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Ky à Billiers

Samedi 27 mai 2006

FH000010_main karkaf.JPGDeux heures de route en compagnie de ma maman. Moment rare. Quitter un des premiers grands beaux costarmoricains pour la grisaille du sud du Morbihan. Arrivée à Billiers vers 12h20, soit dix minutes avant le début officiel du premier festival Zic o’bourg. La belle idée d’un groupe d’habitants de ce petit village: des concerts toute la journée, uniquement dans des jardins privés, afin que les gens se rencontrent, et la fête finale dans un pré avec l’Orchestre international billiotin rassemblant l’ensemble des musiciens. Avouons-le tout de suite: c’est pour les deux premières heures que j’étais là, d’autres sirènes m’attirant vers Lannion pour la soirée.

Idée sympa, disions-nous donc, mais organisation balbutiante. Difficile de trouver un programme, difficile de trouver chez Véronique, là où Ky doit jouer à 12h30. On finit tout de même par y arriver, grâce à la bienveillance d’accueillants autochtones. Un beau jardin, joliment décoré de figures de papier mâché, un drap blanc en fond de scène, d’excellentes patates au lard, un grand arbre sous lequel s’asseoir en attendant le début — non, ce n’est pas retardé, il y a juste un changement de programme et c’est un duo guitare-mandoline qui ouvre. Ensuite, c’est Ky et ses avatars.

En prem’s, Thomas Ballarini et ses moules. La joie de découvrir mon frère en show-man, entre invocations nasales, percussions méditatives, saynètes rythmiques et human beat box prédicateur. Mais sans moules: c’était un malentendu. Un quart d’heure de folie pas que douce qui fait espérer d’heureux développements à cette première. Il n’y a que le passage au didgeridoo qui fut moins convaincant: essoufflé par ses courses en tous sens et pas très à l’aise, Thomas n’a pu que transformer en baisse de régime ce qui aurait dû être un changement d’ambiance enrichissant le tout.

Ensuite, Maki accompagnait un, puis deux jongleurs au saxophone. Une partie moins originale, surtout parce que les jongleurs n’étaient pas au top.

Et enfin, Ky soi-même. Environ une heure de musique improvisée, subtile et dynamique. Dont un très beau passage autour de la Première gymnopédie d’Erik Satie. En parallèle à son travail d’improvisation habituel, Ky travaille en ce moment sur le répertoire de Satie, à la fois sur des reprises et la composition, «à la manière de», de Sports et divertissements de notre temps. L’aperçu donné à Billiers fait saliver. Je n’avais réussi jusque-là à voir Ky que pendant un quart d’heure dans un bar parisien, et je ne regrette pas d’avoir fait le déplacement. La qualité d’écoute dont a bénéficié le groupe, de la part d’un public non averti (dans le sens où il ne savait pas à quoi s’attendre) est aussi un signe doublement encourageant: oui, Ky a un bel avenir devant lui; et oui, la musique improvisée plaît aux gens!

Un premier lot de photos est visible sur flickr. Les noir et blanc suivent dès qu’elles sont développées.