<p>Et voilà qu’on me propose d’être juré du <a href="http://www.vieillescharrues.asso.fr/jc/" target="_blank">Tremplin des jeunes charrues</a> pour les pays de Saint-Brieuc et du Trégor-Goëlo. Ah que oui, merci Élisabeth, m’exclamé-je sans mesurer l’ampleur de la tâche. Cinquante groupes à écouter, trois chansons chacun, faites le compte: entre sept et huit heures de musique. D’abord sélectionner quatre groupes, qui se produiront en concert. Là, on en gardera un, qui ira jouer cet été aux <a href="http://www.vieillescharrues.asso.fr/" target="_blank">Vieilles Charrues</a> avec les vainqueurs des neuf autres tremplins du grand ouest. Le grand vainqueur ouvrira le festival l’année prochaine.</p>
<p>Que faire, comment faire? D’abord, à la maison, tout écouter, en entier, évidemment. Comment sélectionner? Ceux qui chantent faux ou qui ne sont pas en place, c’est facile. Mais ils ne sont pas si nombreux. Pour départager les autres, quels critères? Ne pas privilégier les styles auxquels on est le plus sensible, essayer aussi de ne pas attacher une importance démesurée à la qualité de l’enregistrement: on est quand même censé aider de jeunes groupes, qui en plus concourent en mp3, ce qui pénalise les enregistrements faits à l’arrache et déjà peu définis. Et ensuite, le dilemme: les bons faiseurs ou la personnalité? Dans l’ensemble, j’ai trouvé la qualité technique  et musicale relevée. Mais l’originalité rare. En particulier, une majorité de bon pop-rock sans supplément d’âme. Moins de métal, et même remarque. Peu de ska et de dub, la mode doit être passée. Encore moins de hip-hop. Et bien sûr de la chanson, bonne à très bonne. J’ai interviewé ma petite conscience, j’ai choisi de privilégier l’originalité, j’ai mis des petits «+» sur ma feuille et, jeudi 13 mars, je me suis rendu à <a href="http://www.lacitrouille.org/" target="_blank">La Citrouille</a>, correspondant local des Jeunes Charrues et lieu de la délibération, avec tout de même moins d’appréhension que la première fois.</p>
<p>Enfermés dans un des studios de répétition avec Benjamin, le régisseur, un Mac, deux enceintes de monitoring, du Coca et des pizzas, nous étions neuf voix qu’il s’agissait d’accorder (ou pas). Chacun avait fait ses devoirs à la maison et retenu une dizaine de groupes. On a écouté les candidats arrivés en toute dernière ligne droite et qui n’avaient pas pu être mis sur le CD, religieusement (mais c’est une religion tolérante, qui n’interdit pas de mordre dans une pizza en écoutant un disque). À l’issue d’un premier tour de table (ou plutôt, de canapés), quatre groupes se détachaient, sept les suivaient dans un mouchoir.</p>
<p>On a tout réécouté. On a fait une pause. Et là, il a bien fallu choisir. Voter: quatre points pour son premier, trois pour son deuxième, etc. Difficile moment, d’abord parce qu’il n’y avait pas de grille d’évaluation commune, ensuite parce que j’avais l’impression qu’on nous demandait déjà de désigner notre vainqueur, alors qu’il s’agissait précisément de sélectionner quatre vainqueurs potentiels que la scène allait départager. Je crois que j’aurais préféré que chacun donne quatre noms, sans points, et que ce soit la discussion qui sépare les ex-æquo. Mais on ne change pas les règles en cours de jeu, et il doit bien y avoir une logique, car les quatre retenus sont les quatre qui se détachaient dès le départ. Ils sont bons, et même très bons, pas de problème. Certains pas assez originaux à mon goût, c’est sûr. Mais on sait aussi que la scène peut aussi faire changer d’opinion: la cohésion, la présence, la gestion des éventuels imprévus, la relation avec le public ne se mesurent pas sur une démo.</p>
<p>La scène, c’était donc vendredi 4 avril, salle des Villes-Moisan à Ploufragan. Dans l’ordre de passage: <a href="http://www.depoil.fr/" target="_blank">De Poil</a>, Odéon, <a href="http://www.myspace.com/glassberries" target="_blank">Glassberries</a>, <a href="http://www.myspace.com/wankinnoodles" target="_blank">The Wankin’ Noodles</a>. Un groupe de chanson, trois groupes de rock. Mention spéciale à De Poil pour la farandole, à Odéon pour le son pourri, à Glassberries pour l’attitude, et aux Wankin’ Noodles pour l’énergie. Pour nous aider à décider qui nous allions envoyer aux Vieilles Charrues, cette fois-ci, pas de pizza. Faut pas s’encroûter et prendre des habitudes (bonnes, pourtant!) tout de suite. Entre chaque groupe, et après le dernier, discussion parfois enflammée alimentée par tomates cerises, fromage et chamallows. Pas question d’en révéler ici la teneur. Juste le résultat: le vainqueur du Tremplin 2008 des jeunes charrues pour Saint-Brieuc et le Trégor-Goëlo est… l’énergie!</p>
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		<title>Butin du jour (5)</title>
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		<pubDate>Sat, 05 Apr 2008 15:00:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Butinerie]]></category>

		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[En cette fin de Semaine du développement durable, j’ai appris que :

