Le grand chemin

Il y a les jours où tu chéris tes amis. Les jours où les rires des enfants — pas seulement les tiens — te remplissent de bonheur. Où la douceur d’une famille aimante te fait te sentir plus fort. Limite invicible. Les jours où tu rentres crevé du boulot, tout le monde est déjà couché, tu as encore trois heures de travail devant toi. Ça tombe bien, tout le monde est couché.

Il y a ces deux heures passées au parc tous ensemble, qui ne rattrapent pas les absences, mais si intenses dans leur simplicité qu’elles rendent le reste à la fois plus supportable, et plus digne de combat contre ses excès. Il y a aussi les satisfactions au travail, parfois grandes, et les frustrations, tensions et arrachages de cheveu qui en sont le revers. Bulles de vie, hauts et bas, chemin escarpé. Embûches, douleurs, doutes: perdre un grand-père, perdre un collègue, perdre un ami. Ras-le-bol des enterrements.

En fond sonore, il y a la radio. Où l’on promet changements, assure maintien du cap, annonce retour. Où l’on dissimule mal la dévorante ambition personnelle sous le masque de l’intérêt général. Ça fait longtemps que ces gens-là n’ont pas passé deux heures au parc sous le soleil. Bien longtemps. Franchement, vous n’avez pas honte?

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