Femi Kuti à Binic

«Tiens, mais c’est Harry Potter Je viens de demander une bière à la buvette, et voilà qu’on m’interpelle. Pire, qu’on me reconnaît… C’est un des photographes qui bossaient en juin sur Art Rock. Faut croire que ma nouvelle coupe me fait ressembler à un magicien prépubère. Avant, j’avais les yeux bleus, l’air con et des cheveux mi-longs toujours un peu mouillés, on me prenait pour Frodon. Maintenant, j’ai toujours des yeux bleux et l’air con, mais des cheveux courts et secs, ainsi que des lunettes. Finalement, je ne suis pas sûr d’avoir gagné au change…

Ce qui est sûr, c’est que ça a frappé les photographes qui bossaient sur Art Rock… Heureusement que je ne les croise pas souvent: c’est pas qu’ils ne sont pas sympa (au contraire), mais je ne tiens pas à conserver le surnom. Entre autres choses parce que ça fait un moment que j’ai passé l’âge de la puberté.

À part ça, le festival s’appelle Autour du Blues. Mais alors, vraiment autour. Programmation 2006: Hubert-Félix Thiéfaine, Richard Bohringer, Simple Minds (!), et quand même Natalia M King, Otis Taylor et Lucky Peterson. De toute façon, à part Robert Johnson et John Lee Hooker, dont je me suis laissé dire qu’ils n’avaient pas pu venir cette année, je n’y connais rien en blues. Non, ce qui m’intéresse, c’est Femi Kuti. «Le fils du grand Fela», comme disent les journaux. Je n’ai jamais écouté les disques de Femi, mais je reste fasciné par le DVD Live at the Shrine, le rayonnement que ce chanteur, saxophoniste et claviériste dégage, son engagement-héritage politique et musical qui confine à la mission et qu’il assume comme tel.

Alors certes, on n’est pas au Nigeria, où le contexte historique, social et politique est radicalement différent. Du coup, le public de Binic n’est pas aussi chaud que celui de Lagos – et Femi s’en amuse. Mais quelle claque! Une quinzaine de musiciens et trois danseuses soutiennent le véritable «bouquet de nerfs» qu’il est sur scène, tout de veines, de muscles et de sueur, à la fois possédé et maître d’une cérémonie hypnotique. Et voilà que je m’emballe à mon tour. Ce n’est pourtant pas de jargon dont il est besoin pour raconter un concert pareil, c’est de tripes. Cette musique, ça te prend aux couilles et ça ne te lâche pas. Et c’est ça qui est bon!

Un commentaire

  1. Kerde
    Publié le 14 septembre 2006 à 21:35 | Permalien

    Pour le blues à Binic, c’était l’année précédente qu’il fallait y aller!
    plein de bons moments, mais un an après c’est la performance de Tony Joe White qui reste dans les oreilles: Simplicité, sobriété, guitare, pas spectaculaire pour deux ronds mais terriblement juste!
    Cette année j’ai préféré Souillac: Sclavis et Portal nous ont offert une interprétation de “dieu n’existe pas” au bandonéon et clarinette basse. Que du très très bon!

    Kerde

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