La Poste a pris la décision de fermer le centre de tri de Saint-Brieuc. Cela fait plusieurs années que les syndicats l’annonçaient, ça y est: en 2009, il n’y aura plus que deux centres de tri en Bretagne, à Rennes et Brest — car [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>En cette fin de Semaine du développement durable, j’ai appris que :</p>
<ul>
<li><strong>La Poste a pris la décision de fermer le centre de tri de Saint-Brieuc.</strong> Cela fait plusieurs années que les syndicats l’annonçaient, ça y est: en 2009, il n’y aura plus que deux centres de tri en Bretagne, à Rennes et Brest — car ceux de Vannes et Quimper ferment aussi. Les 550 000 plis qui étaient auparavant traités à Saint-Brieuc monteront dans des camions direction Saint-Jacques-de-la-Lande, commune qui jouxte Rennes et où sera construite une gigantesque plateforme logistique hyper-automatisée pour la bagatelle de 48 millions d’euros. En comptant les investissements à Brest et la création de deux centres d’appels pour les particuliers et les professionnels à Saint-Brieuc et Vannes, le plan coûtera 81 millions d’euros. Pour créer 30 emplois à Vannes et 35 à Saint-Brieuc, quand Sud estime que la transformation du centre de tri de Saint-Brieuc en centre de transit se traduira par une perte de 150 emplois (450 pour la Bretagne entière).<br />
Résumons: on engloutit des millions, on supprime des emplois, on met en place une nouvelle organisation plus centralisée qui a tout d’une aberration écologique (encore plus de camions sur les routes contre quelques quads électriques pour les facteurs), et tout ça pour quoi? <em>«Pour tenter d’arrêter l’érosion et rester une entreprise rentable»</em>, déclare au <em>Télégramme</em> (samedi 5 avril) Raymond Redding, directeur général délégué de La Poste. Tu parles d’une érosion: moins 1% d’activité courrier en 2007. Le drame. La faillite guette. Ouais. Ce serait pas plutôt l’imminence de la libéralisation du courrier aux particuliers qui guette? La préparation à la privatisation passe souvent par l’investissement dans de belles machines remplaçant un maximum d’encombrants humains potentiellement revendicatifs.</li>
<li><strong>Le BVP a retoqué une campagne de pube. </strong>Sans blague! Le <a href="http://www.bvp.org/fre/" target="_blank">Bureau de vérification de la publicité</a>, qui passe son temps à laisser passer des placards et des spots vantant les mérites des 4×4 qui libèrent la ville ou des yaourts qui vaccinent contre l’infarctus, qui n’aime la femme que quand elle est objet, ce BVP-là se déciderait enfin à faire son boulot et à limiter l’exposition des enfants aux délices supposés des barres ultra-sucrées, ainsi que celle des adultes aux plats préparés hyper-salés? Ce serait bien, hein? Faudra encore attendre un peu. Car la campagne retoquée n’émanait pas d’Audi, de Danone ou d’une quelconque multinationale de la fripe. C’était une campagne montée par un organisme public, en l’occurrence le Syndicat mixte de collecte et de traitement des ordures ménagères des Châtelets, qui s’occupe des poubelles de Saint-Brieuc et alentours. Soutenu par l’Ademe, la communauté de communes et le conseil général des Côtes-d’Armor, le Smictom des Châtelets déclinait, en sept affiches, autant de conseils de bon sens écologique: aux lingettes jetables, préférez les éponges; aux bouteilles plastique, l’eau du robinet; aux dosettes de café, le paquet; etc. Bref, réduisons les déchets à la source: économies à l’achat, au traitement, et bienfaits à l’environnement.<br />
Problème, selon Joseph Besnaïnou, directeur général du BVP: <em>«Cette campagne paraît de nature à porter gravement préjudice à des secteurs économiques voire à des marques identifiables de produits»</em> (cité dans <em>Ouest-France</em> du 5 avril). Il n’y a que 136 000 habitants dans la zone couverte par le Smictom des Châtelets. Mais imaginez que ces pubes fassent tache d’huile (on peut rêver), que d’autres collectivités s’en inspirent, et c’est la ruine des joyeux philanthropes de la dosette et du plastique. Le BVP, dont la mission est de <em>«mener une action en faveur d&#8217;une publicité loyale, véridique et saine dans l&#8217;intérêt des professionnels de la publicité, des consommateurs et du public»</em>, a donc émis un avis négatif. Decaux et Clear Channel, qui gèrent l’affichage sur panneaux et Abribus, ne l’ont pas suivi; mais Métrobus, qui s’était déjà illustré il y a quelques semaines dans <a href="http://www.rue89.com/2008/02/21/courrier-international-et-sarkozy-lagardere-censure-aussi" title="article sur Rue 89" target="_blank">l’affaire Courrier international</a>, s’est empressé de le revendiquer pour censurer cinq des sept méchantes affiches. Sur les bus de l’agglomération, on ne verra donc que celles consacrées aux piles rechargeables et à l’eau du robinet. Par contre, Carrefour a refusé cette dernière sur son parking.</li>
</ul>
<p>On voudrait chercher une morale à ces piteuses histoires qu’on la trouverait dans une toute nouvelle discipline olympique: la linguistique. Chacun sa définition du développement durable, et que le plus fort gagne.</p>
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		<title>Le jour où j’ai voté à droite</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Mar 2008 22:58:22 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Politique]]></category>

