Une page se tourne : expression rigolote sur un glob, où les pages, on les charge, on les fait défiler, mais tourner, guère. Il n’empêche que, comme disent les journalistes, kartoffelkäfig franchit aujourd’hui un cap. Passe la barre symbolique des 2000 « pourriels », joli mot québécois pour désigner les commentaires indésirables. Le spam, quoi. En voici la preuve : de bas en haut, les spams numéro 1998 à 2003 tels qu’ils s’affichaient ce matin sur mon tableau de bord, juste avant leur élimination définitive. Dernières traces de parasites heureusement invisibles, puisqu’arrêtés à temps par Akismet, l’antispam intégré à Wordpress, ils n’ont jamais été publiés — aucun spam n’a d’ailleurs jamais été publié sur kartoffelkäfig en bientôt quatre ans d’existence.
Complétons ce bilan : ce billet est le cent quarantième publié. Chers lecteurs et trices, vous avez posté 178 contributions appréciées aux dits billets, merci ! Chers robots pourrisseurs de vie, vous en êtes donc à 2003 tentatives de dépasser les bornes, et ça va continuer à rater, tant pis pour vous. Conclusion provisoire : alors qu’il y a un peu moins de deux ans, j’en étais à deux tiers de spam pour un tiers de ham (chez nos amis Anglais, le commentaire a un lien de parenté avec la cuisse du cochon), me voici rendu à 92 % de gras pour à peine 8 % de jambon. Mon appel a donc été entendu et je suis passé au-dessus des statistiques générales d’Akismet, qui, elles, ont entretemps baissé : sur tous les sites protégés par lui, Akismet mesure depuis 2005 une proportion de 83 % de spam. Cela reste beaucoup. Et si ça pouvait continuer à baisser, ce serait pas mal : car si le spam est invisible sur les sites bien protégés, il reste une plaie qui alourdit considérablement nos boîtes mail et suce la bande passante des réseaux. Et voilà : je ne voulais pas faire de morale cette fois-ci, juste donner une info. Désolé. Je nettoyais mon glob, et le coup est parti tout seul.

La couleur des voyelles ...
Il est des chansons, voire des albums, qui, une fois installés bien au chaud quelque part au fond du cortex, s’y font une place que l’on pourrait croire définitive, tant il est aisé, après les y avoir longtemps oubliés, de se les remémorer avec une précision et une émotion étonnantes. Cela m’est arrivé récemment avec Mixed Metaphors, un disque du saxophoniste autrichien Wolfgang Puschnig paru en 1995 et que je n’avais pas dû écouter depuis dix ans. Et pourtant… les introductions, les inflexions des solos, les mélodies et les accents, le mélange de poésie en allemand et de rap en anglais, tout est revenu. Comme le disque n’est manifestement plus distribué, et qu’il n’apparaît même pas sur le site personnel de Puschnig, je me permets d’en diffuser ici le premier titre, Poetry, huit minutes de bonheur funky et allitératif (en mp3 à 320 kbps). Rien à jeter là-dedans : d’excellents musiciens venus de différentes sphères, un jeu à la fois savant et plaisant sur les voix et les styles, pour un résultat qui ne vieillit pas.
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Musiciens :
Et comme ce titre joue avec les voyelles de l’alphabet latin, je l’associe à A.E.I.O.U, première plage du dernier album en date de Ky, duo-trio à invités variables de jazz improvisiano-bretonno-japonais. Le texte est savoureux, et la musique, ben c’est Ky : c’est bien. Le disque, sorti en 2009, est distribué par OpenMusic et se nomme Chansons muettes et musiques bavardes.
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Musiciens :
PS : Il n’est pas tout-à-fait fortuit que ce billet soit publié un 27 février, puisque c’est aujourd’hui le trente-quatrième anniversaire de l’ami Martin, alias Bart — encore quatre ou cinq ans, et ça en fera trente qu’on se connaît. Bart fut mon chanteur et guitariste préféré (mais nous étions jeunes) ; il est aussi l’auteur du petit bidule grâce auquel vous pouvez écouter de la musique ci-dessus. Ça s’appelle tout simplement WP Audio Player, c’est en version 2.0 depuis peu, téléchargé cinq à six mille fois par semaine, dites donc, ça cause dans le poste. Joyeux anniversaire, vieux frère !