Archive pour février 2007

Mises en boîte

Dimanche 25 février 2007

Comme on n’est jamais sûr que le public est devant sa tévé quand on a besoin de lui, on le convoque aussi sur le plateau. Là, docile, il applaudit à la moindre saillie. C’est convivial. Et pour faire joli, on place au premier rang quelques potiches à large sourire. Ça permet de se reposer l’œil et de se distraire pendant les inanités d’usage que les invités-en-promotion débitent sur commande, en guise de réponse aux questions convenues des stupides animateurs de service. C’était déjà difficile à supporter comme ça, voilà-ty-pas que les productions, si pleines d’imagination, en rajoutent une couche. J’ignore si la pratique est ancienne, je l’ai pour ma part découverte hier soir.

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Le mépris de l’empereur

Lundi 19 février 2007

Le Nisshin Maru, navire-usine de la flotte japonaise de pêche à la baleine, est en perdition à moins de cent milles de la plus grande colonie au monde de manchots Adélie. Dans ses soutes, 1,3 million de litres de pétrole. Ce qui se passe en ce moment à proximité de l’Antarctique, en mer de Ross pour être précis, pourrait donc provoquer une catastrophe écologique d’envergure. Dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 février, un incendie s’est déclaré à bord du bateau. Un marin en est mort, dont le corps n’a été retrouvé que deux jours plus tard. Depuis cet incident aux causes toujours inconnues, le navire est sans propulsion.

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Attaqué par une vache en sortant de sa douche

Mercredi 7 février 2007

En voilà un beau titre, non ? Ça attire l’œil, ça sent l’insolite, avec un parfum de fait divers propre à émoustiller les sens et un petit côté mystérieux qui fait galoper l’imagination autour de la machine à café.

La réalité est plus posaïque. Bêtement réelle, quoi. La vache est en céramique et tient dans la main. Elle est tombée suite à un faux mouvement, lors que je suspendais ma serviette, ce matin au sortir des ablutions. Au passage, elle a perdu la tête en heurtant la baignoire (autre titre possible: «Décapitée par une baignoire», là c’est plus gore, mais c’est comme ça: le lecteur en veut toujours plus). Elle a terminé sa course sur mon pied, une arête nouvellement aiguisée l’entaillant sur quelques centimètres. Mais c’est que ça saigne !

Notre photo : document exclusif montrant la coupable à visage découvert – notez qu’elle a été bien punie pour son terrible forfait.

Dans la fumée

Mardi 6 février 2007

C’était dimanche, au flash de onze heures ou de midi, je ne sais plus au juste, sur France Inter. J’assemblais des planches de coffrage au soleil, devant l’immense bâtisse que Juliette et Saïd transforment petit à petit en maison, sur les hauteurs de Saint-Connan. « Un épais nuage blanc flotte au-dessus d’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim », annonce la présentatrice. Suite à un « incident dans la partie non nucléaire de la centrale », le réacteur en question s’est arrêté automatiquement. Et, bien sûr, « il n’y a aucun danger ».

Je cours rejoindre Céline et Saïd qui, affairés à percer une fenêtre dans un des murs de la future cuisine, n’ont rien entendu. Effarement. Et puis, quoi, rien de plus à dire — si : penser à acheter des légumes avant que tout soit contaminé, histoire de périr le ventre plein —, rien d’autre à faire que d’attendre le prochain flash. Mais rien. Pas un mot au treize heures, ni dans les autres journaux écoutés dans l’après-midi et la soirée.

Lundi matin, toujours rien. Même Google n’a rien à dire ! Soit tout le monde est déjà mort et il ne nous reste que quelques heures pour profiter de la tarte aux pommes de Juliette, soit j’ai rêvé. J’envoie un mail au Réseau Sortir du nucléaire pour en avoir le cœur net. Je n’ai pas rêvé. Mais c’était effectivement une panne anodine – qui nécessite tout de même une semaine d’arrêt du réacteur deux (les infos ici).

Morale: plutôt que se gâcher la tarte aux pommes, manifestons contre l’EPR le 17 mars !