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			<content:encoded><![CDATA[<p>La gauche (enfin, la gauche, le PS) a pris la Cabri, Communauté d’agglomération briochine. Trois villes de plus dans son giron: Yffiniac dès le premier tour, Plérin et Pordic ce soir. Mais la gauche (enfin, la gauche, le PS, ainsi que le PC et les Verts qui se sont enchaînés à lui) n’a pas su reprendre Saint-Brieuc, la préfecture des Côtes-d’Armor, que lui avait ravi en 2001 Bruno Joncour, Modem s’étant allié avec l’UMP. Pour tenter de le battre, la gauche (enfin, vous voyez ce que je veux dire) s’était choisi Danielle Bousquet, ancienne co-directrice de campagne de Ségolène Royal, qui avait été largement majoritaire ici au second tour de la présidentielle, et députée largement réélue l’an passé. Quoi, la gauche (enfin…) n’avait personne qui n’aurait pu être taxé de tentative de cumul des mandats? En tout cas, personne d’autre n’aurait pu espérer l’emporter. Une candidature par défaut, donc. Un premier tour très serré: Joncour en tête, mais la gauche (toute la gauche) légèrement en avance au décompte des voix. Plus 40% d’abstention pour corser les pronostics. La droite part en chasse. Le PS et la LCR discutent en vue du second tour, mais ne s’entendent pas. La droite repasse.<br />
<span id="more-118"></span><br />
Sur France 3, Danielle Bousquet vient de déclarer, pour expliquer sa défaite: <em>«La LCR a donné ses voix à la droite»</em>. Car la «gauche» a perdu de 8% (54/46), soit le pourcentage que faisait la Ligue au premier tour (8,52%). L’autre gauche, celle qui se dit antilibérale et qu’on dit extrême, aurait donc voté à droite. On ne peut pas nier que ce genre de réflexe existe, mais de là à représenter 8% des exprimés, ça fait beaucoup.</p>
<p>Observons donc les résultats.<br />
<em> 1er tour</em><br />
Bruno Joncour (Modem): 8394 voix, 44.71 %<br />
Danielle Bousquet (PS): 7533 voix, 40.12 %<br />
Samuel Burlot (LCR): 1600 voix,      8.52 %<br />
Jacques Melet (dissident droite): 718 voix,      3.82 %<br />
Alain Le Fol (LO): 347 voix,      1.85 %<br />
Pierre Lo Monaco (PT): 184 voix, 0.98 %</p>
<p><em>2e tour</em><br />
Bruno Joncour:     10543 voix,      54.28 %<br />
Danielle Bousquet:     8879 voix,      45.72 %</p>
<p>À ses voix du premier tour, Bousquet en ajoute 1346 (soit l’extrême gauche moins 785), alors que Joncour gagne 2149 voix entre les deux tours, bien plus que les 718 de sa dissidence. Il l’emporte de 1664 voix.</p>
<p>Les irresponsables de gauche qui, comme moi, ont voté LCR au premier tour, et blanc (ou se sont abstenus) au second, sont donc pour une part dans sa défaite. Mais si on ajoute les 785 voix «manquantes» au score du PS, ça ne suffit pas: il en faudrait encore 859 pour égaler celui de Joncour. Comme en 2001 et de manière amplifiée cette fois-ci, puisque l’écart est plus important, c’est la mobilisation à droite qui a fait la victoire de Joncour. On verra demain si les analystes sont d’accord avec moi.</p>
<p>Je ne dis pas ça pour me rassurer, mais parce que la petite phrase de Bousquet m’a énervé. Plus facile de rejeter la faute sur d’irresponsables extrémistes que de se poser des questions. M’avait énervé aussi le fait de voir s’ajouter sur ses affiches, entre les deux tours, un bandeau <em>«S’abstenir, c’est voter à droite!»</em>. Elle s&#8217;était bien abstenue, elle, députée, en février, <a href="http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo9000.asp" title="Qui a voté quoi ce jour-là" target="_blank">lors de la réunion du Congrès</a>, alors qu&#8217;on sait que si le PS avait voté contre la révision consitutionnelle, Sarkozy aurait dû avoir recours au référendum pour adopter (ou pas) la constitution européenne.<br />
À ce propos, je vous livre un petit échange de mails avec la candidate, qui part d’un truc trouvé dans un <a href="http://www.politis.fr/La-democratie-en-peril,3025.html" target="_blank">bloc-notes de Bernard Langlois</a> dans <em>Politis</em> et de mon agacement de voir un commentaire de ma pomme sur son blog rester <em>«en attente de modération»</em> plus de 24h (il est toujours dans ce non-état aujourd&#8217;hui).</p>
<p><em><strong>Samedi 8 mars, 19h09</strong></em><br />
Bonjour,<br />
Puisque personne n&#8217;a l&#8217;air de vouloir s&#8217;occuper de la modération de mon commentaire, qui attend depuis plus de 24h sur votre site, je me permets de vous l&#8217;envoyer par mail:</p>
<p>Mme la députée qui aimeriez également être maire,<br />
Vous souhaitiez un référendum sur le traité de Lisbonne (promesse de campagne de S. Royal). Pour l’obtenir, votre stratégie fut de vous abstenir lors du vote du congrès de Versailles. En tant que représentante du peuple, vous êtes un modèle pour le simple citoyen que je suis. J’adopterai donc votre logique aux élections municipales. Pour obtenir votre élection à Saint-Brieuc, je m’abstiendrai donc et demanderai à tous mes amis de s’abstenir.<br />
Sincères salutations démocratiques,<br />
L. Ballarini<br />
Saint-Brieuc</p>
<p><em><strong>Jeudi 13 mars, 10h39</strong></em><br />
Cher Monsieur<br />
J&#8217;ai parfaitement lu votre message en son temps. Votre décision est prise de vous abstenir. C&#8217;est votre droit, même si le fait de vous abstenir dimanche prochain équivaut à voter à droite. C&#8217;est votre choix ! Bien à vous. Danielle Bousquet</p>
<p><em><strong>Jeudi 13 mars, 16h49</strong></em><br />
Bonjour,<br />
Et merci de votre réponse, qui montre que vous avez parfaitement compris ce que je vous reproche: dire que l’on veut un référendum et s’abstenir au seul scrutin qui aurait pu y conduire, c’est voter contre ses propres promesses.<br />
Cela étant, rassurez-vous, j’ai pris mes responsabilités et, malgré cette petite provocation, je suis allé, dimanche dernier, voter pour qui se rapproche le plus de mes idées. Quant à dimanche prochain, c’est une autre affaire. Cela ne serait pas la première fois que je vote pour vous au second tour, mais j’ai du mal à me convaincre cette fois-ci.<br />
Cordialement,<br />
L. Ballarini.</p>
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		<title>À donf !</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Mar 2008 14:17:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

