Archive pour la catégorie 'Mots'

Dans le potage

Mercredi 26 septembre 2007

Cela fait partie de ces choses que l’on croit savoir, sans jamais avoir vraiment cherché à les vérifier, et à quoi bon, si l’histoire est plaisante? Ainsi donc de la «coquille», joli mot pour faute de frappe. Cette pratique déviante, née chez les typographes du temps jadis, s’est largement répandue chez les journalistes d’aujourd’hui, depuis que ceux-ci composent eux-mêmes leurs textes et que les caractères de plomb ont été définitivement renvoyés au fond de leurs tiroirs. L’étymologie couramment admise de la coquille, et qui se répand d’une génération de plumitif à l’autre, a des origines aussi incertaines que salaces. Dans le compte-rendu, supposément paru au Journal Officiel, d’un débat parlementaire portant sur la taille et l’aspect des œufs de poule proposés à la vente, le «q» du mot «coquille» aurait été oublié. Shocking! Voilà que la République déraille dans le graveleux… mais la monarchie l’avait fait bien avant elle, on en trouvera quelques preuves ici.

De cette généalogie tourmentée, Pierre Desproges avait fait le sujet d’une de ses Chroniques de la haine ordinaire, Boris Vian celui d’une lettre au Collège de ‘Pataphysique. Pareilles références ne sauraient nous induire en erreur! Voire… Le Robert historique de la langue française, sans pourtant émettre de certitude, balaie la gaillarde hypothèse:

«Le sens figuré de «faute d’imprimerie» (1723) s’expliquerait soit par l’ancienne locution vendre ses coquilles «tromper» (en vendant des choses sans valeur), soit par allusion aux fausses coquilles Saint-Jacques de prétendus pèlerins ou, encore, à la forme de certaines lettres retournées; aucune de ces explications n’est sûre.»

Décevant, non?

L’attaque du retour de la revanche des zombies du net

Mercredi 21 mars 2007

L’ami Bart m’apprend un mot – ou plutôt, une expression – : «Zombie Copy». Et comme il faut toujours citer les sources de ses sources, précisons qu’il a piqué le tuyau à un article d’Erin Kissane. La «copie de zombie» (oui, je sais, je me suis pas cassé pour la traduction), c’est tout ce galimatias abracadabrantesquement dépourvu de sens qui a fait le bonheur des managers depuis les années 1980, et qui pourrit aussi le net depuis que ces sales types ont pris le pouvoir au sein de ce «formidable moyen de communication» à propos duquel s’extasient les gazettes, ce qui est un autre débat. Bref, c’est du parler pour ne rien dire. Bart et Erin Kissane donnent bien sûr des exemples en anglais, on peut pas leur en vouloir, nous sommes tous des mondialisés.

Pour porter le débat (et rigoler un peu) dans nos vertes contrées (c’est le printemps!), je vous ai trouvé un joli exemple en français. Tout est tiré du même site.

  • «Notre expertise et notre savoir-faire vous apportent l’éclairage nécessaire pour un choix judicieux et pertinent. Le cahier des charges qui définit le cadre de travail s’établit en étroite collaboration avec le client et l’ensemble des partenaires du projet.»
  • «Les phases de déploiement et d’évaluation s’enchaînent de façon à offrir à tout moment une vision globale d’un résultat toujours parfaitement adapté à son environnement. Une compréhension claire, une réactivité immédiate sont au rendez-vous.»
  • «En un mot, Atlantem met son expérience éprouvée à votre service pour analyser, préconiser, installer des solutions fortes, évolutives et pérennes qui sauront vous séduire.»

Là-dessus, une tisane et au lit. Ou peut-être une aspirine.