Mon stock de moules (2007)

Zic ô Bourg, paraît que c’était pas leur idée. Pas le festival, ça c’est bien d’eux, mais le nom. Alors, pour la deuxième édition, ils ont décidé d’en changer, et d’en changer tous les ans, pour que ce soit plus rigolo. Mais bon, c’est quand même un peu risqué, si on veut fidéliser le public. Alors ils ont gardé Zic ô Bourg comme intitulé générique, ou sur-titre, ou égide, ou houlette si vous aimez les détournements de sens risqués, ou appelez-ça comme vous voulez, on se comprend. Et comme nom d’édition, ils ont choisi, pour 2007, Moul’Stock. J’aime. Et je suis d’accord avec mon frère Thomas: pour 2008, faut trouver quelque chose avec des frites. Pour aller avec les moules, quoi. Et la bière, alors, ce sera en 2009?


Eh bien non, la bière, c’est dès tout de suite. «Priorité à la bière et aux saucisses», m’a ainsi affirmé Yann, pourtant directeur artistique de cet excellent petit festival. Sous-entendu: pas grave si la sono est pas terrible, du moment qu’on s’empiffre. En fait c’est pas tout à fait ça: d’abord, pour la majeure partie des concerts, y a pas de sono ou quasi. Zic ô Bourg/Moul’Stock est un festival de proximité, qui se déroule dans les jardins des gentils gens de Billiers qui nous accueillent chez eux, et les amplis des guitares suffisent, on va pas encore en plus foutre des kilowatts qui rendent sourd et transforment la bonne musique en pâté de supérette. Il faut juste entendre correctement les chanteurs, et baste. Et pour le soir et le grand concert de l’Orchestre international billiotin (OIB), composé de tous les musiciens invités la journée, y a pas besoin de beaucoup non plus. Là, par contre, faut bien avouer que la sono est pas terrible… mais il y a l’enthousiasme… la bière… et deux mille saucisses!

Autre grande nouveauté de cette année, mais elle ne concerne pas grand-monde: a) ma maman vient pas, mais ma copine oui (je m’émancipe), et b) on a repoussé l’anniversaire de Brigitte (la maman de ma copine) au dimanche midi, et donc on reste toute la journée. Et même la nuit, puisque Cathy et Éric (le papa du susdit Yann, qu’est-ce qu’on ferait sans nos parents) nous ont invités à la passer sur place.

Il y a Kerde, aussi, qui nous a tenus au courant du programme quelques semaines avant (et merci d’y avoir inclu un plan !), à qui je vais enfin pouvoir serrer la main après quelques échanges de courriels suite à la première édition. Bref, tout s’annonce pour le mieux. Dommage que Magic Malik n’ait pu faire le déplacement, ça aurait fait une belle tête d’affiche. Mais cela permet de mettre en avant d’autres invités: le guitariste de blues Zeb Heintz et les Bengalis Mimlu Sen et Paban Das Baul, dont Thomas m’a dit le plus grand bien. C’est bien sûr aussi pour Ky, où ce dernier officie aux percussions, avec Maki (saxophone, métallo-clarinette) et Yann (guitare, oud), que je viens à Billiers. Ky, c’est une belle entente, de l’espace, trois personnalités qui savent s’écouter et le faire partager. Un peu court cette année, le plaisir… À peine une demi-heure de set dans le jardin de Patricia et Vivien. Vue mer, nourriture chinoise, quelques tables, un moment de bonheur. Surtout, à mon avis, cette belle impro autour d’un thème d’Érik Satie.

