La guerre sans fin

Sonné par le discours de François Hollande tout-à-l’heure. On va modifier la constitution pour quoi ?

Guerre. Éradication. Guerre. Répression. Guerre. Déchéance de nationalité. Guerre. Fermeture des frontières européennes. Guerre. Expulsions. Guerre. Guerre. Guerre.

Rien sur les causes : ni sur les responsabilités de la France et de l’Europe dans le délitement du Moyen-orient, ni sur ce qui pousse, aujourd’hui, de jeunes Français à partir pour le djihad.

Comme seule réponse, la guerre encore et la guerre toujours.

Comme si la promesse de l’éradication de Daech par les bombes pouvait être tenue.
Comme s’il suffisait — sordide calcul — de doubler Sarkozy sur sa droite pour sauver la peau du PS aux régionales, et peut-être aussi à la présidentielle.

La stratégie de la guerre sera un échec. Il y aura de nouveaux attentats. Et le PS portera une responsabilité historique, celle de s’être engagé à corps perdu sur une pente droitière qui ne peut que profiter au Front national. Car si ces mesures-là ne suffisent pas — et elles ne suffiront pas —, il en faudra d’autres, toujours plus répressives et régressives, toujours plus éloignées de ce qui devrait être le référentiel des «socialistes», et toujours plus proches de l’autoritarisme, de la surveillance et de la répression généralisée.

Monsieur le président de la République, tu viens de faire une grosse, une énorme, une historique erreur. Mais soyons heureux. Nous allons rejoindre notre grand-frère étatsunien, qui n’en peut plus de l’alimenter depuis quinze ans, la guerre contre le terrorisme. La guerre infinie.

5 Commentaires

  1. Anne-Martine VUILLEM
    Publié le 17 novembre 2015 à 19:12 | Permalien

    Je viens de faire un effort bien au-delà de l’équilibre de mes neurones, de mes émotions, de mes valeurs pour écouter le type qui est à l’Elysée. Le “Docteur Folamour” était plus drôle.
    Lui est en guerre. Pas moi quand il “oublie” le principal moyen de combattre Daech : lui couper ses circuits financiers. Entre autre. Il a ouvert toutes les dérives aux uniformes de toutes les couleurs qui n’attendent que ça dans leur majorité. En renforçant le corpus de lois, de textes dans le sens répressif, il tourne le dos aux valeurs de la République française qu’il a mise en exergue auparavant. Ce qui ne mange pas de pain puisque ce sont des mots.
    Les défenses de l’humaine condition viennent finalement de la société civile. A lire ici ou ailleurs.

  2. Anne-Martine VUILLEM
    Publié le 18 novembre 2015 à 22:51 | Permalien

    Je viens de lire ton post sur ton blog pro. Nous venons d’avoir une longue discussion avec Hervé où nous sommes arrivés aux mêmes raisonnement et conclusion : que la guerre et la dérive sécuritaire qui en découle ne saurons masquer longtemps l’opposition entre une jeunesse intellectuellement nantie et socialement intégrée et une autre désespérée, abandonnée, socialement “désintégrée”. Ce n’est pas de leur responsabilité qu’elles s’opposent mais de l’irresponsabilité et de l’impéritie de l’état dans toutes ses composantes.
    Bons débats hier sur Médiapart. En particulier dans la seconde partie. Je n’ai pas eu le temps de voir la troisième. Une prof d’histoire et de sciences de l’éducation, un avocat d’origine arabe, un Français passé par Guantanamo. A écouter….

    • Publié le 20 novembre 2015 à 13:38 | Permalien

      Je n’ai vu qu’une partie de la troisième (on n’a pas le même rythme !), et c’était aussi très intéressant.

      Je reste effaré par le décalage entre d’un côté les sentiments et la pensée facilement accessibles ces jours-ci dans les médias et les réseaux sociaux, et de l’autre les décisions bravaches, dangereuses et inutiles prises par les politiques (dont le Front de gauche qui vote l’état d’urgence comme un seul homme !). Mais cela va bien avec cette «désintégration» dont tu parles. Une part de plus en plus importante de la population est devenue invisible aux dirigeants et c’est dramatique.

  3. Anne-Martine VUILLEM
    Publié le 20 novembre 2015 à 19:45 | Permalien

    Ne pas rater cette semaine dans Politis l’interview de Nacira Guénif intitulée La mécanique de la désespérance. Elle est intervenue il y peu dans Là-bas si j’y suis dans l’émission que Mermet a faite à propos de la marche pour la dignité. Je l’avais déjà trouvée d’une grande clarté et n’ayant pas peur d’appeler un chat un chat et sans hausser le ton.

  4. Vuillemot Claude
    Publié le 23 novembre 2015 à 10:33 | Permalien

    Après “Bling,Bling” nous avons “Blag, Blag” = changement dans la continuité. Heureusement il y a Politis, ceux qui s’expriment via
    Médiapart,ceux qui manifestent Place de la République où ailleurs. Nulle part un mot de haine, rien qu’un appel au vivre ensemble.
    A nous de construire ce “vivre ensemble”. Le moment est arrivé. Il n’y a que le peuple martyrisé que nous sommes devenus qui
    peut nous sortir de cet océan nauséabond de décisions plus merdiques les unes que les autres. Nous y arriverons, mais il y aura
    des dégâts. COURAGE.

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