		<category><![CDATA[Politique]]></category>

		<category><![CDATA[Transports]]></category>

		<category><![CDATA[Tévé]]></category>

		<category><![CDATA[Écologie]]></category>

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		<description><![CDATA[Ouest-France est décidément un bien étrange journal, qui a l’air de prendre un certain plaisir à tirer à hue et à dia — quoiqu’un peu plus souvent à hue quand même. Ainsi, il y a peu et coup sur coup, deux grands articles en dernière page célébraient, l’un un instituteur, l’autre un entrepreneur, qui continuent [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Ouest-France </em>est décidément un bien étrange journal, qui a l’air de prendre un certain plaisir à tirer à hue et à dia — quoiqu’un peu plus souvent à hue quand même. Ainsi, il y a peu et coup sur coup, deux grands articles en dernière page célébraient, l’un un instituteur, l’autre un entrepreneur, qui continuent à travailler à quatre-vingts ans passés. On voudrait accréditer l’idée toute politique qu’il est normal de ne jamais prendre sa retraite qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Mais en même temps, est publiée ces temps-ci une série sur le pouvoir d’achat qui, si elle ne prétend pas remettre en cause la répartition des richesses, plaide tout de même pour un peu de social.</p>
<p>Autre exemple: l’environnement. Je me suis déjà énervé sur certaine pube et le traitement complaisant des revendications des producteurs de porcs (<a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2007/10/01/la-grande-bouffe/" title="La grande bouffe" target="_blank">ici</a>). Mais il faut aussi reconnaître qu’il y a eu un très bon reportage sur la région autrichienne du Vorarlberg, dont les maisons passives inspirent la commune de Boquého. C’était plutôt long et en pages France, je crois. Et aujourd’hui, intéressante dernière page sur le quartier Vauban de Fribourg, Allemagne, pionnier en économies d’énergie et en utilisation du solaire. Mais on déchante à l’intérieur du journal. Inaugurant une série sur la nouvelle saison de MotoGP — et alors que la une du programme tévé est consacrée à la Formule 1 —, un article s’extasie sur la performance technique et médiatique que constituera le premier grand prix de la saison. Il se courra dimanche au Qatar. De nuit. Un grand prix, le genre de truc idiot où, le but étant d’aller le plus vite possible, une excellente visibilité est absolument nécessaire. Mais là, de nuit. Pour la toute première fois de l’histoire. Faudra donc éclairer, et comment! <em>«5,4 millions de watts de lumière dispensés par 3600 lampes alimentées par 44 générateurs de 13 mégawatts, 500 km de câbles, sur une surface équivalente à 70 terrains de football.»</em> Les journalistes adorent les chiffres, les premières fois, et parler en terrain-de-football-équivalent.</p>
<p>L’auteur précise pourtant que tout cela ne sert à rien: s’il y a des périodes où il fait vraiment très chaud au Qatar (air à 42 degrés, 70 sur la piste), ce n’est pas le cas en ce moment. C’est l’hiver, il fait 25, tout baigne. En plus, la nuit, il y a de la rosée et c’est dangereux. Oui, mais on s’en branle: c’est la première fois, le Qatar est plein de fric (comme son voisin les Émirats arabes unis, où l’on peut skier en plein désert) et puis c’est pour une bonne cause, puisqu’au même moment aux États-Unis, il sera pile l’heure de se mettre devant sa tévé pour regarder les <a href="http://www.renaud-chanteur.com/chanteur/marchand_cailloux/500connard.htm" title="Le terme est de Renaud, dans une excellente chanson sur le Paris-Dakar" target="_blank">blaireaux</a> moulés de cuir faire vroum-vroum.</p>
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		<title>Plus douce sera la chute</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Feb 2008 01:58:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Musique]]></category>

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Hier soir, André Minvielle et Lionel Suarez se produisaient à l’Appel d’Airs. J’adore André Minvielle, dont l’album ¡Canto! a accompagné un nombre incalculable de mes soirées et déplacements en voiture, et l’Appel d’Airs est une chouette salle associative tenue par des gens bien. Mais voilà, plutôt que de faire trente kilomètres et de boire de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/vicchesnutt-net_750.JPG" rel="lightbox" title="Vic Chesnutt, Jessica Moss, Thierry Amar"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/vicchesnutt-net_450.JPG" height="359" width="450" /></a></p>
<p>Hier soir, André Minvielle et Lionel Suarez se produisaient à l’Appel d’Airs. J’adore <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Minvielle" title="une page wikipédia qui mériterait d’être complétée" target="_blank">André Minvielle</a>, dont l’album <em>¡Canto!</em> a accompagné un nombre incalculable de mes soirées et déplacements en voiture, et l’<a href="http://lappeldairs.free.fr/" target="_blank">Appel d’Airs</a> est une chouette salle associative tenue par des gens bien. Mais voilà, plutôt que de faire trente kilomètres et de boire de la bière locale brassée par des gens tout aussi bien, nous sommes allés à Brest manger un hamburger et boire de la Leffe capitaliste. Une heure et demie de voiture aller, pas seulement pour le plaisir de taquiner Sylvia sur ses recherches d’appartement qui n’avancent pas, mais surtout pour voir et entendre <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Vic_chesnutt" title="là c’est en anglais, désolé…" target="_blank">Vic Chesnutt</a>. Récente découverte pour moi que ce chanteur et guitariste à la chaude voix et aux chansons à tomber par terre. Avec en prime une bonne partie des musiciens de <a href="http://www.cstrecords.com/bands_silvermtzion.html" title="on peut abréger le nom en Silver Mt. Zion, mais j’aime bien la version complète" target="_blank">Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra &amp; Tra-la-la Band</a>, et Guy Piccioto, ci-devant et s’il vous plaît guitariste de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fugazi" target="_blank">Fugazi</a>. C’est-à-dire qu’on retrouvait sur scène la bande avec laquelle Vic Chesnutt a enregistré son dernier album, <em>North Star Deserter</em>, qui est, mais je me répète, à tomber par terre.</p>
<p>Évidemment, nous sommes arrivés à l’heure. L’association <a href="http://www.memowax.com/index.htm" target="_blank">Mémo</a>, qui organisait la chose au Vauban et qui doit certainement être gérée par des gens bien, ne fait en effet pas de réservations par téléphone et le seul point de vente était à Brest. Pas envie de faire tout ce chemin pour se retrouver à visiter le port de nuit. Ouverture des portes à vingt heures trente, on peut raisonnablement tabler sur le concert à vingt et une heures. On a attendu une heure de plus. C’est un peu long, amis associatifs. On se croirait à l’Appel d’Airs à ses débuts!</p>
<p>Mais, comme on dit, ça en valait la peine — en fait, non, cette expression est débile: ç’aurait été encore mieux si on avait eu une heure de fatigue en moins. Mais enfin. Des mélodies limpides, une voix tantôt douce, tantôt déchirée, de grandes nappes d’électricité succédant à de longues plages de miel. Violon, contrebasse, guitares, clavier, batterie, voix. Ça, mes enfants, c’est un groupe qui sait ce que c’est que la dynamique et l’expressivité. Au risque de me répéter, à tomber par terre.</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/vicchesnutt-flou_750.jpg" rel="lightbox" title="Vic Chesnutt, Jessica Moss - Brest, Le Vauban, 22 février 2008"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/vicchesnutt-flou_450.jpg" height="338" width="450" /></a></p>
<p><em>PS: </em>North Star Deserter<em> est en écoute sur <a href="http://www.deezer.com/#music/album/37512" target="_blank">Deezer</a>. Comme d&#8217;habitude, les chansons sont dans le désordre le plus complet, mais tout y est. Régalez-vous!<br />
<strong><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/la-reunion"></a></strong></em></p>
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		<title>Thomas, 29 ans</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Feb 2008 22:01:26 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

