Protégé : On n’est pas là pour se faire engueuler

29 juin 2009

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Paris, me voici !

17 juin 2009

Merci, Philippe Val, « refondateur » de Charlie Hebdo, de m’avoir donné envie de lire, à travers ton éditorial du 19 novembre 1997[1], le petit livre « imparable » publié par Serge Halimi aux éditions Liber-Raisons d’agir — une maison fort recommandable fondée par Pierre Bourdieu —, et intitulé  Les Nouveaux chiens de garde. Cet ouvrage, comme tu le disais si bien à l’époque, « contribue à la dissection savante du monstre médiatique » : il dénonce, de manière fort détaillée et documentée, ce monde de coquins endogames qui phagocytent les médias français à coups de lèche-bottisme et de renvois d’ascenseur éhontés ; monde auquel tu as depuis maintes fois fait allégeance et qui vient de te récompenser de ces dix années d’efforts insensés pour pénétrer enfin le cénacle de la bien-pensance parisocrate en t’offrant le beau, profond et moelleux fauteuil de directeur de France-Inter. Merci Philippe. Merci du fond du cœur.

  1. L’éditorial était titré « Les Perroquets du pouvoir », on peut le télécharger sur le site d’Acrimed. []

Émission spéciale

1 juin 2009

Un avion disparaît : dramatique, évidemment. 228 disparus d’un coup, c’est pas rien (dont 61 Français, c’est énorme). Ce que l’on sait du pourquoi et du comment, par contre, c’est bien : rien. Mais ça n’empêche pas France Info de déclencher le plan Orsec et de passer au régime « édition spéciale ». Pour nous répéter, encore plus souvent que d’habitude, qu’on ne sait rien, mais qu’on s’en préoccupe, et qu’on échafaude des hypothèses. C’est pas grave si on se trompe : on est en édition spéciale, on peut rectifier au fil de l’eau, c’est beau le direct.

La radio (et la télé, et internet) a cette capacité extraordinaire à bousculer les programmes ou les sommaires de façon instantanée, dès qu’un événement est suffisamment frappant pour donner lieu à un torrent émotionnel propre à assouvir la supposée avidité du public en matière, justement, émotionnelle. Les faits n’ont pas grand-chose à voir là-dedans, puisqu’ils tiennent à chaque fois en peu de mots autour desquels tout bon journaliste doit être capable de broder pendant des heures et d’appeler à la rescousse du droit de savoir les experts les plus qualifiés en plans sur la comète.

D’un autre côté, il y a des tas de sujets, sur lesquels il existe pléthore de faits rarement évoqués par les médias, qui feraient de très bonnes émissions spéciales. Les paradis fiscaux, les chambres de compensation financière, la sobriété énergétique, la décroissance, les migrations internationales… Ah oui, coco, c’est intéressant, je dis pas, mais l’auditeur, il a pas fait polytechnique, l’auditeur, il veut pas se prendre le chou avec des rêveries d’intellos post-baba. L’auditeur veut de l’émotion, coco. Or la réflexion tue l’émotion. C’est pas que je veux pas… mais l’auditeur ne comprendrait pas, tu comprends ?

« Terra eco » lave plus vert

24 avril 2009

Après plusieurs années de présence sur internet et de diffusion uniquement par abonnement, Terra eco est disponible en kiosques. C’est un mensuel, dont le premier numéro sort en ce mois de mars. Le journal est sous-titré «Le magazine du développement durable», ce qui ne me plaît qu’à moitié tellement ça ne veut rien dire, mais ça ne va quand même pas m’empêcher de l’acheter et de le lire attentivement. Je ne sais pas comment vous découvrez un nouveau journal : personnellement, je feuillette, je grapille deux, trois indices visuels et quelques titres par-ci par-là, puis je lis. Le feuilletage est un peu décevant, la maquette est sans originalité et les illustrations ont l’air très plates à première vue[1]. Mais l’essentiel, évidemment, est dans une lecture attentive. Et comme le sujet m’intéresse, que je trouve indispensable qu’il existe des magazines grand public consacrés à la défense de l’environnement, j’ai tout lu, de la première à la dernière ligne. Ça n’est rien de dire que ma déception a été grande. Lire la suite de ce billet »

  1. à deuxième vue aussi — à part le sujet sur la campagne Catch of the day de la Surfrider Foundation, qui reprend les excellents visuels de l’association, les photos et illustrations sont pauvres et sans intérêt []