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Juste avant Ky, une autre rencontre improvisée – faut s’y faire: à Billiers, on se rencontre beaucoup et on imrovise autant – réunit Kentaro, Kevin et Thomas. Deux bassistes aux styles très différents, le premier plutôt rythmique, le second plutôt pas. Et Tom, donc, aux percus, je vais pas le redire à chaque fois. Et puis aussi, juste après, chez Véronique, Etsuko Chida, sa voix et son koto, une sorte de cithare traditionnelle japonaise qui se joue à plat… mais d’ordinaire pas dans un jardin! Pas évident, d’ailleurs: l’instrument est peu puissant et il faut se tenir à carreaux si on veut en profiter. Ça en vaut la chandelle, c’est beau et mélancolique. Et encore trop court! Mais le koto craignant le soleil, Etsuko ne peut jouer qu’un morceau.

Ensuite il y a une histoire à épisodes autour de Paban et Mimlu. Un set dans le jardin de Véronique, un autre chez Marie et Dominique, et une participation au final sur le pré Béler. Autour d’eux, pas mal de monde: tous ceux déjà cités (sauf Etsuko), plus Yann (un autre) à la batterie, Yves au banjo, P’tit Jean et Rémi Morlec aka le duo Kroc’Notes, Jérôme à l’accordéon, et tous ceux dont je n’ai pas retenu les noms. Ma préférence va aux deux sets de l’après-midi, à la fois intimistes et débordants de l’énergie de la rencontre. On sent que les musiciens ont plaisir à se découvrir, à se surprendre. À mélanger la tradition bengali, la guitare blues, la batterie drum’n’bass, le jazz… quelle claque!

Le soir, pour la prestation, également improvisée, de l’OIB, c’est un peu plus bordélique… avec aussi de beaux moments. Thomas qui fait du raggamuffin en kan ha diskan, un mix Bretagne-Bengale, du funk à toutes les sauces, et des saucisses, et de la bière, on vous avait prévenus.

Au réveil, thé dans la cuisine silencieuse de Cathy et Éric. Conversation à voix basse et peu de mots avant de reprendre la route. Avec deux certitudes:

  • il faut absolument que Paban, Mimlu et Zeb fassent un truc ensemble;
  • il faut d’autres Zic’Ô Bourg! Plein!

5 Commentaires

  1. Martin
    Publié le 26 juin 2007 à 14:59 | Permalien

    Yo! Ky c’que c’est bien didonk

  2. Publié le 28 juin 2007 à 12:02 | Permalien

    Salut Loic, merci d’etre venu et d’avoir participe a ta maniere.
    J’voudrais juste ajouter que le complice de P’tit Jean se nomme Remy Morlec (duo Kroc’notes) et que OIB est l’abreviation de l’Orchestre International (et intergenerationnel) Billiotin.
    A bientot pour de nouvelles aventures.

  3. Kerde
    Publié le 28 juin 2007 à 13:54 | Permalien

    Eh bien un grand merci pour la galette gravée des instants magiques de moul’stock. On se la passe comme on se passait les vinyls importés dans les Z’années 70. Chouette moment que de se repasser entre potes des galettes qu’on est les seuls à avoir! Comme quoi, la musique ça peut être bien même après…C’est vrai qu’en tant que chef soutier (marathonien de la saucisse et samouraï du demi) je n’ai pas entendu grand chose…
    La programmation de Magic’ Yann a été grandiose. La rencontre improbable entre la musique Bengali et le chant Gallo a eu lieu et on peut dire que c’est une première dans l’univers connu!
    Bon Voyage à Thomas et bon Anniversaire à Brigitte
    Amour, Gloire et Beauté!
    Kerde

  4. eric Pittard
    Publié le 28 juin 2007 à 17:26 | Permalien

    J’aime beaucoup la manière dont dont tu décris notre bordel musical. Merci de ça et surtout de ta présence. L’année prochaine viens plus tôt on se balladera dans les environs.
    Bonne vie toi à ta fiancé et à ta maman (quand même)

  5. Publié le 28 juin 2007 à 21:08 | Permalien

    Mon cher Pipostar, tes souhaits sont exaucés, et Rémi réintégré dans ses fonctions.
    Mes chers Kerde et Éric, je transmets vos amitiés à qui de droit — et je note l’invitation qui me fait très plaisir.
    Vive le pipeau!

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