Le temps qu’il fait
Mercredi 18 juillet 2007Il fait trente-cinq degrés à Avignon. Marie-Odile et Roland, qui nous y accueillent tout aussi chaleureusement, n’y peuvent rien: je fonds au soleil. Ceci dit, la vie est bien remplie: une piscine pleine d’enfants, un lit plein d’oreillers, ah, et puis du théâtre. Dinozord: the dialogue series III, de Faustin Linyekula: des longueurs (j’ai dormi, on va dire que c’est la fatigue) et de très beaux moments. Ubu Roi, Alfred Jarry mis en scène par Alain Timar: un peu criard mais fort réjouissant. 4.48 Psychose, Sarah Kane mise en scène par Pierre Foviau: recours étonnant mais pertinent au clown pour interpréter ce texte terrible — mais qui ne manque pas d’humour — sur le suicide et la dépression.
Aujourd’hui: pause dans le théâtre, petit voyage à Arles pour une chouette expo d’Ousmane Sow, puis un tour aux Rencontres photographiques: rétrospective d’Alberto Garcia-Alix, ou l’Espagne vue du côté underground; soixantième anniversaire de l’agence Magnum; panorama des photographes indiens contemporains et Terrains d’entente, dix photographes confrontés au paysage. Très haut niveau pour les deux premières, le reste assez mitigé. Ça suffira bien pour aujourd’hui. On se presse pour attraper le train du retour. Je meurs de chaud. Vivement la piscine!
Pendant ce temps, il fait trente degrés au Japon. Dans ses mails, Thomas nous parle de sources thermales, de temples, d’os humains, de musique et de rencontres. Et d’actualité. Ky a échappé à deux tremblements de terre, qui ont fait dix morts, un millier de blessés, détruit des centaines d’habitations, et provoqué un accident à la centrale nucléaire de Kashiwazaki-Kariwa. D’abord il n’y avait rien. Puis une fuite d’eau radioactive que les autorités annoncèrent évidemment sans gravité. Ce matin, on apprenait que le maire de la ville a décidé de fermer la centrale jusqu’à ce que la sécurité soit assurée. Et ce soir, on peut lire sur le site du Monde qu’en fait, une cinquantaine de dysfonctionnements ont été causés par le séisme, dont la chute d’une centaine de fûts de déchets, certains s’étant ouverts, ainsi que le dégagement de gaz radioactifs dans l’atmosphère. Mais le nuage s’est certainement arrêté à la sortie de la centrale, car il avait oublié sa carte de pointeuse au vestiaire. Bref, faut pas s’inquiéter. Il y a plus grave ailleurs. Je meurs de chaud, et, dans mes tongs toutes neuves, mes orteils se crispent encore trop souvent — ça me fait une démarche un peu bancale et tout le monde me regarde.
