Archive pour la catégorie 'La Réunion'

La Réunion, travail en cours

Lundi 5 mai 2008

Holà, cher lecteur ou trice ! N’oublie pas que pendant que tu trimais au bureau, j’étais en vacances à La Réunion. Je raconte ça par petits bouts pour te faire bisquer, en plus y a des photos, et j’en ajoute régulièrement.
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Où est passé mon texte ?

Mercredi 13 février 2008

Ainsi donc les scénaristes étatsuniens, ayant eu gain de cause, cessent-ils leur grève. Dommage que l’audiovisuel public français soit lui-même aujourd’hui en grève: il aurait pu s’en faire l’écho. Nul doute que, comme à l’accoutumée, les bulletins d’info auraient été pleins de commentaires et de micro-trottoirs se félicitant que la prise d’otages ait enfin cessé. Quatorze semaines que cela durait! Plus de talk-shows du soir depuis le déclenchement de la grève le 5 novembre, le tournage de dizaines de séries interrompu, celui de nombreux films retardé, la cérémonie des Golden Globes annulée, celle des Oscars menacée… et, chez nous, dans la France de l’exception culturelle, l’inquiétude: pourrons-nous voir la fin de la saison trois de Prison Break?
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Atterrissage mouvementé

Vendredi 11 janvier 2008

La Réunion, 6.

Bon, y a pas que les levers de soleil dans la vie, et cette journée qui a commencé tôt n’est pas terminée. La redescente du Maïdo, tout ce qu’on n’avait pas vu de nuit, la végétation qui change si souvent en fonction de l’altitude. La balade en direction des Trois bassins, mais c’est interdit, alors on n’ose pas aller au bout — certains disent que tout le monde continue à y aller, d’autres que seuls les zoreils continuent à y aller, on n’a donc pas vérifié. Le marché de Saint-Paul sous le cagnard, tous les fruits pas tous aussi bons, un peu d’arnaque et beaucoup de plaisir. Ananas, litchis, lait de coco. Trouvé un bon kayamb pour l’anniversaire de Thomas et un autre pour moi, bien discuté avec le vendeur qui m’a appris les mouvements de base. Retrouvailles avec Seb le midi, préparation de notre visite chez lui en fin de séjour. Toujours aussi speed, comment il fait avec cette chaleur? Retour à Saint-Leu, couscous préparé par Manu, et l’on fait connaissance avec Edwige et Christian, qui rentrent de vacances et chez qui nous avons passé la nuit précédente. Mais désolé, on est crevé, au lit.

Souvenir visuel de l’errance du jour: l’héliport de Saint-Paul. La pancarte enjoignant à ne pas bloquer l’accès des secours est en meilleur état que la plate-forme. Pas su où ils se posent vraiment, les hélicos.

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Brumes matinales

Vendredi 11 janvier 2008

La Réunion, 5.

Je le sais, que c’est le matin et en fin d’après-midi qu’on trouve les lumières les plus photogéniques, surtout en matière de paysages. La fin d’après-midi, j’y arrive parfois. Mais le matin, faut-il avouer que c’est la première fois? La première fois, également, que je me lève si tôt en vacances. Mais bon, on en apprend toute sa vie: qu’à la montagne en général et à La Réunion en particulier, si tu veux voir quelque chose et avoir une chance de rentrer vivant, il faut partir tôt. Avant le lever du soleil. Quelle idée, aussi, d’aller se balader dans des endroits pareils. Pas étonnant qu’autant de peintres aient choisi la Bretagne: quelle que soit l’heure, le ciel change tout le temps. Les pires fainéants y ont leurs chances. Chers lecteurs et trices, il y a des jours où je me sens l’âme d’un peintre plus que d’un photographe. Mais comme la seule technique de production d’images que je maîtrise un tant soit peu est celle dite du «presse-bouton», il a bien fallu se lever.

Debout à quatre heures donc. Et encore, on du bol: Edwige et Christian, qu’on ne connaît même pas, nous prêtent leur maison à Saint-Gilles-les-Hauts. S’il avait fallu partir de Saint-Leu, on aurait dû s’y prendre une heure plus tôt à cause de la route. À quatre heures et demie, la Twingo d’Anne-Claire s’élance, fière et courageuse, sur la route en lacets. À mesure que l’on monte, le ciel bleuit et nous essayons de retenir la nuit, merde, faudrait pas que tant de douleurs aient été consenties en vain. Un coq chante sur le bas-côté à cinq heures dix-huit. Vers la demie, nous pouvons nous garer. Je vérifie le frein à main deux fois. Le parking n’est qu’en pente douce, mais c’est psychologique: j’imagine la voiture deux mille deux cent cinq mètres plus bas, le nez dans le corail.

Le but de l’excursion? Assister au lever du soleil au sommet du Maïdo. Extraordinaire point de vue: face à nous, à dix kilomètres à vol d’oiseau, le Piton des Neiges, trois mille soixante et onze mètres, point culminant de l’île, le volcan aujourd’hui éteint qui lui donna naissance il y a trois petits millions d’années. Entre lui et nous, le cirque de Mafate, encore plongé dans le noir à notre arrivée. Car ouf, nous sommes bien à l’heure. Pile pour voir les premiers du soleil apparaître derrière le Piton des Neiges, lécher le Grand Bénare, puis révéler petit à petit la majestueuse beauté de Mafate. Et s’il nous prend l’envie de nous retourner, c’est sur l’océan indien que nous découvrons une perspective à couper le souffle. L’insoutenable morale de cette histoire, c’est que ça valait vraiment, mais alors vraiment vraiment, le coup de se lever à cette heure indue. Je déteste les morales à la fin des histoires.

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