Ronds dans l’eau

Hervé Morin, ministre de la Défense, l’a annoncé ce matin sur France Inter: «Si on est cohérents avec nous-mêmes, il faut un second porte-avions». La France, annonce le journaliste, a d’ailleurs déjà commandé les catapultes aux États-Unis, et si on n’en veut plus, ça coûtera 50 millions d’euros de dédit. Diantre! Ça fait des sous. Rien que les études préparatoires auraient déjà coûté 250 millions. Le gros joujou lui-même devrait se négocier dans les 2,5 milliards d’euros — tarif prévisionnel, hors dépassements et retards. La construction du Charles-de-Gaulle, premier fer à repasser nucléaire français, c’était 3 milliards, et son coût total sur 35 ans de vie, 7,7 milliards.

Ce qui nous fait à peu près le double de ce que l’État compte récupérer en cédant 5% du capital de France Télécom, mais ça n’a rien à voir, puisque là, les ronds seront exclusivement consacrés au désendettement du pays. On respire. Mais, dans ce cas, où ira-t-on chercher le fric, alors qu’il y a déjà 12 milliards de cadeaux fiscaux prévus chaque année? Question superflue. La vraie question, la seule qui vaille, je vous la pose: comment faudra-t-il appeler le petit frère du Charles-de-Gaulle? Le Jacques-Chirac, en hommage à l’amour immodéré que ce dernier voue aux fonds publics et à l’atome? Ça ne colle pas: le navire sera à propulsion «classique». En fait, «si on est cohérents avec nous-mêmes», il faut procéder à une rupture dans un esprit d’ouverture. Le François-Mitterrand, ça sonne pas mal, non?

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