Archive pour la catégorie 'Compète'

Toutes des p…

Mardi 4 décembre 2007

La coupe du monde de handball féminin a commencé il y a deux jours et, puisque vous me le demandez, je vous le dis spontanément, tout va bien pour l’équipe de France qui, ayant brillamment remporté ses deux premiers matches, est bien partie pour se qualifier pour le deuxième tour. À Saint-Brieuc, on a de la chance: la ville accueille un des quatre groupes du premier tour. Pas celui de la France, faut quand même pas déconner, mais bon, y a que quatre groupes et on en a un, nananère.

Du coup, on a droit, un peu partout en ville et alentour, aux affiches promotionnelles du bazar, histoire de donner envie au pékin du coin d’aller reluquer des nanas en short qui s’agitent en poussant de petits cris. Car si le handball n’est pas le tennis, ce que l’on perd en qualité (les jupes qui se soulèvent toutes seules), est largement compensé par la quantité (il y a beaucoup plus de filles sur le terrain).

Je me laisse aller? Le comité organisateur, lui, assume. Sur l’affiche officielle de la noble compétition, il a fait mettre une photo simple à comprendre et de bon goût. Plan serré de trois-quarts arrière du bas d’une paire de gambettes, des pieds jusqu’au milieu des mollets. Le pied droit est chaussé d’une basket bleue rayée de blanc et porte une chaussette blanche. Talon levé, pointe au sol: le fauve est prêt à bondir.

Le pied gauche évoque autre chose. Il est en effet équipé d’un escarpin de cuir rouge à talon aiguille, avec une bride faisant le tour de la cheville. Un must. Comme le foot des gars, le hand des filles est un sport collectif, où ce qui compte, c’est la camaraderie et le fair-play, l’esprit d’équipe et le respect de la personne humaine. Sans compter qu’en plus, on y exalte les «valeurs féminines».

Le bétail humain

Vendredi 9 juin 2006

Il y a quarante-cinq jours, Raymond Domenech, l’homme qui a eu beaucoup de mal à trouver des petits gars pour jouer au ballon, était l’invité de France Inter dans une de ces matinales censées nous apporter son lot de scoops. Il n’en fut rien ce matin-là, soit que la liste des petits gars ne fut pas prête, soit qu’il ne voulut point la livrer – on peut lire une partie de son ahurissant échange avec Pierre Weill dans Le Tigre, page trois du numéro huit.

Par contre, l’homme s’offusqua d’une pratique que l’on annonce majeure autour des stades allemands au cours du mois qui vient: l’importation de jeunes filles de l’est et d’ailleurs destinées à servir d’en-cas ou de pousse-café à de joyeux supporteurs. Ce que Raymond ne supporte pas, c’est que l’on traite ces dames comme du «bétail humain».

Dans son monde à lui, ça ne viendrait à l’idée de quiconque de vendre ou d’acheter des êtres humains, de les attirer vers les eldorados occidentaux avec de fausses promesses avant de les abandonner dans des banlieues sordides, d’alimenter le circuit en accordant des salaires princiers à quelques comètes qui font rêver tous les autres. Dans son monde à lui, on joue au ballon, et ce n’est qu’un jeu.