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		<description><![CDATA[musique et voix de seb martel sur des paroles de franck monnet, un bout de couplet:
«si je rêvais d&#8217;un frère, soyons francs
j&#8217;inventerais un genre de frangin dans ton genre»
le refrain:
«c&#8217;est toi mon sang, c&#8217;est toi la veine que j&#8217;ai
comme dirait l&#8217;autre, toi le frère que j&#8217;ai»
]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>musique et voix de <a href="http://www.sebmartel.com/" target="_blank">seb martel</a> sur des paroles de franck monnet, un bout de couplet:<em><br />
«si je rêvais d&#8217;un frère, soyons francs<br />
j&#8217;inventerais un genre de frangin dans ton genre»</em></p>
<p>le refrain:<br />
<em>«c&#8217;est toi mon sang, c&#8217;est toi la veine que j&#8217;ai<br />
comme dirait <a href="http://www.paroles.net/chanson/18593.1" title="Maxime Le Forestier, «Toi le frère que je n'ai jamais eu»" target="_blank">l&#8217;autre</a>, toi le frère que j&#8217;ai»</em></p>
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		<item>
		<title>Où est passé mon texte ?</title>
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		<pubDate>Wed, 13 Feb 2008 18:28:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>

		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

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		<category><![CDATA[Tévé]]></category>

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		<description><![CDATA[Ainsi donc les scénaristes étatsuniens, ayant eu gain de cause, cessent-ils leur grève. Dommage que l’audiovisuel public français soit lui-même aujourd’hui en grève: il aurait pu s’en faire l’écho. Nul doute que, comme à l’accoutumée, les bulletins d’info auraient été pleins de commentaires et de micro-trottoirs se félicitant que la prise d’otages ait enfin cessé. [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ainsi donc les scénaristes étatsuniens, ayant eu gain de cause, cessent-ils leur grève. Dommage que l’audiovisuel public français soit lui-même aujourd’hui en grève: il aurait pu s’en faire l’écho. Nul doute que, comme à l’accoutumée, les bulletins d’info auraient été pleins de commentaires et de micro-trottoirs se félicitant que la prise d’otages ait enfin cessé. Quatorze semaines que cela durait! Plus de <em>talk-shows</em> du soir depuis le déclenchement de la grève le 5 novembre, le tournage de dizaines de séries interrompu, celui de nombreux films retardé, la cérémonie des Golden Globes annulée, celle des Oscars menacée… et, chez nous, dans la France de l’exception culturelle, l’inquiétude: pourrons-nous voir la fin de la saison trois de <em>Prison Break?</em><br />
<span id="more-111"></span></p>
<p>Quand un si grand nombre de libertés de consommer est en danger, en général, le sang des médias ne fait qu’un tour et celui des syndicalistes ne tarde pas à couler. Sus aux archaïques arc-boutés à leurs principes obsolètes et place à la modernité et au mouvement! Haro sur le cheminot, le postier, l’instituteur. Tu peux toujours essayer d’expliquer que tu défends une vision de ton métier, une qualité de service, on ne retiendra que tes sempiternelles demandes de hausses de salaire et la gêne occasionnée à l’usé usager.</p>
<p>Mais là, non. On a été bien gentil avec les scénaristes qui ont eu, comme on dit, bonne presse. Pourtant, ils ne demandaient rien d’autre que des augmentations de salaires, et ils ont fait chier le monde entier! Mais on ne leur en tient pas rigueur, car, comme dit Wentworth Miller, gueule d’ange en chef de la série suscitée: <em>«Je ne peux que soutenir ceux qui donnent vie à mon personnage»</em> (je cite de mémoire).</p>
<p>Ça me fait penser à une vidéo qui a beaucoup de succès sur internet: <span><a href="http://fr.youtube.com/watch?v=6B26asyGKDo" target="_blank"><em>Noah takes a photo of himself every day for 6 years</em></a>. Le jeune Noah, donc, s’est pris en photo, chaque jour pendant six ans, a mis les clichés bout à bout, a ajouté une petite musique entêtante, a posté le tout sur YouTube et fait un carton phénoménal. Et pourtant, c’est d’un ennui! En six ans, il s’en passe des choses dans la vie d’un homme. Là, rien. Même pas de vacances, de baiser à sa douce, de sorties avec ses potes, de caresses à son chien. À peine si ses cheveux poussent avant d’être coupés, cycliquement, le tout dans un décor désespérément immuable. Heureusement qu’il en existe une <a href="http://fr.youtube.com/watch?v=i86ijZSDNss&amp;NR=1" target="_blank">parodie</a>! Dans laquelle l’inénarrable Homer Simpson voit défiler les trente-neuf années de sa vie. Et là, il se passe des trucs. La preuve, s’il en fallait, que nous avons besoin, absolument besoin de scénaristes. La question reste toutefois posée pour les cheminots, les postiers, les instituteurs.</span></p>
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		<title>Petit dictionnaire hautement subjectif et vaguement impressionniste de la Réunion</title>
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		<pubDate>Mon, 21 Jan 2008 21:59:40 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[De-ci de-là]]></category>

