Archive pour mai 2007

Mon Art Rock (2007)

Lundi 28 mai 2007

Ça a failli mal commencer, Art Rock, cette année. «Ah non, l’entrée pour les badges, c’est de l’autre côté. – Je peux pas rentrer avec ma copine ? – Non, sinon, on va être débordés.» Je me présente à l’autre entrée du Forum de la Passerelle, montre mon pass média au vigile qui monte la garde dans l’entrebâillement de deux barrières. «Ah non, on n’entre pas par ici, adressez-vous à l’entrée principale.» Retour à l’entrée principale. Renvoi au vigile, qui renvoie, qui renvoie, etc. Énervant. Surtout de voir passer un collègue à l’entrée principale avec le même pass que moi, et me faire refouler trente secondes après sous prétexte que «c’est complet, monsieur, si vous m’aviez laissée terminer ma phrase, vous le sauriez.» Je ne lui avais pas coupé la parole, mais bon. Arrivent d’autres collègues, et on finit par entrer en passant par le Petit Théâtre, à cinq mètres de là, où personne ne surveille rien. Dehors, on ne faisait même pas la queue. Dedans, il n’y a personne ou presque. À deux doigts du débordement, qu’on était…

Entrez dans l’espérance

Vendredi 25 mai 2007

À deux pas du Petit Bleu, où je bosse ces temps-ci, en plein cœur de Dinan, il y a la succursale locale de la Maison de la Bible, où l’on fait commerce de tout un fatras de bondieuseries, il paraît que ça rapproche du ciel. Moi qui ne suis pas pressé de quitter la terre, je me garde bien de pousser la porte.

D’autant que le meilleur est dessus. Sur la porte, j’entends (sur la terre aussi, avis personnel). Un poster. Jolie photo évidemment maritime, ambiance bleue: un phare, des rochers, une grande vague qui se brise dessus et un jaillissement d’écume. Et puis cette phrase: «Pour moi, le secours vient du Seigneur, qui a fait le ciel et la terre.»

C’est sûr que c’est plus facile de se réciter le psaume 121-2 que de prendre des cours de voile, d’écouter la météo marine et d’apprendre à lire une carte pour éviter de laisser au destin le soin de décider si tu t’empales ou non sur ce rocher qui, sournoisement, affleure… Mais quand on grelotte dans son gilet de sauvetage et qu’on se débat pour ne pas boire la tasse de trop, on doit être bien content que le bon Dieu ait, en plus de l’espérance, également pensé à créer la SNSM.

Trébucher

Dimanche 20 mai 2007

Dinan est une jolie ville. «Peut-être la plus jolie ville de Bretagne», proclame même le prospectus de l’Office de tourisme, citant un obscur écrivain du dix-neuvième siècle. Quand on associe l’adjectif «joli» au substantif «ville», on sous-entend en général: vieilles pierres, maisons à pans de bois, pavés. Et aussi boutiques à touristes, mais là n’est pas le propos. Parlons plutôt des cailloux qui censément dissimulent la plage abandonnée. Qui font que se déplacer à Dinan est un plaisir pour les yeux, et une douleur pour les pieds. Tu n’es jamais content, toi: on te donne un chouette endroit où bosser, en plus tu loges dans un hôtel sympa et confortable (on a connu pire…), il fait presque beau, et tu te plains de tes pieds. Pas des miens, en fait. Moi ça va, merci. Je suis jeune, j’ai pas encore trop mal au dos, j’ai pas encore trébuché sur un des ces maudits pavés (donc je me déplace sans béquilles), j’ai pas de bébé en poussette ni de vieillard en fauteuil roulant à promener en espérant que sa cataracte ne l’empêche pas de profiter du paysage, transformé en film crypté de Canal + par la grâce des incessants changements de niveau produits par le passage d’un caillou à l’autre, et je préfère marcher sur la route que sur les trottoirs, ça me donne l’impression d’être en manif perpétuelle. Faut aimer les manifs, quand tu vis à Dinan, car les trottoirs, quand il y en a, ressemblent à ça:

Ah, je sens que ça commence à vous intéresser, mes histoires de fauteuils roulants. Depuis trois semaines que je bosse à Dinan, je n’ai trouvé qu’un seul établissement accessible à un handicapé en fauteuil: le tribunal. Qui dispose même d’une entrée spécifique et bien identifiée par le pannonceau suivant:

Le problème, c’est la mention «Veuillez vous faire annoncer à l’accueil». Il n’y a pas de sonnette. Pour atteindre l’accueil, il faut monter une marche d’une quinzaine de centimètres… Attention, pas n’importe quelle marche: elle est en granit garanti patiné par les ans. Peut-être un des plus beaux granits de Bretagne.

53/47

Dimanche 6 mai 2007

Une rafale de flashball dans le pied.