(heureux) épilogue

Deux cent quatre jours. Deux cent quatre fois se rendre au commissariat et signer le registre. Assignation à résidence, ça s’appelle. Dans l’attente d’une décision de la préfecture: papiers ou avion pour l’Algérie. Au deux centième encore, c’était la menace de l’avion qui semblait vouloir l’emporter sur l’attente des papiers. Contre toute évidence: les deux seuls témoins à charge — qui dénoncent le mariage de Samira comme blanc — sont son mari, bigame et violent, et son ex-patron, aujourd’hui en prison pour avoir tabassé Samira et un de ses amis (lire le début de l’histoire ici). Malgré les faits, les preuves, notamment la reconnaissance du mariage par le consulat français d’Algérie, et des documents de la CAF attestant de la réalité de la vie commune, le préfet persistait dans une «intime conviction» qui confinait au harcèlement moral: mariage blanc, plus de titre de séjour, avion.

Et puis, hier, au deux cent quatrième jour d’assignation à résidence, une lettre de la préfecture: Fatiha et Samira obtiennent un titre de séjour. Nasser, mineur, peut venir récupérer son passeport au commissariat. Ouf… La manif prévue aujourd’hui est tout de même maintenue: en milieu d’après-midi, une grosse centaine de personnes se rassemblent devant la préfecture. Pour fêter ça, dire merci à tous ceux qui, chaque jour, ont accompagné Fatiha et Samira au commissariat. Et ne pas relâcher la vigilance: en ce moment même, un Tchétchène est au commissariat, et il faut s’attendre, dans les prochains mois, à d’autres arrestations.

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