Archive pour la catégorie 'Journaux'

Où est passé mon texte ?

Mercredi 13 février 2008

Ainsi donc les scénaristes étatsuniens, ayant eu gain de cause, cessent-ils leur grève. Dommage que l’audiovisuel public français soit lui-même aujourd’hui en grève: il aurait pu s’en faire l’écho. Nul doute que, comme à l’accoutumée, les bulletins d’info auraient été pleins de commentaires et de micro-trottoirs se félicitant que la prise d’otages ait enfin cessé. Quatorze semaines que cela durait! Plus de talk-shows du soir depuis le déclenchement de la grève le 5 novembre, le tournage de dizaines de séries interrompu, celui de nombreux films retardé, la cérémonie des Golden Globes annulée, celle des Oscars menacée… et, chez nous, dans la France de l’exception culturelle, l’inquiétude: pourrons-nous voir la fin de la saison trois de Prison Break?
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Dernier coup de patte

Lundi 14 janvier 2008

Sans blague, ce n’est pas parce que j’ai la chance d’écrire dedans depuis presque dix ans: La Griffe est le meilleur journal de l’ouest! Était. La Griffe vient de déposer le bilan. La fin d’une belle aventure de presse culturelle libre, indépendante, critique et gratuite. Je n’ai pas le courage de détailler ici. Tout est expliqué sur le site internet. Comment on en est arrivé là. Comment on aurait pu s’en sortir et pourquoi on n’y est pas arrivé, quelles aides nous ont manqué, de celles qui paraissaient pourtant évidentes. Qu’il reste un espoir, ténu, si ténu. On peut aussi signer la pétition ou envoyer un message de soutien. Lecteurs, annonceurs, partenaires, amis et collègues, merci.

Saint-Brieuc-les-Choux

Mardi 18 décembre 2007

— Bonjour, je suis journaliste à La Griffe, est-ce que je pourrais avoir un dossier de presse sur l’exposition?

[elle regarde dans son étagère, trouve le dossier de presse et se ravise]

Attendez, il faut que je demande à la directrice, parce que je peux rien vous donner sans autorisation. Je pense qu’il y aura pas de problème, mais il faut que je demande.

[elle compose le numéro — un temps]

Ah, elle n’est pas encore arrivée.

[elle raccroche et compose un autre numéro]

Je vais demander à Michel. Allô, Michel? J’ai un journaliste de La Griffe, là, il veut un dossier de presse. Je peux lui en donner un? Il y a pas de problème? On n’aura pas de problème? Bon.

[elle raccroche et me tend le dossier de presse]

Vieilles recettes

Mardi 16 octobre 2007

Et si on disait un peu de mal des journaux? On s’est payé Ouest-France l’autre jour, ayons donc un peu d’ambition et attaquons-nous à plus prestigieux. Le Monde, tiens. J’achète Le Monde le dimanche parce que je collectionne leurs DVD de grands films à pas cher — même si ça a bien augmenté récemment, vu qu’en plus du film, ils nous refilent désormais une biographie complète du réalisateur. L’autre dimanche, le 7 octobre, y avait Rusty James et, donc, la bio de Francis Ford Coppola. L’annonce de ce bonus occupait la partie droite de la une. À gauche, un titre sur l’affaire politico-économique du moment: «EADS: Mme Lagarde ordonne une enquête sur le rôle de l’Etat». Et au milieu, une superbe et poignante photo, gros plan en contre-plongée sur un beau visage de femme, lumière divine, yeux fermés et larme qui coule le long de joue. Ç’aurait été une statue ou un tableau qu’on se serait cru dans un musée, en train d’admirer une pietà. Mais cette femme-là ne portait pas la douleur consécutive à la crucifixion de son illégitime rejeton. Elle était elle-même le Christ — visuellement parlant, s’entend. Les faits plaident moins en sa faveur: Marion Jones s’est dopée, elle a triché pour remporter ses médailles olympiques, elle a mis le temps à l’avouer, mais elle le fait en écrasant une larme: «C’est avec une grande honte que devant vous je peux vous dire que j’ai trahi votre confiance.» La syntaxe est approximative, mais le sentiment est bien chrétien, sortez vos mouchoirs.
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