En maillot de bain dans la cour du Palais des papes

Avignon est pleine de monde, mais ça n’empêche pas de retrouver Myriam et Dominique pour un aïoli entre deux spectacles. Enfin, c’est-à-dire: Céline et moi, après notre spectacle de la journée, le surréaliste et exceptionnel Riz Soufflé, des Taïwanais du Riverbed Theatre, Myriam et Dominique, entre deux représentations dont j’ai oublié les noms. Ils vont en voir tellement! Sont arrivés hier, en ont déjà vu plus que nous qui sommes là depuis une semaine… Oui mais nous, on a une piscine-euh! Un grand cercle posé dans le jardin de Marie-Odile et Roland, rempli d’un liquide à température constante — vingt-huit degrés centigrades —, dans lequel nous passons plus de temps qu’au théâtre. Sans remords, mais alors aucun.


Le seul regret, c’est de n’avoir pu trouver de place pour Les Éphémères d’Ariane Mnouchkine, et Le Roi Lear mis en scène par Jean-François Sivadier. Fallait s’y prendre plus tôt! On s’est rabattu sur un autre Shakespeare dans le in, la réécriture de Richard III par Peter Verhelst, mise en scène de Ludovic Lagarde. Quelques fulgurances dans un texte sans véritable souffle, une mise en scène plate. L’excellence des comédiens ne suffit pas à sauver cette transposition dans un univers qui veut flirter avec la mafia et les conseils d’administration des multinationales sans jamais l’assumer vraiment, se bornant à l’invention du caricatural personnage de Loyal, exécuteur des basses œuvres de Richard et bon alibi quand il s’agit de faire «avancer» l’intrigue au moyen de grands raccourcis et de balles entre les deux yeux.

«Seul celui qui peut bâtir quelque chose de mieux peut se permettre de détruire», fait dire Peter Verhelst à Richard comme justification de ses crimes. En l’occurrence, il eût été préférable de s’abstenir… D’autant que c’est cher! Vingt-cinq brouzoufs la place, pas de réduction étudiants par téléphone. Dommage, ce serait descendu à treize pour mézigue. Les étudiants et autres prétendants au tarif réduit doivent réserver par courrier, avec photocopie du justificatif dont l’original sera présenté au moment du retrait des places. On ne risque pas de se retrouver assis au milieu des pauvres. Le off est beaucoup plus abordable. Mais il n’y a pas cette majesté des lieux… Richard III dans le cloître des Carmes, la scène entourée de vieilles pierres consacrées, et les étoiles pour plafond, c’est pas du chicos, ça? C’est la seule fois où j’ai eu froid de la semaine: pour voir les étoiles, fallait bien une représentation à une heure du matin. Vingt degrés à peine et en t-shirt, si loin de la Bretagne, on se surprend à grelotter.

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