À quelle heure passe le bus ?

Arrivée à Istanbul : c’était le dimanche 16 septembre. Un vol de Pegasus Airlines d’Orly à Sabiha Gökçen[1], arrivée à 18h55. Ce sont mes premiers pas en Asie, mais le séjour est de courte durée. Après avoir retiré de l’argent et m’être fait plumer pour une carte SIM trop chère, je monte dans la navette Havataş qui doit me ramener en Europe, place Taksim précisément. C’est le premier mode de transport que j’emprunte à Istanbul, et c’est le premier billet que je consacre aux façons de se déplacer dans cette ville.

Les navettes aéroport-Taksim (quel que soit l’aéroport, on arrive à Taksim, centre de la ville « moderne ») ont ceci de pratique qu’elles sont rapides, abordables et directes. Elles sont également faciles à trouver, et à comprendre. Ce qui n’est pas nécessairement le cas des bus. Qui sont certes rapides (sauf dans les embouteillages), pas chers (1,95 TL le trajet avec une Istanbulkart qui n’en coûte que 7) et faciles à trouver (plus de 400 lignes : il y en a partout). Mais les bus sont loin d’être toujours directs et, surtout, ils ne pas évidents à comprendre. Tu peux d’ailleurs chercher un plan de bus… à part le site officiel, qui propose une carte à l’ergonomie discutable, rien n’existe en bon vieux papier. Si tu n’as pas de smartphone connecté à internet, il faut prendre tes précautions et imprimer ce que tu estimes nécessaire et que tu auras pu consulter un jour où le site n’est pas buggué — ces jours-là, il place les arrêts de bus au milieu du Bosphore et non, ça n’aide pas beaucoup.

Sinon, tu apprends à faire comme on fait ici : tu connais par expérience les lignes qui te servent. Tu te places à un arrêt, où ne figure en général aucune indication, ni liste de bus ni horaires de passage, qu’on ne trouve qu’aux terminus. Tu observes les bus qui arrivent. S’ils portent un numéro que tu sais correspondre à ta destination, ou s’ils indiquent un quartier vers lequel tu te diriges, tu montes. Cela peut être sportif, surtout aux heures où la circulation est fluide. Si personne, à l’intérieur, n’a demandé l’arrêt, alors le bus ne ralentit pas, et c’est à toi de lire vite et de faire signe au chauffeur. Malheur aux myopes, car sur les vieux bus, ce n’est pas écrit très gros…

Ensuite, dans le bus, ben on est dans le bus. Parfois bondé, parfois pas. Parfois le bus roule au pas, ce qui permet au chauffeur de boire son thé, de téléphoner ou de s’allumer une cigarette. Lors de mon premier trajet, il téléphonait. Lors du troisième, il fumait — soufflant la fumée par la fenêtre ouverte. Lors du quatrième, il téléphonait avec l’appareil coincé entre l’épaule et l’oreille, car ses mains étaient occupées à remplir un calepin. Nous étions sur une avenue à quatre voies, dans un grand virage, en train de changer de voie et de s’engager sur une autre avenue. Tout s’est très bien passé. J’ai depuis pris le bus à de nombreuses reprises et n’ai pas encore revu de chauffeur téléphoner. Faut se méfier des premières impressions. Quoique ?

Quand le bus ne roule pas au pas, il peut aller très vite. Par exemple sur Cırağan Caddesi, l’avenue sur laquelle est située l’université. Début de soirée, route dégagée. Il y a trois voies, dont celle du milieu change de sens suivant les heures de la journée. À certains moments, comme c’était justement le cas, elle peut être empruntée par les deux sens de circulation. Chauffeur pressé, voie centrale apparemment libre : il se déporte, fonce et double toutes les voitures qu’il peut. En face, on s’écarte. Jusqu’à ce qu’une file d’automobiles s’annonce et que ce soit au bus de se rabattre. Alors le chauffeur pile. Crissement de pneus, tout le monde s’accroche, personne ne bronche, et le bus se range. Autant il est possible, lorsque la circulation est dense, de demander à descendre n’importe où — même en plein milieu d’un boulevard —, autant cette fois-là restera certainement celle où j’ai remonté Cırağan Caddesi le plus vite. Pas besoin d’avoir une Ferrari pour faire des pointes de vitesse. Prenez le bus, c’est moins cher et plus solide.

  1. En Turquie je ne sais pas, mais à Istanbul c’est certain : Atatürk est partout. Et si tu n’atterris pas à l’aéroport qui porte son nom, celui qui est situé sur la rive européenne de la ville, tu atterris rive anatolienne, sur un aéroport qui porte le nom de sa fille adoptive. []

Un commentaire

  1. Ninette
    Publié le 22 octobre 2012 à 17:24 | Permalien

    Eh ben dis donc c’est du vrai sport de prendre le bus et il ne faut pas être cardiaque! Bon courage mon petit! Il paraît que cette semaine tu auras un peu de temps à toi , alors passez ensemble plein de moments de bonheur. Quelle est la réaction de Gaspard?
    Ah ce que j’aimerais le voir et l’entendre.
    Comment est le temps en Turquie? Ici, depuis 5 jours nous avons un soleil radieux après des matinées très brouillasseuses.
    Nous allons , disons, bien. Léo sera reçu demain à la mairie de Belfort….. on verra.
    Plein d’énormes bisous à vous partager

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