Maurice

Montréal vu du ciel, 6 mai 2012

Le dimanche, comme tous les autres jours, Maurice se lève aux aurores. Maurice était dentiste, a pris sa retraite en fin d’année dernière. Un jour, il a emmené à la pêche un autre Maurice, Maurice Richard dit « Le Rocket », le plus grand joueur de hockey de tous les temps au Québec. Une photo en témoigne.

Mario est venu me prendre à l’aéroport samedi. À peine dans la voiture, il me demande : « Tu as peur des petits avions ? »

Maurice est un ami de Mario. Dimanche, à 8h pétantes, après avoir petit-déjeuné au marché Jean-Talon, Mario me dépose chez Maurice. Mario a peur des petits avions et, depuis des années, il décline l’invitation de son ami. Moi, je n’ai peur de rien (ou presque). Je monte dans la voiture de Maurice.

On passe le pont Jacques-Cartier, on se gare à l’aéroport Saint-Hubert. Maurice y a son hangar. Dedans, Golfe-Voile-Québec-Papa, fuselage vert et blanc, dort à l’aise. Sa queue et ses ailes arborent fièrement son matricule : GVQP.

Maurice a passé son brevet de pilote à 18 ans, c’était il y a 54 ans (il a pris sa retraite tard). Il est très accueillant et répond à toutes mes questions. S’interroge tout de même : pourquoi ai-je demandé à Céline, qui vote pour moi, de le faire « évidemment » pour Hollande au 2e tour ? La France peut-elle se payer tout ce filet social qui coûte si cher ?

Maurice vérifie le niveau d’essence dans l’avion, appelle le préposé pour qu’il fasse le plein. Il me montre une carte. Nous sortons Golfe-Voile-Québec-Papa sur la piste. Ceinture, casque et micro, tests micro. Échanges cryptés avec la tour de contrôle, dans le langage codé des aviateurs (beaucoup de chiffres).

C’est un petit avion : le décollage, tu le sens bien plus que dans un gros navion. La vue est magnifique. On longe le Saint-Laurent, derrière nous Montréal, le stade olympique qui fait une tache blanche. Maurice me passe les commandes un moment : c’est comme un bateau, il faut accompagner le vent, tenir le cap, maintenir l’assiette. Facile d’aller droit. Pour le reste…

Un peu avant Trois-Rivières

Un petit arrêt à Trois-Rivières : pipi, café. Retour par les montagnes au nord de Montréal, la myriade de lacs, les étendues de pins et de bouleaux.

La semaine prochaine, Maurice fera mettre les flotteurs à Golfe-Voile-Québec-Papa. Il n’ira plus boire son café à l’aéroport de Trois-Rivières. Il ira se poser sur un de ces milliers de lacs qu’il affectionne. Il en choisira un avec hôtel-restaurant : on dit lodge. Se fera un petit gueuleton au bord de l’eau avant de rentrer à Montréal. Autrefois, Maurice volait régulièrement jusqu’aux Bahamas pour les vacances. Le bord de l’eau, toujours.

On a volé une heure et demi : l’estomac un peu retourné dans les turbulences, mais superbe. Merci à Maurice, qui me disait vous mais est passé au tu dès que nous avons quitté le sol.

Ce matin, à la pause de mon colloque, découvert au cœur du Palais des congrès le stand du Musée canadien des civilisations, qui édite un beau petit livret sur Maurice Richard dit « Le Rocket », le plus grand joueur de hockey de tous les temps au Québec. Je l’ai acheté pour l’offrir à Maurice, l’aviateur qui, un jour, emmena Le Rocket à la pêche.

Maurice en compagnie de Golfe-Voile-Québec-Papa

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