Plus douce sera la chute

Vic Chesnutt, Jessica Moss, Thierry Amar

Hier soir, André Minvielle et Lionel Suarez se produisaient à l’Appel d’Airs. J’adore André Minvielle, dont l’album ¡Canto! a accompagné un nombre incalculable de mes soirées et déplacements en voiture, et l’Appel d’Airs est une chouette salle associative tenue par des gens bien. Mais voilà, plutôt que de faire trente kilomètres et de boire de la bière locale brassée par des gens tout aussi bien, nous sommes allés à Brest manger un hamburger et boire de la Leffe capitaliste. Une heure et demie de voiture aller, pas seulement pour le plaisir de taquiner Sylvia sur ses recherches d’appartement qui n’avancent pas, mais surtout pour voir et entendre Vic Chesnutt. Récente découverte pour moi que ce chanteur et guitariste à la chaude voix et aux chansons à tomber par terre. Avec en prime une bonne partie des musiciens de Thee Silver Mt. Zion Memorial Orchestra & Tra-la-la Band, et Guy Piccioto, ci-devant et s’il vous plaît guitariste de Fugazi. C’est-à-dire qu’on retrouvait sur scène la bande avec laquelle Vic Chesnutt a enregistré son dernier album, North Star Deserter, qui est, mais je me répète, à tomber par terre.

Évidemment, nous sommes arrivés à l’heure. L’association Mémo, qui organisait la chose au Vauban et qui doit certainement être gérée par des gens bien, ne fait en effet pas de réservations par téléphone et le seul point de vente était à Brest. Pas envie de faire tout ce chemin pour se retrouver à visiter le port de nuit. Ouverture des portes à vingt heures trente, on peut raisonnablement tabler sur le concert à vingt et une heures. On a attendu une heure de plus. C’est un peu long, amis associatifs. On se croirait à l’Appel d’Airs à ses débuts!

Mais, comme on dit, ça en valait la peine — en fait, non, cette expression est débile: ç’aurait été encore mieux si on avait eu une heure de fatigue en moins. Mais enfin. Des mélodies limpides, une voix tantôt douce, tantôt déchirée, de grandes nappes d’électricité succédant à de longues plages de miel. Violon, contrebasse, guitares, clavier, batterie, voix. Ça, mes enfants, c’est un groupe qui sait ce que c’est que la dynamique et l’expressivité. Au risque de me répéter, à tomber par terre.

Vic Chesnutt, Jessica Moss

PS [modifié le 19 janvier 2011]: North Star Deserter n’est plus en écoute sur Deezer depuis un bon moment. Mais Constellation Records, qui fait bien les choses, permet désormais l’écoute intégrale des disques produits par cette précieuse maison. Et même de le faire directement ici,  comme ça :

[Modification du 14 septembre 2017] Complètement bluffé par cette vidéo que je n’avais encore jamais vue. «Everything I Say», enregistré le 21 novembre 2009, juste un mois après la sortie du deuxième album conçu avec la même bande, «At The Cut». Et juste un mois avant son suicide. La même énergie, la même claque qu’à Brest.

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