Archive pour la catégorie 'De-ci de-là'

Changer de point de vue

Mercredi 21 mai 2008

Aujourd’hui 21 mai, c’est le premier Dvorak Day. En souvenir du 21 mai 1932, jour où Augustin Dvorak, lointain parent américain du compositeur tchèque Antonin, déposa le brevet de son «clavier simplifié» destiné à améliorer la vitesse et le confort de frappe des dactylographes. À l’époque, tout le monde utilisait déjà la disposition Qwerty depuis longtemps: la première machine à écrire fonctionnelle pour le grand public a été commercialisée par Remington en 1873. Le clavier Qwerty a ensuit été adapté : Azerty en France, Qwertz en Allemagne et en Suisse, etc. Pour ceux qui se sont toujours demandés pourquoi les touches s’étaient retrouvées dans cet ordre, la réponse est simple : par hasard.
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Où va se nicher la bête

Mardi 20 mai 2008

L’autre jour, en faisant la queue à la poste, je découvre un truc marrant, quoiqu’un peu cher: la possibilité de créer ses propres timbres personnalisés via un site internet dédié. MonTimbraMoi, qu’ils appellent ça, et ça coûte 12€ pour 10 timbres classiques. Bon, pourquoi pas ? (évidemment, ça va vite devenir un support de pube pour les entreprises et peut-être me sortir rapidement par les trous de nez, que j’ai pourtant profonds, mais en attendant, je me dis que ça peut servir pour une occasion particulière — avant, j’aimais bien dessiner sur les enveloppes, mais maintenant, je suis devenu feignant, ou alors j’écris moins, ou les deux, enfin bref).

Ce matin, en parcourant le site de mon journal allemand préféré, j’ai nommé la tageszeitung de Berlin, je découvre que ce système existe aussi chez nos amis teutons. Là-bas, ça s’appelle Plusbrief Individuell, et c’est plus cher (36€ les 20), mais on a carrément l’enveloppe et le timbre personnalisés. Surtout, j’apprends que les petits Français ont été dépassés par leurs voisins en matière de créativité philatélique, et de quelle manière. Un groupuscule néonazi a en effet fait imprimer des timbres à l’effigie de Rudolf Hess, un des adjoints les plus proches d’Hitler, martyr des néonazis depuis son suicide dans la prison de Berlin-Spandau en 1987.

N’y a-t-il donc pas de contrôle? Que si, nous assurent les responsables de la Deutsche Post, mais on ne peut pas tout contrôler, voyez-vous. Y a-t-il eu d’autres cas de révisionnisme philatélique? On nous assure qu’il ne s’agit que de vingt timbres, suffisants toutefois pour qu’un journal néonazi se félicite de cette nouvelle opportunité offerte «à ceux qui s’intéressent à l’histoire». Mais c’est difficile à dire: une croix gammée ne passera bien sûr pas, mais le journaliste cite d’autres motifs plus difficilement repérables, comme des photos de dignitaires nazis alors qu’ils étaient enfants, ou des codes de lettres et de chiffres dont les néonazis sont friands. Combien de temps avant que ça n’arrive en France?

Dosette attitude

Mardi 15 avril 2008

Nous avons bien essayé, mais rien n’y a fait: notre chat n’aime ni la pâtée, ni les croquettes bio que l’on peut trouver à Saint-Brieuc. Et comme nous achetons les croquettes en paquet super-familial (7,5 kg), pas le choix: il nous faut, régulièrement, nous rendre dans un quelconque hypermarché, que nous parvenons autrement à éviter, pour refaire des provisions. Cela nous permet de rester en contact avec la vie «normale» que décrit la tévé — néons, déshumanisation, promotions — et puis on peut se rendre compte des «progrès» réalisés par nos dealers. Cet après-midi à Carrefour, par exemple, exposition sur le développement durable avec quizz pour savoir où l’on en est, logo du WWF, et affichage des actions du géant de la tête de gondole: promesse de réduction, en deux ans, de 10% de ses dépenses d’énergie, et présence, dès aujourd’hui, de 140 produits du commerce équitable dans les rayons. 140 produits… quand on sait qu’un hypermarché dispose d’au moins 25 000 références, pour les plus petits, et que les monstres qui font la fierté du secteur peuvent monter à plus de 100 000. Et puis 140 produits de quel commerce équitable? Comment croire que la grande distribution, qui exploite ses employés de la façon la plus vile (flicage, temps partiel subi, etc.) et pressure ses fournisseurs à coups de marges arrières, a vraiment la volonté de soutenir le commerce équitable, qui prône une juste rémunération des producteurs?

Bref, ça me fatigue, les hypers. Et avec ce rhume qui s’installe, j’en avais presque des vertiges. Après le passage en caisse, révélateur de l’exploitation décrite plus haut (la caissière avait fait passer douze packs de lait au lieu de douze bouteilles, et comme la somme à annuler était trop importante au regard du montant de ma note, elle avait besoin de sa chef et de sa clé magique pour rectifier le tir: son angoisse devant la baisse de rythme de sa caisse se lisait dans ses yeux et dans sa façon de se gratter compulsivement l’avant-bras), je décide donc de m’offrir une crêpe au sucre dans le nouvel espace snack Carrefour. La cliente précédente avait pris un café. Pendant que ma crêpe chauffe, le serveur vide le marc de café de la machine. Mais il ne fait pas comme tous les garçons de café du monde, qui ouvrent un tiroir, tapent d’un coup sec le contenant dessus avant d’aller le visser sur l’embout de la machine qui distribue le café fraîchement moulu. Non. Il met la dosette à la poubelle. J’hallucine! Les machines à café de bistrot se mettent aussi aux dosettes! En payant, je demande confirmation.

«Dites, je n’ai pas rêvé, la machine à café, c’est bien une machine à dosettes?
— Oui, c’est bien fait, hein?
— Euh…
— Pour nous, c’est plus pratique
[1]
— Mais c’est dommage pour l’environnement.
— Ah, c’est le progrès!»

[1]: après réflexion, j’en doute: il faut extraire chaque dosette de son emballage individuel, opération qui n’existait pas auparavant, et à la fin la prendre dans ses doigts pour la jeter.

Et le vainqueur est…

Lundi 14 avril 2008

C’est la deuxième fois que je suis juré pour un concours. La première, c’était il y a pas loin de dix ans, pour le Prix universitaire de la nouvelle, organisé par le Crous de l’académie de Rennes. Il devait y avoir une quinzaine de nouvelles à lire, et le jour de la délibération, très stressé, car il y avait des gens qui s’y connaissaient bien mieux que moi en littérature, moi qui avais été fort justement recalé au concours de l’année précédente et qui avais donc bien fait de ne pas participer à celui-ci. En plus il y avait Stéphane Corcoral dans le jury, un des fondateurs de L’Œil électrique, ce fantastique magazine culturel éclectique que personne n’a fait mieux depuis, et moi, rédacteur débutant à La Griffe, pas encore sûr de parvenir à faire du journalisme mon métier, mais sur la voie tout de même.
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