		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion, fin. 
Anne-Claire et Jordi
Merci !
Bouchons
Il y a les petits bouchons que l’on mange, gros raviolis chinois fourrés à la viande avec parfois (rarement) une pointe de combava (petit fruit vert et bosselé dont le goût se situe quelque part entre le citron vert et le gingembre), ces derniers étant les meilleurs. Et il y [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><strong>La Réunion, fin. </strong></em></p>
<p><span style="font-weight: bold" class="Apple-style-span">Anne-Claire et Jordi</span><br />
Merci !</p>
<p><strong>Bouchons</strong><br />
Il y a les petits bouchons que l’on mange, gros raviolis chinois fourrés à la viande avec parfois (rarement) une pointe de combava (petit fruit vert et bosselé dont le goût se situe quelque part entre le citron vert et le gingembre), ces derniers étant les meilleurs. Et il y a les gros bouchons, quotidiens, sur les routes de l’île. Toujours indigestes.</p>
<p><strong>Cari</strong><br />
Cari poulet, cari bœuf ou cari saucisse, cari zourite (poulpe), cari thon ou espadon, tout est bon dans le cari. Une énorme quantité de riz blanc (barquette grande taille pleine à ras-bord) accompagnée d’une viande ou d’un poisson et de sa sauce plus ou moins relevée. On recommande tout particulièrement Chez Stéphanie, en face du marché de Saint-Leu, testée et aprouvée à plusieurs reprises, et une gargote non identifiée de Grand-Îlet, dans le cirque de Salazie, dont l’excellent bœuf nous a bien aidés dans la descente vers Mafate par le sentier scout.</p>
<p><strong>Climatisation</strong><br />
Omniprésente. Parfois si violente dans les magasins que je me demande comment j’ai pu faire pour ne pas attraper un rhume. Et pourtant, à part dans les bagnoles, on pourrait très bien s&#8217;en passer. Mais ici, la maison «traditionnelle», c’est une case en bois sous un toit de tôle — autant dire pas l’idéal pour se protéger de la chaleur. Et si je mets traditionnelle entre guillemets, c’est en rapport au peuplement tardif de l’île (voir <em>Colonisation</em>), par des Européens pas habitués à ce genre de climat. Car dans tous les autres pays du monde où il fait chaud, il y a une tradition architecturale adaptée et efficace. La climatisation n’est qu’une aberration (pour produire du froid, il faut en effet produire du chaud!) rendue «nécessaire» par l’uniformisation des modes de vie.</p>
<p><strong>Colonisation</strong><br />
Pas de présence humaine sur l&#8217;île avant sa découverte par les Portugais au seizième siècle. La Réunion devient française en 1642 sous le nom d’île Bourbon. Elle est «mise en valeur» et commence à se peupler à partir de cette époque. Du coup, pas de population indigène asservie lors de l&#8217;installation des premiers colons. Ce qui ne les a pas empêchés d&#8217;apporter des esclaves dans leurs bagages (ou plutôt, de les faire porter par eux). Quand on aime asservir son prochain, on trouve toujours une solution…</p>
<p><span style="font-weight: bold" class="Apple-style-span">Courbatures<br />
</span>Pas une. Et pourtant…</p>
<p><strong>Dodo</strong><br />
Dodo-ci, dodo-ça: tout s’appelle Dodo, à La Réunion, et en particulier la bière locale la plus connue, dont le nom de baptême est Bourbon, mais dont le logo représente un dodo, et que l’on surnomme ainsi. Sauf que le Solitaire de la Réunion était un ibis. Le dodo, sorte de grosse dinde de 70 cm de haut à la chair trop savoureuse en rapport à sa vitesse de reproduction, n’a vécu que sur l’île Maurice.</p>
<p><strong>Empreinte écologique</strong><br />
Brmm… vingt mille kilomètres en avion et pas mal en voiture là-bas. Mais je n’ai bu que de la bière brassée sur l’île.</p>
<p><strong>Faune et flore</strong><br />
Distinguer <em>indigène</em> (arrivée là sans intervention humaine), <em>endémique</em> (qui s&#8217;est développée jusqu&#8217;à acquérir des caractéristiques qu&#8217;on ne trouve pas ailleurs) et <em>exotique</em> (apportée par l&#8217;homme).<br />
D&#8217;origine volcanique, jeune (à peine trois millions d&#8217;années), La Réunion n&#8217;a jamais été en contact avec aucune autre terre émergée, contrairement à Madagascar, par exemple, qui s&#8217;est détachée de l&#8217;Afrique. Mais quand l&#8217;homme y a mis le pied pour la première fois au seizième siècle, il y a trouvé une végétation luxuriante et de nombreux oiseaux. Comment sont-ils arrivés là? Par les airs et par les eaux. Pas mal, quand on sait que l’île la plus proche, la toute petite Maurice, est à 150 km. Que Madagascar et l&#8217;Afrique, d&#8217;où proviennent les trois quarts de la flore indigène, sont à 750 et 2000 km. Et que le reste a fait le voyage d&#8217;Asie et d&#8217;Australie. À part ça, il y a encore des gens qui affirment qu&#8217;il suffirait d&#8217;éloigner les cultures OGM de quelques dizaines de mètres des plantations non-OGM pour éviter la transmission des gènes modifiés. On se fout de qui?</p>
<p><strong>Géographie</strong><br />
Extraordinaire. L’ancien volcan, qui culmine à trois mille mètres, et ses contreforts effondrés formant les trois cirques de Mafate, Salazie et Cilaos. Le piton de la Fournaise, sa lunaire plaine des Sables et ses coulées droit dans l’océan. L’océan, le corail à portée de main (on touche avec les yeux, c’est protégé), les poissons multicolores itou. La végétation toujours changeante, la sécheresse et les records de pluie selon le versant où l’on se trouve, la montagne qui se jette dans la mer, la montagne déchiquetée par les éboulements et déchirée par les pluies, les dénivelés qui ne se comptent qu’en centaines de mètres. Les innombrables virages qu’il faut avaler pour relier un point à un autre et, à chacun d’eux, l’émerveillement devant les proportions et les lignes de force du tableau sans cesse recomposé que forme le paysage.</p>
<p><strong>Gouzou</strong><br />
Nom générique donné aux personnages que <a href="http://www.gouzou.net/" target="_blank" title="voir en particulier les rubriques Peinture, Affiche, Expo">Jace</a> graphe un peu partout dans l’île et le reste du monde avec humour et sens de l’à-propos.</p>
<p><strong>Clientélisme</strong><br />
Pour ne pas dire autre chose. Semble tout de même moins répandu que les moustiques.</p>
<p><strong>Paille-en-queue<br />
</strong>Très joli oiseau blanc, rayé de noir sur le dos et dont la queue se termine par deux très longues plumes blanches. Nom scientifique: <a href="http://maryse17.over-blog.net/article-10325053.html" target="_blank" title="Maryse l’a vu"><em>phaethon lepturus</em></a>. Dans <em>Île Bourbon, 1730</em>, Apollo et Trondheim l’appellent plus simplement <em>paille-en-cul</em>.</p>
<p><strong>Pluie</strong><br />
Dans le <em>Routard</em>, on nous prévient que le temps change vite, surtout en montagne. C’est vrai. Il flotte d’un seul coup. Et si dru qu’en quelques minutes, le sentier qui monte au col du Taïbit se transforme en ruisseau de boue.</p>
<p><span style="font-weight: bold" class="Apple-style-span">Requins<br />
</span>Boulottent un surfeur de temps en temps. Dommage qu&#8217;ils ne s&#8217;intéressent pas aux concessionnaires de 4&#215;4.</p>
<p><strong>Route de la mort</strong><br />
Officiellement route du littoral, entre Saint-Denis et La Possession. Inévitable mais construite au pied de la falaise. Friable comme il se doit. On protège donc la route avec de grands filets qui empêchent les oiseaux de nidifier. Mais comme on ne peut pas mettre de filets partout, un caillou tombe de temps en temps sur la route. Un mort pendant notre séjour.</p>
<p><span style="font-weight: bold" class="Apple-style-span">Seb et Jane</span><br />
Merci !</p>
<p><strong>Slogan</strong><br />
Jusqu&#8217;à maintenant, on avait <em>«La Réunion, l&#8217;île intense»</em> et, finalement, c&#8217;était plutôt bien trouvé. Mais <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Verg%C3%A8s" target="_blank">papa Vergès</a> vient de créer un nouveau comité du tourisme, dont son fils a été promu patron. Première tâche: trouver un nouveau slogan publicitaire. En hommage à un grand ami de l&#8217;île, disparu pendant notre séjour, je propose:<br />
— <em>Mais où est-ce que tu pars en vacances, Doudou dis-donc?<br />
— À La Réunion, La Réunion, c&#8217;est bon, c&#8217;est bon!</em></p>
<p><strong>Train</strong><br />
A pu depuis longtemps. Un tram-train enfin en projet entre Saint-Denis et Saint-Paul, mais ce n’est qu’une partie du trajet vers le sud. La solution évidente, ce serait une route en haut de la falaise, couplée avec le train. Mais on touchera plus de subventions si on fait un train en haut et une route en bas, carrément sur la mer. Alors on fera un train en haut et une route en bas.</p>
<p><strong>Zoreils</strong><br />
Nom donné aux blancs de métropole. D’après le <em>Routard</em>, c’est parce que ceux qui débarquent tendent l’oreille pour essayer de saisir le parler créole. D’autres sources disent que les chasseurs d’esclaves marrons (qui s’étaient enfuis dans les hauts de l’île pour échapper à leur condition), ne pouvant ramener les corps entiers de ceux qu’ils avaient massacrés dans les montagnes, se contentaient d’en rapporter les oreilles. Qui dit vrai?</p>
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		<title>Dernier coup de patte</title>
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		<pubDate>Mon, 14 Jan 2008 16:30:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[Journaux]]></category>

