Petit dictionnaire hautement subjectif et vaguement impressionniste de la Réunion

La Réunion, fin. 

Anne-Claire et Jordi
Merci !

Bouchons
Il y a les petits bouchons que l’on mange, gros raviolis chinois fourrés à la viande avec parfois (rarement) une pointe de combava (petit fruit vert et bosselé dont le goût se situe quelque part entre le citron vert et le gingembre), ces derniers étant les meilleurs. Et il y a les gros bouchons, quotidiens, sur les routes de l’île. Toujours indigestes.

Cari
Cari poulet, cari bœuf ou cari saucisse, cari zourite (poulpe), cari thon ou espadon, tout est bon dans le cari. Une énorme quantité de riz blanc (barquette grande taille pleine à ras-bord) accompagnée d’une viande ou d’un poisson et de sa sauce plus ou moins relevée. On recommande tout particulièrement Chez Stéphanie, en face du marché de Saint-Leu, testée et aprouvée à plusieurs reprises, et une gargote non identifiée de Grand-Îlet, dans le cirque de Salazie, dont l’excellent bœuf nous a bien aidés dans la descente vers Mafate par le sentier scout.

Climatisation
Omniprésente. Parfois si violente dans les magasins que je me demande comment j’ai pu faire pour ne pas attraper un rhume. Et pourtant, à part dans les bagnoles, on pourrait très bien s’en passer. Mais ici, la maison «traditionnelle», c’est une case en bois sous un toit de tôle — autant dire pas l’idéal pour se protéger de la chaleur. Et si je mets traditionnelle entre guillemets, c’est en rapport au peuplement tardif de l’île (voir Colonisation), par des Européens pas habitués à ce genre de climat. Car dans tous les autres pays du monde où il fait chaud, il y a une tradition architecturale adaptée et efficace. La climatisation n’est qu’une aberration (pour produire du froid, il faut en effet produire du chaud!) rendue «nécessaire» par l’uniformisation des modes de vie.

Colonisation
Pas de présence humaine sur l’île avant sa découverte par les Portugais au seizième siècle. La Réunion devient française en 1642 sous le nom d’île Bourbon. Elle est «mise en valeur» et commence à se peupler à partir de cette époque. Du coup, pas de population indigène asservie lors de l’installation des premiers colons. Ce qui ne les a pas empêchés d’apporter des esclaves dans leurs bagages (ou plutôt, de les faire porter par eux). Quand on aime asservir son prochain, on trouve toujours une solution…

Courbatures
Pas une. Et pourtant…

Dodo
Dodo-ci, dodo-ça: tout s’appelle Dodo, à La Réunion, et en particulier la bière locale la plus connue, dont le nom de baptême est Bourbon, mais dont le logo représente un dodo, et que l’on surnomme ainsi. Sauf que le Solitaire de la Réunion était un ibis. Le dodo, sorte de grosse dinde de 70 cm de haut à la chair trop savoureuse en rapport à sa vitesse de reproduction, n’a vécu que sur l’île Maurice.

Empreinte écologique
Brmm… vingt mille kilomètres en avion et pas mal en voiture là-bas. Mais je n’ai bu que de la bière brassée sur l’île.

Faune et flore
Distinguer indigène (arrivée là sans intervention humaine), endémique (qui s’est développée jusqu’à acquérir des caractéristiques qu’on ne trouve pas ailleurs) et exotique (apportée par l’homme).
D’origine volcanique, jeune (à peine trois millions d’années), La Réunion n’a jamais été en contact avec aucune autre terre émergée, contrairement à Madagascar, par exemple, qui s’est détachée de l’Afrique. Mais quand l’homme y a mis le pied pour la première fois au seizième siècle, il y a trouvé une végétation luxuriante et de nombreux oiseaux. Comment sont-ils arrivés là? Par les airs et par les eaux. Pas mal, quand on sait que l’île la plus proche, la toute petite Maurice, est à 150 km. Que Madagascar et l’Afrique, d’où proviennent les trois quarts de la flore indigène, sont à 750 et 2000 km. Et que le reste a fait le voyage d’Asie et d’Australie. À part ça, il y a encore des gens qui affirment qu’il suffirait d’éloigner les cultures OGM de quelques dizaines de mètres des plantations non-OGM pour éviter la transmission des gènes modifiés. On se fout de qui?

