C’était dimanche, au flash de onze heures ou de midi, je ne sais plus au juste, sur France Inter. J’assemblais des planches de coffrage au soleil, devant l’immense bâtisse que Juliette et Saïd transforment petit à petit en maison, sur les hauteurs de Saint-Connan. « Un épais nuage blanc flotte au-dessus d’un des réacteurs de la centrale nucléaire de Fessenheim », annonce la présentatrice. Suite à un « incident dans la partie non nucléaire de la centrale », le réacteur en question s’est arrêté automatiquement. Et, bien sûr, « il n’y a aucun danger ».
Je cours rejoindre Céline et Saïd qui, affairés à percer une fenêtre dans un des murs de la future cuisine, n’ont rien entendu. Effarement. Et puis, quoi, rien de plus à dire — si : penser à acheter des légumes avant que tout soit contaminé, histoire de périr le ventre plein —, rien d’autre à faire que d’attendre le prochain flash. Mais rien. Pas un mot au treize heures, ni dans les autres journaux écoutés dans l’après-midi et la soirée.
Lundi matin, toujours rien. Même Google n’a rien à dire ! Soit tout le monde est déjà mort et il ne nous reste que quelques heures pour profiter de la tarte aux pommes de Juliette, soit j’ai rêvé. J’envoie un mail au Réseau Sortir du nucléaire pour en avoir le cœur net. Je n’ai pas rêvé. Mais c’était effectivement une panne anodine – qui nécessite tout de même une semaine d’arrêt du réacteur deux (les infos ici).
Morale: plutôt que se gâcher la tarte aux pommes, manifestons contre l’EPR le 17 mars !