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		<description><![CDATA[Sans blague, ce n&#8217;est pas parce que j&#8217;ai la chance d&#8217;écrire dedans depuis presque dix ans: La Griffe est le meilleur journal de l&#8217;ouest! Était. La Griffe vient de déposer le bilan. La fin d&#8217;une belle aventure de presse culturelle libre, indépendante, critique et gratuite. Je n&#8217;ai pas le courage de détailler ici. Tout est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Sans blague, ce n&#8217;est pas parce que j&#8217;ai la chance d&#8217;écrire dedans depuis presque dix ans: <span style="font-style: italic" class="Apple-style-span">La Griffe</span> est le meilleur journal de l&#8217;ouest! Était. <span style="font-style: italic" class="Apple-style-span">La Griffe</span> vient de déposer le bilan. La fin d&#8217;une belle aventure de presse culturelle libre, indépendante, critique et gratuite. Je n&#8217;ai pas le courage de détailler ici. Tout est expliqué sur <a href="http://www.lagriffe.org/" target="_blank">le site internet</a>. Comment on en est arrivé là. Comment on aurait pu s&#8217;en sortir et pourquoi on n&#8217;y est pas arrivé, quelles aides nous ont manqué, de celles qui paraissaient pourtant évidentes. Qu&#8217;il reste un espoir, ténu, si ténu. On peut aussi signer la pétition ou envoyer un <a href="mailto:soutiens@lagriffe.org">message</a> de soutien. Lecteurs, annonceurs, partenaires, amis et collègues, merci.</p>
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		<title>Atterrissage mouvementé</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jan 2008 14:48:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion, 6.
Bon, y a pas que les levers de soleil dans la vie, et cette journée qui a commencé tôt n’est pas terminée. La redescente du Maïdo, tout ce qu’on n’avait pas vu de nuit, la végétation qui change si souvent en fonction de l’altitude. La balade en direction des Trois bassins, mais c’est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><strong>La Réunion, 6.</strong></em></p>
<p>Bon, y a pas que les levers de soleil dans la vie, et cette journée qui a commencé tôt n’est pas terminée. La redescente du Maïdo, tout ce qu’on n’avait pas vu de nuit, la végétation qui change si souvent en fonction de l’altitude. La balade en direction des Trois bassins, mais c’est interdit, alors on n’ose pas aller au bout — certains disent que tout le monde continue à y aller, d’autres que seuls les zoreils continuent à y aller, on n’a donc pas vérifié. Le marché de Saint-Paul sous le cagnard, tous les fruits pas tous aussi bons, un peu d’arnaque et beaucoup de plaisir. Ananas, litchis, lait de coco. Trouvé un bon kayamb pour <a href="http://www.kartoffelkaefig.net/2008/02/20/thomas-29-ans/" title="Thomas, 29 ans" target="_blank">l’anniversaire de Thomas</a> et un autre pour moi, bien discuté avec le vendeur qui m’a appris les mouvements de base. Retrouvailles avec Seb le midi, préparation de notre visite chez lui en fin de séjour. Toujours aussi speed, comment il fait avec cette chaleur? Retour à Saint-Leu, couscous préparé par Manu, et l’on fait connaissance avec Edwige et Christian, qui rentrent de vacances et chez qui nous avons passé la nuit précédente. Mais désolé, on est crevé, au lit.</p>
<p>Souvenir visuel de l’errance du jour: l’héliport de Saint-Paul. La pancarte enjoignant à ne pas bloquer l’accès des secours est en meilleur état que la plate-forme. Pas su où ils se posent vraiment, les hélicos.</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/6%20heliport_T_750-499.jpg" rel="lightbox" title="L’héliport de Saint-Paul. À quand une subvention européenne pour sa remise en état?"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/6%20heliport_T_450-338.jpg" height="338" width="450" /></a></p>
<p><em>NB: Retrouvez <strong><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/la-reunion/" target="_blank">ici</a></strong> le sommaire de tous les billets consacrés à La Réunion.</em></p>
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		<title>Brumes matinales</title>
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		<pubDate>Fri, 11 Jan 2008 05:12:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion, 5.