Géographie
Extraordinaire. L’ancien volcan, qui culmine à trois mille mètres, et ses contreforts effondrés formant les trois cirques de Mafate, Salazie et Cilaos. Le piton de la Fournaise, sa lunaire plaine des Sables et ses coulées droit dans l’océan. L’océan, le corail à portée de main (on touche avec les yeux, c’est protégé), les poissons multicolores itou. La végétation toujours changeante, la sécheresse et les records de pluie selon le versant où l’on se trouve, la montagne qui se jette dans la mer, la montagne déchiquetée par les éboulements et déchirée par les pluies, les dénivelés qui ne se comptent qu’en centaines de mètres. Les innombrables virages qu’il faut avaler pour relier un point à un autre et, à chacun d’eux, l’émerveillement devant les proportions et les lignes de force du tableau sans cesse recomposé que forme le paysage.

Gouzou
Nom générique donné aux personnages que Jace graphe un peu partout dans l’île et le reste du monde avec humour et sens de l’à-propos.

Clientélisme
Pour ne pas dire autre chose. Semble tout de même moins répandu que les moustiques.

Paille-en-queue
Très joli oiseau blanc, rayé de noir sur le dos et dont la queue se termine par deux très longues plumes blanches. Nom scientifique: phaethon lepturus. Dans Île Bourbon, 1730, Apollo et Trondheim l’appellent plus simplement paille-en-cul.

Pluie
Dans le Routard, on nous prévient que le temps change vite, surtout en montagne. C’est vrai. Il flotte d’un seul coup. Et si dru qu’en quelques minutes, le sentier qui monte au col du Taïbit se transforme en ruisseau de boue.

Requins
Boulottent un surfeur de temps en temps. Dommage qu’ils ne s’intéressent pas aux concessionnaires de 4x4.

Route de la mort
Officiellement route du littoral, entre Saint-Denis et La Possession. Inévitable mais construite au pied de la falaise. Friable comme il se doit. On protège donc la route avec de grands filets qui empêchent les oiseaux de nidifier. Mais comme on ne peut pas mettre de filets partout, un caillou tombe de temps en temps sur la route. Un mort pendant notre séjour.

Seb et Jane
Merci !

Slogan
Jusqu’à maintenant, on avait «La Réunion, l’île intense» et, finalement, c’était plutôt bien trouvé. Mais papa Vergès vient de créer un nouveau comité du tourisme, dont son fils a été promu patron. Première tâche: trouver un nouveau slogan publicitaire. En hommage à un grand ami de l’île, disparu pendant notre séjour, je propose:
Mais où est-ce que tu pars en vacances, Doudou dis-donc?
— À La Réunion, La Réunion, c’est bon, c’est bon!

Train
A pu depuis longtemps. Un tram-train enfin en projet entre Saint-Denis et Saint-Paul, mais ce n’est qu’une partie du trajet vers le sud. La solution évidente, ce serait une route en haut de la falaise, couplée avec le train. Mais on touchera plus de subventions si on fait un train en haut et une route en bas, carrément sur la mer. Alors on fera un train en haut et une route en bas.

Zoreils
Nom donné aux blancs de métropole. D’après le Routard, c’est parce que ceux qui débarquent tendent l’oreille pour essayer de saisir le parler créole. D’autres sources disent que les chasseurs d’esclaves marrons (qui s’étaient enfuis dans les hauts de l’île pour échapper à leur condition), ne pouvant ramener les corps entiers de ceux qu’ils avaient massacrés dans les montagnes, se contentaient d’en rapporter les oreilles. Qui dit vrai?

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