Un an après… / Merci patron !

Donc, c’était il y a un an. Pile. Sauf que c’était un dimanche. 55% de non à un projet de constitution européenne réactionnaire et ultralibéral. Pour fêter ça, journées spéciales, articles, enquêtes et émissions dans les médias.

Exemple ce matin sur France Inter: trois invités et trois journalistes pour le «oui», un invité pour le «non». Comme au bon vieux temps de la campagne référendaire. Pourtant, il y a un an, le matraquage médiatique n’avait pas eu raison du débat démocratique et, fait incroyable, le peuple s’était emparé d’un dossier technique et politique, l’avait démonté avant de le rejeter. Les médias et les ouistes les plus ardents ne s’en sont toujours pas remis.

Mais comme ils ne peuvent plus dire qu’il faut voter oui, et qu’ils sentent qu’il ne faut pas trop insister avec l’idée d’un second vote, ils regrettent qu’il n’y ait pas eu de plan B, et que l’Europe patauge depuis les nons français et néerlandais. Sans blague! Chacun sait qu’auparavant, tout allait bien. C’est d’ailleurs ce qui explique que, puisque rien n’a changé, tout va désormais mal. Quant au plan B, on rigole: qui détient le pouvoir? Qui n’avait même pas envisagé qu’un peuple pouvait dire non à ses chefs? Ils ont plein d’idées, les nonistes. Ils sont même majoritaires. Mais ils n’ont aucun représentant au pouvoir. C’est ça, une grande démocratie.

L’autre événement, c’est la noyade, ce week-end, du patron de Michelin, qui avait embarqué à bord d’un petit bateau de pêche pour aller taquiner le bar au large de l’île de Sein. 43 ans, c’est jeune pour mourir… D’où émotion, hommage de Chirac et tout le tralala (au passage, rien sur le pêcheur qui l’avait pris à son bord et qui est porté disparu). Et puis, les larmes des ouvriers de Clermont-Ferrand pleurant «l’homme d’exception» qu’avait été leur patron. Sans blague!

Ils ont déjà oublié (variante: les journalistes n’ont interrogé que ceux qui ont oublié) que ce brave gars dévoué, qui a fait de l’entreprise de papa le numéro un mondial du peneu, a aussi contribué à créer la belle expression de «licenciement boursier». Plus je gagne de fric, plus je licencie. Plus je licencie, plus l’action monte. En 1999, Jospin avait déclaré, après l’annonce de bénéfices records et de 7500 suppressions d’emploi chez Michelin: «Je ne crois pas qu’on puisse administrer l’économie.» On n’arrête pas de vous le répéter: il n’y a pas de plan B. L’alternative, ça n’est pas prévu par le capitalisme.

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