Je le sais, que c’est le matin et en fin d’après-midi qu’on trouve les lumières les plus photogéniques, surtout en matière de paysages. La fin d’après-midi, j’y arrive parfois. Mais le matin, faut-il avouer que c’est la première fois? La première fois, également, que je me lève si tôt en vacances. Mais bon, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><strong>La Réunion, 5.</strong></em></p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/5%20maido%201_T_750-320.jpg" rel="lightboxMaïdo" title="À droite, le Piton des Neiges, au bout de la chaîne de remparts qui sépare les cirques de Mafate et de Salazie. Il est six heures deux."><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/5%20maido%201_T_450-192.jpg" height="192" width="450" /></a></p>
<p>Je le sais, que c’est le matin et en fin d’après-midi qu’on trouve les lumières les plus photogéniques, surtout en matière de paysages. La fin d’après-midi, j’y arrive parfois. Mais le matin, faut-il avouer que c’est la première fois? La première fois, également, que je me lève si tôt en vacances. Mais bon, on en apprend toute sa vie: qu’à la montagne en général et à La Réunion en particulier, si tu veux voir quelque chose et avoir une chance de rentrer vivant, il faut partir tôt. Avant le lever du soleil. Quelle idée, aussi, d’aller se balader dans des endroits pareils. Pas étonnant qu’autant de peintres aient choisi la Bretagne: quelle que soit l’heure, le ciel change tout le temps. Les pires fainéants y ont leurs chances. Chers lecteurs et trices, il y a des jours où je me sens l’âme d’un peintre plus que d’un photographe. Mais comme la seule technique de production d’images que je maîtrise un tant soit peu est celle dite du «presse-bouton», il a bien fallu se lever.</p>
<p>Debout à quatre heures donc. Et encore, on du bol: Edwige et Christian, qu’on ne connaît même pas, nous prêtent leur maison à Saint-Gilles-les-Hauts. S’il avait fallu partir de Saint-Leu, on aurait dû s’y prendre une heure plus tôt à cause de la route. À quatre heures et demie, la Twingo d’Anne-Claire s’élance, fière et courageuse, sur la route en lacets. À mesure que l’on monte, le ciel bleuit et nous essayons de retenir la nuit, merde, faudrait pas que tant de douleurs aient été consenties en vain. Un coq chante sur le bas-côté à cinq heures dix-huit. Vers la demie, nous pouvons nous garer. Je vérifie le frein à main deux fois. Le parking n’est qu’en pente douce, mais c’est psychologique: j’imagine la voiture deux mille deux cent cinq mètres plus bas, le nez dans le corail.</p>
<p>Le but de l’excursion? Assister au lever du soleil au sommet du Maïdo. Extraordinaire point de vue: face à nous, à dix kilomètres à vol d’oiseau, le Piton des Neiges, trois mille soixante et onze mètres, point culminant de l’île, le volcan aujourd’hui éteint qui lui donna naissance il y a trois petits millions d’années. Entre lui et nous, le cirque de Mafate, encore plongé dans le noir à notre arrivée. Car ouf, nous sommes bien à l’heure. Pile pour voir les premiers du soleil apparaître derrière le Piton des Neiges, lécher le Grand Bénare, puis révéler petit à petit  la majestueuse beauté de Mafate.  Et s’il nous prend l’envie de nous retourner, c’est sur l’océan indien que nous découvrons une perspective à couper le souffle. L’insoutenable morale de cette histoire, c’est que ça valait vraiment, mais alors vraiment vraiment, le coup de se lever à cette heure indue. Je déteste les morales à la fin des histoires.</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/5%20maido%202_T_750-563.jpg" rel="lightboxMaïdo" title="Le cirque de Mafate. Mille mètres de dénivelé. Peut se faire à pied. Il est six heures trente-six."><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/5%20maido%202_T_450-338.jpg" height="338" width="450" /></a></p>
<p><em>NB: Retrouvez <strong><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/la-reunion/" target="_blank">ici</a></strong> le sommaire de tous les billets consacrés à La Réunion.</em></p>
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		<title>La vie en noir et blanc (photos en couleurs)</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Jan 2008 13:59:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion, 4.

Il y a des endroits où il n’est pas besoin de faire des installations d’art contemporain: la nature s’en charge toute seule. Ainsi en est-il de ce haut de falaise, aux environs de la Roche aux oiseaux, à Étang-salé-les-Bains. La lave, noire, et les arbres morts, blanchis par les embruns, créent des compositions [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><strong>La Réunion, 4.</strong></em></p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/4%20arbres%20blancs%201_750.jpg" rel="lightboxarbres blancs"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/4%20arbres%20blancs%201_450-333.jpg" height="333" width="450" /></a></p>
<p>Il y a des endroits où il n’est pas besoin de faire des installations d’art contemporain: la nature s’en charge toute seule. Ainsi en est-il de ce haut de falaise, aux environs de la Roche aux oiseaux, à Étang-salé-les-Bains. La lave, noire, et les arbres morts, blanchis par les embruns, créent des compositions tout à fait étonnantes et très graphiques. Il y aura d’autres photos sur mon compte <a href="http://www.flickr.com/photos/karkaf/" target="_blank">Flickr</a>… dès que je l’aurai mis à jour.</p>
<p><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/4%20arbres%20blancs%202_550.jpg" rel="lightboxarbres blancs"><img src="http://www.kartoffelkaefig.net/Images/lareunion/4%20arbres%20blancs%202_450-450.jpg" height="450" width="450" /></a></p>
<p><em>NB: Retrouvez <strong><a href="http://www.kartoffelkaefig.net/la-reunion/" target="_blank">ici</a></strong> le sommaire de tous les billets consacrés à La Réunion.</em></p>
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		<title>Camaïeu de gris</title>
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		<pubDate>Wed, 09 Jan 2008 13:44:51 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Loïc</dc:creator>
		
		<category><![CDATA[La Réunion]]></category>

		<category><![CDATA[Photo]]></category>

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		<description><![CDATA[La Réunion, 3.
C’est le plein été à La Réunion, et donc également la saison des pluies — et pas encore celle des cyclones, qui devrait commencer après notre départ. L’arrivée, hier matin aux aurores, s’est faite sous un climat typiquement… breton. Crachin, grisaille, petite brise. Le dépaysement, ce sera pour plus tard. Les fortes pluies [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p align="right"><em><strong>La Réunion, 3.</strong></em></p>
<p>C’est le plein été à La Réunion, et donc également la saison des pluies — et pas encore celle des cyclones, qui devrait commencer après notre départ. L’arrivée, hier matin aux aurores, s’est faite sous un climat typiquement… breton. Crachin, grisaille, petite brise. Le dépaysement, ce sera pour plus tard. Les fortes pluies de ces derniers jours empêchant de se rendre dans les hauts, où tous les sentiers ont été fermés, on se balade dans les environs de Saint-Leu avec Anne-Claire, qui nous accueille, et Flo et Denis, qui vont bientôt repartir en métropole après un peu plus de deux ans sur l’île. Céline et moi découvrons les roches noires caractéristiques du volcanisme réunionnais, ainsi que des lieux qui 